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Un nouveau traitement sous-cutané réduit les tumeurs cancéreuses avancées
Un médicament innovant a permis de réduire ou faire disparaître les tumeurs chez 43 patients atteints de cancers de la tête et du cou dans une étude internationale.

Une étude menée sur 102 patients atteints de cancers de la tête et du cou dans 11 pays a révélé que le nouveau traitement a permis de réduire ou d’éliminer totalement les tumeurs chez 43 patients, dont 15 ont vu leur tumeur disparaître complètement. Ce résultat a été qualifié d’exploit inédit pour ce type de cancers avancés.
Le professeur Kevin Harrington, spécialiste des thérapies biologiques contre le cancer à l’Institut de recherche sur le cancer de Londres, a déclaré : « Ces réponses sont d’une intensité jamais observée chez des patients dont la maladie résiste à la fois à la chimiothérapie et à l’immunothérapie. »
Il a ajouté : « Cette catégorie de patients dispose de très peu d’options thérapeutiques, c’est pourquoi observer un tel niveau de bénéfices est particulièrement remarquable. »
Le professeur Harrington a aussi souligné que ce traitement « pourrait bénéficier à des milliers de patients chaque année », illustrant ainsi les espoirs importants qu’il suscite dans le milieu médical.
Un médicament à triple action contre le cancer
Le médicament nommé « amivantamab » agit selon trois mécanismes simultanés pour cibler la tumeur. Il bloque la protéine EGFR, qui stimule la croissance tumorale, inhibe la voie MET utilisée par les cellules cancéreuses pour échapper aux traitements, et active le système immunitaire afin d’attaquer directement la tumeur.
Par ailleurs, ce traitement est administré par injection sous-cutanée, contrairement aux perfusions intraveineuses classiques, ce qui le rend plus simple, plus confortable pour les patients et plus rapide à appliquer en consultation externe.
Le témoignage d’un patient retrouvé
Parmi les bénéficiaires figure Carl Walsh, 56 ans, diagnostiqué d’un cancer de la langue en 2024 après l’échec de la chimiothérapie et de l’immunothérapie, selon le journal.
Il a expliqué : « J’ai d’abord été traité par chimiothérapie et immunothérapie, mais sans succès. Par la suite, j’ai été sélectionné pour participer à l’essai OrigAMI-4. J’en suis maintenant à la dix-septième cure et je suis très satisfait des progrès réalisés. »
Walsh a précisé que le gonflement et la douleur qui gênaient sa parole et son alimentation avaient nettement diminué depuis le début du traitement. Il a pu reprendre progressivement une vie normale, retrouvant sa capacité à travailler et à communiquer.
Des résultats porteurs d’espoir
L’étude a montré que la survie médiane des patients traités atteignait 12,5 mois, alors que cette population fait généralement face à des pronostics très limités après l’échec des traitements classiques.
Le professeur Christian Hillen, directeur général de l’Institut de recherche sur le cancer, a déclaré : « Cette étude illustre comment le développement de nouvelles thérapies issues de la recherche ciblée sur le cancer peut apporter des avancées concrètes, même pour des patients aux options thérapeutiques très restreintes. »
Il a ajouté : « Obtenir un tel niveau de réponse tumorale et des résultats encourageants en termes de survie dans ce groupe difficile à traiter constitue une étape majeure. »
Malgré ces résultats prometteurs, les chercheurs précisent que l’amivantamab est encore en phase d’évaluation clinique. Il n’a pas encore été démontré qu’il constitue un traitement curatif pour tous les types de cancers, mais les premières indications ouvrent une nouvelle étape dans la lutte contre la maladie, particulièrement pour les patients pour lesquels les traitements conventionnels ne sont plus efficaces.
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