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Des manifestants déchirent les affiches du concert d’Asalah Nasri à Damas
À Damas, des personnes ont déchiré des affiches publicitaires du concert prévu le 17 septembre d’Asalah Nasri, qualifié par ses détracteurs d’« événement de péché », dans un climat de tensions croissantes autour des libertés artistiques et religieuses.

Des individus ont déchiré des panneaux publicitaires annonçant le concert d’Asalah Nasri à Damas. L’événement doit se tenir le 17 septembre courant dans la salle Al-Fayhaa, après plusieurs années d’absence de l’artiste syrienne de son pays d’origine.
Ces actes ont été justifiés par les auteurs comme une opposition à ce qu’ils désignent comme « un événement de péché ». Leur démarche s’est transformée en manifestation publique dans les rues de la capitale, où des slogans explicites ont accompagné la destruction des affiches. Une vidéo partagée récemment sur les réseaux sociaux montre la scène sous la mention : « Après le refus du ministère syrien de la Culture d’accéder aux nombreuses demandes populaires visant à annuler les concerts de péché, les affiches de ces concerts ont été déchirées à Damas ».
Le débat a été amplifié par la prise de position du cheikh égyptien Mohamed Kheir Al-Dhahabi, figure connue pour sa campagne « Porter le niqab », qui avait critiqué l’organisation du concert d’Asalah Nasri, suite à une déclaration du ministre syrien de la Culture sur son accueil. Les réactions en ligne se sont divisées : certains défendent cette action au nom d’une interprétation religieuse stricte, notamment contre le mélange des genres et le chant, tandis que d’autres y voient une atteinte aux libertés individuelles et artistiques.
Ce conflit n’est pas isolé. Plusieurs concerts ont déjà été annulés ou interdits avant leur tenue en Syrie. Une partie des opposants fonde son rejet sur les prises de position politiques antérieures des artistes, en particulier leur soutien présumé au précédent régime syrien. Asalah Nasri occupe une position ambiguë à cet égard : elle a longtemps figuré parmi les critiques les plus virulentes du régime précédent, tout en ayant interprété des chansons célébrant ce même régime et citant explicitement des figures emblématiques de celui-ci avec des termes de louange.
Hors du champ politique, une autre influence s’affirme progressivement dans la sphère publique : celle des autorités religieuses. Depuis la chute du régime, leur emprise s’est étendue à des institutions étatiques clés. Leur lecture de la charia guide désormais des décisions dans des domaines aussi variés que l’enseignement, les ministères, la gestion des ressources halieutiques, ou encore l’imposition de codes vestimentaires « décents » pour les fonctionnaires et employées publiques.
Ce débat s’inscrit dans un contexte général marqué par une hésitation collective et une acceptation tacite de certaines mesures. En témoigne un incident survenu le mois dernier lors du concert du chanteur libanais Marwan Khoury, organisé dans le cadre de la dernière édition du Salon international de Damas, sur le site de la Cité des expositions. Le courant électrique a été coupé de façon inopinée, mettant fin à la soirée. Aucune explication officielle n’a été fournie depuis, et aucune protestation n’a été signalée parmi les spectateurs — ce silence nourrit des interrogations sur les critères d’autorisation et de gestion des événements culturels actuels.
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