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La cour criminelle égyptienne a renvoyé la productrice et animatrice Sarah Khalifa devant le mufti de la République, ouvrant la voie à une condamnation à mort dans l’affaire dite « de la grande traite de drogues ».

Dans un revirement spectaculaire qui a secoué l’opinion publique égyptienne et ravivé le souvenir des plus graves affaires criminelles de l’histoire judiciaire récente, la cour d’assises a décidé de transmettre les dossiers de la productrice audiovisuelle et animatrice Sarah Khalifa au mufti de la République. Cette transmission vise à obtenir son avis préalable avant le prononcé d’une peine capitale dans l’affaire médiatiquement baptisée « affaire de la grande traite de drogues ».
La chute brutale de Sarah Khalifa — passée en quelques semaines de la notoriété, du luxe et des cercles influents à la détention derrière les barreaux — a suscité la stupeur des observateurs. Elle relance le débat sur une série d’affaires criminelles majeures qui ont marqué l’Égypte contemporaine et abouti à l’exécution de la sentence capitale.
L’affaire Sarah Khalifa s’inscrit dans une lignée de procès emblématiques ayant conduit à la peine de mort. Parmi eux figurent :
Riya et Sakina (1921) : l’affaire la plus célèbre de l’histoire égyptienne moderne, dans laquelle les deux femmes avaient attiré dix-sept femmes à Alexandrie, les avaient assassinées, volé leurs bijoux et enterré leurs corps sous les planchers de leurs domiciles. Elles furent les premières femmes exécutées dans l’Égypte contemporaine.
Aziz Hanafi, dit « l’empereur de Nakheel » (2004) : chef d’un groupe armé qui avait imposé son contrôle sur un village entier dans la province d’Assiout pour y organiser le trafic de stupéfiants et d’armes. Il fut arrêté lors d’une opération sécuritaire massive et exécuté en 2006.
Ramadan Mansour, surnommé « le Turbine » (2006) : tueur en série qui terrorisa la société en ciblant des enfants des rues, en les agressant puis en les éliminant. Il fut exécuté en 2010.
L’assassin de Naira Ashraf (2022) : crime filmé par des caméras de surveillance devant l’entrée de l’université de Mansoura. La justice rendit une décision accélérée, confirmant la peine de mort contre l’auteur, Mohamed Adel, qui fut exécuté en 2023.
Alors que l’opinion publique attend l’avis du mufti de la République arabe d’Égypte, la décision finale sera rendue lors de l’audience du 5 septembre prochain. Ce jugement constituera l’épilogue de l’affaire Sarah Khalifa, désormais inscrite aux côtés des procès les plus saisissants de l’histoire égyptienne moderne — où la lumière des projecteurs s’est éteinte brutalement sur la plateforme du supplice.



