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Liban

450 000 livres pour se rendre au travail… Il est temps de réviser l'indemnité de transport !

En raison de la hausse continue des prix du carburant, le coût du déplacement devient un fardeau financier majeur pour les Libanais. Une réforme de l'indemnité de transport s'impose pour garantir l'accès au travail sans pénaliser les salaires.

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450 000 livres pour se rendre au travail… Il est temps de réviser l'indemnité de transport !
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La hausse du prix de l’essence ne se reflète plus seulement sur les tableaux des prix des carburants. Sur les routes du Liban, la circulation automobile apparaît souvent moins dense qu’auparavant, ce qui soulève une question : le Libanais calcule-t-il désormais le coût de sa sortie de chez lui avant même de décider où il va ?

Il est impossible de dire avec certitude que la baisse de la circulation est due uniquement à la hausse des carburants, en l’absence de données officielles, mais il est certain que se déplacer est devenu une décision lourde dans le budget d’un Libanais. Entre l’essence, les parkings et les frais de transport, le trajet n’est plus une simple formalité. On peut annuler une sortie ou reporter une visite, mais comment un employé peut-il renoncer à son trajet pour aller au travail ?

L’indemnité de transport officielle s’élève actuellement à 450 000 livres par jour de présence effective, soit environ 9,9 millions de livres par mois pour un salarié travaillant 22 jours. Mais avec la hausse continue des prix des carburants, la question revient : faut-il simplement augmenter ce montant chaque fois que le prix de l’essence grimpe, ou doit-on repenser fondamentalement la manière dont il est calculé ?

Le ministre du Travail, Mohammad Haydar, a annoncé au début du mois de septembre qu’une commission spécialisée préparait une étude visant à instaurer un mécanisme permanent reliant l’indemnité de transport aux prix des carburants, de façon à ce qu’elle augmente avec la hausse de l’essence et diminue en cas de baisse. Une mesure qui transformerait cette indemnité d’une décision ponctuelle en un indicateur dynamique, en phase avec les coûts de déplacement.

Mais l’essence n’est pas la seule variable. Un fonctionnaire vivant à 5 kilomètres de son lieu de travail touche la même indemnité qu’un autre qui parcourt des dizaines de kilomètres chaque jour. Ce montant unique est-il équitable ?

Dans d’autres pays, la formule est différente. En France, l’employeur assume au moins 50 % des frais de transport public entre le domicile et le travail. En Allemagne, la distance est prise en compte via le système fiscal, avec une prime de 0,38 euro par kilomètre parcouru vers le lieu de travail depuis 2026. En Belgique aussi, la distance et le coût du moyen de transport entrent dans certains systèmes d’indemnisation.

Le Liban ne peut pas copier ces modèles tels quels, notamment en raison de l’absence d’un réseau de transports publics vaste et efficace, qui pousse beaucoup de gens à privilégier leur voiture. Toutefois, il peut tirer profit de l’idée : l’indemnité de transport ne devrait pas être un chiffre figé et détaché du coût réel de se rendre au travail.

La formule la plus juste pourrait tenir compte du prix du carburant, de la distance parcourue et du nombre de jours de présence effective, tout en intégrant une formule différente pour ceux qui utilisent les transports publics, sans ignorer la capacité des entreprises – surtout les petites – à supporter une augmentation.

Mais derrière toutes ces calculs se cache une réalité plus simple et plus dure. Le citoyen libanais doit désormais « faire mille calculs » avant de sortir de chez lui. Essence, transport, générateur, nourriture, eau, loyers et factures s’accumulent, tandis que le revenu peine à suivre. Quand le simple fait de se rendre au travail devient une charge financière, on est confronté à un problème qui dépasse l’indemnité de transport pour toucher à la capacité de maintenir un mode de vie normal.

Il est clair que le système ne peut plus supporter un nouveau chiffre tous les quelques mois ; il nécessite une formule qui protège le droit de l’employé à se rendre à son travail sans avoir à sacrifier une partie de son salaire juste pour pouvoir le gagner !

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