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Après 18 ans, le pape Léon XIV affronte la laïcité française et s'adresse à l'Europe

Après 18 ans sans visite papale officielle en France, le pape Léon XIV arrive dans un pays marqué par une profonde héritage chrétien et un système laïc solide. Son voyage soulève des questions sur la foi, la société et l'avenir de l'Europe.

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Après 18 ans de dernière visite papale officielle en France, le pape Léon XIV arrive dans un pays qui ne le reçoit pas seulement comme chef de l’Église catholique, mais aussi comme une figure capable de s’adresser à une société vivant entre un héritage chrétien profond et un système laïc ancré.

Le pape Léon XIV est arrivé en France vendredi, lors de sa première visite officielle d’un souverain pontife depuis 18 ans dans ce pays européen.

Entre Paris, Lyon et Metz, près d’un million de personnes attendent d’écouter ce pape américain, qui a choisi pour sa visite française des messages allant au-delà des rites religieux pour aborder les questions de l’Église, de la société et de l’Europe.

Cette visite, la première depuis la venue du pape Benoît XVI en 2008, porte en elle plusieurs interrogations : « Comment le pape Léon XIV va-t-il faire face à la laïcité française ? Quelle sera sa message sur des sujets comme l’avortement et l’euthanasie ? Et fera-t-il de Metz une occasion pour présenter sa vision de l’avenir et de l’identité de l’Europe ? »

« Soif de spiritualité » en France

L’Église française considère que l’enthousiasme à accueillir le pape Léon XIV n’est pas uniquement lié à l’absence de visites papales officielles depuis 18 ans.

Le cardinal Jean-Marc Avelin, président de la Conférence des évêques français, déclare à *Le Figaro* qu’il existe une « soif de spiritualité » en France, signalant que le nombre de baptêmes d’adultes et de jeunes a atteint 21 386 en 2026.

Il note un changement dans la relation des jeunes à la religion : au lieu d’un passage traditionnel de l’Église vers la découverte de la foi, certains vivent d’abord une expérience spirituelle personnelle avant de se tourner vers l’institution ecclésiale.

Ces signes apparaissent alors que l’Église française fait face à des défis institutionnels, notamment une baisse du nombre de prêtres et une augmentation de leur âge moyen, ainsi qu’aux conséquences de la crise des agressions sexuelles.

L’avortement et « l’euthanasie »

La visite porte également en elle des tensions entre l’Église et les autorités françaises sur des questions sociales et morales, notamment l’« avortement et l’euthanasie ». La France a inscrit le droit à l’avortement dans sa Constitution et adopté une loi permettant l’aide à mourir, tandis que l’Église catholique s’y oppose.

On s’attend à ce que le pape Léon XIV renouvelle devant la France les positions de l’Église sur ces sujets, tout en abordant l’éducation catholique et la relation entre les institutions religieuses et l’administration publique.

Mais ces divergences ne signifient pas que la visite devienne une confrontation politique : les voyages pontificaux conservent généralement un caractère spirituel, diplomatique et social.

Notre-Dame : désaccord protocolaire

Avant l’arrivée du pape, les arrangements pour la « prière du crépuscule » à la cathédrale Notre-Dame ont suscité des controverses après des rapports selon lesquels il aurait refusé une proposition du président Emmanuel Macron d’ajouter une présentation devant caméra des artisans ayant participé à la reconstruction de la cathédrale.

Mais *Le Figaro* précise que cette question concerne le protocole et la nature de la rencontre, et non un refus colérique du pape.

L’événement est réservé à l’accueil des hommes d’Église, à l’allocution religieuse et à la célébration de la prière du crépuscule, avant que le pape ne se rende au stade de France pour rencontrer les jeunes.

La publication nie également la rumeur selon laquelle le pape Léon XIV aurait refusé un dîner officiel à l’Élysée, soulignant que de telles invitations ne font pas partie de la routine des visites pontificales.

Cependant, l’entourage d’Emmanuel Macron a annoncé l’absence du président au grand office, ce qui a soulevé des questions sur l’impact des désaccords protocolaires, sans preuve certaine de lien entre les deux.

Metz… un message à l’Europe

La station de Metz revêt une importance particulière car elle dépasse le cadre français. La ville est liée au nom de Robert Schuman, l’un des architectes de la réconciliation franco-allemande et l’un des fondateurs du projet européen.

On s’attend à ce que cette étape soit marquée par un discours européen important, surtout que le pape Léon XIV avait déjà prévenu contre une « nationalisme excessif » et le recul de la pluralité internationale, critiquant la transformation de la diplomatie du dialogue vers une « diplomatie de la force », disant : « La guerre est de retour à la mode. »

Il a également évoqué les racines juives-chrétiennes de l’Europe, tout en insistant sur le fait que retrouver ces racines ne signifie pas revenir à une ère religieuse passée, mais les exploiter pour renforcer la coopération et l’intégration européenne.

Qu’est-ce que le pape Léon XIV veut de la France ?

Selon le journal français, la visite, vue du Vatican, n’est pas simplement une démonstration de présence catholique dans un pays aux longues traditions chrétiennes. Le message principal réside dans la manière de proposer la foi dans une société laïque et multiculturelle, tout en maintenant une présence de l’Église dans le débat public sans la transformer en projet politique.

À Paris et Lyon, le pape se concentrera sur l’Église, les fidèles et le volet spirituel, tandis que Metz lui offrira l’occasion d’étendre son message à l’Europe et à l’avenir de son projet politique et culturel.

Entre ces étapes, le pape Léon XIV cherche à tracer son propre style de direction de l’Église : une présence religieuse dans l’espace public, une défense de sa vision morale et sociale, et un message européen fondé sur le dialogue et la coopération, plutôt que sur le retour à un modèle religieux disparu.

*Le Figaro* se demande si le pape Léon XIV renouvellera l’appel puissant lancé par Jean-Paul II à l’Europe en 1982 à Compostelle, lorsqu’il avait dit : « Europe vieillissante, reviens-toi-même. Sois toi-même. Découvre tes origines. Réveille tes racines ! »

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