Liban
Après les attentats du "Bijar", comment le Hezbollah a rétabli ses communications loin des yeux israéliens ?
Le Hezbollah aurait mis en place une vaste infrastructure de communications sécurisée après les attentats du "Bijar", combinant technologies anciennes et nouvelles pour éviter la surveillance israélienne.

Un responsable sécuritaire libanais a révélé que le Hezbollah a construit, durant 2026, ce qu'on peut qualifier de « réseau de survie », une infrastructure de communications multicouche reliant une nouvelle technologie sans fil iranienne, des câbles terrestres secrets, des appareils anciens, jusqu'aux messages manuscrits et aux courriers à pied, dans une tentative de maintenir sa direction et ses combattants hors du champ électronique israélien.
Le responsable a déclaré à "Al-Marsad News" que le Hezbollah avait reçu récemment un système avancé de communications sans fil fourni par l'Iran, intégré dans un processus de reconstruction de son infrastructure militaire gravement endommagée par la guerre et les infiltrations israéliennes.
Selon le responsable, ce système a été conçu pour réduire la dépendance aux réseaux téléphoniques et Internet libanais, connecter certaines unités du parti à un réseau interne plus isolé. Toutefois, le Hezbollah n'a pas adopté cette solution seule, mais a simultanément étendu son réseau filaire terrestre, afin que le transfert d'informations soit réparti sur plusieurs canaux, empêchant ainsi qu'un piratage d'une seule voie ne compromette l'ensemble du réseau.
Le responsable révèle que les extensions découvertes récemment à Beyrouth font partie de cette extension de l'infrastructure, l'objectif étant de créer des voies de communication indépendantes entre les zones d'activité du parti et ses centres de commandement, le plus possible à l'abri de l'infrastructure civile exposée à la surveillance israélienne.
Câbles sous les rues de Beyrouth
Les informations s'alignent avec une affaire apparue en juillet dernier, lorsque des sources libanaises ont signalé l'observation de prolongements de câbles de communication appartenant au parti, partant de la zone de l'UNESCO vers Bir Hassan, pendant l'exécution de travaux électriques par une entreprise contractante dans le cadre d'un projet financé par une institution internationale.
Selon le responsable sécuritaire, les services de sécurité libanais ont ouvert une enquête pour savoir si l'entreprise avait effectué des travaux similaires dans d'autres zones, tandis que l'affaire a été portée à l'attention des services américains de renseignement.
Des rapports ont évoqué un réseau dédié aux cadres du parti, similaire à ceux déjà existants dans la zone sud, le Békaa et le sud du Liban.
Mais les câbles ne représentent qu'une couche d'une infrastructure plus vaste. Après la secousse des infiltrations, le Hezbollah a réduit l'utilisation des téléphones et des appareils de communication électronique aux niveaux les plus sensibles.
Le responsable précise que les communications sont revenues, dans certains cas, aux méthodes anciennes, que certains dirigeants se déplacent désormais sans téléphone ni appareil sans fil, et que leurs messages sont transmis par des messagers à vélo.
Il a également révélé que certaines ordres sensibles sont désormais transmis manuellement, par écrit.
Cellules qui ne se connaissent pas
Le changement le plus important n'était pas seulement matériel, mais aussi structurel au niveau humain.
L'agence Reuters a rapporté en mars que la Garde révolutionnaire iranienne avait envoyé des officiers au Liban pour participer à la reconstruction et à la restructuration du Hezbollah, dont l'une des principales modifications était le remplacement d'une partie de la hiérarchie par des unités petites et décentralisées, chacune disposant d'une connaissance limitée du fonctionnement des autres unités.
Ainsi, le nombre d'interactions nécessaires est réduit ; si un élément, un appareil ou un canal est compromis, la quantité d'informations pouvant être extraite reste limitée, plutôt que d'accéder à toute la chaîne de commandement.
Le responsable qualifie ce modèle de « mosaïque défensive » fondée sur de petites cellules.
L'importance des communications est également visible dans la liste des cibles israéliennes.
Le 28 mars, l'armée israélienne a annoncé la mort d'Ayoub Hussein Yacoub et de Yasser Mohamed Mubarak, affirmant qu'ils étaient des éléments clés de l'unité des communications chargée de maintenir les liaisons, de développer, entretenir et exploiter les systèmes du parti.
Fibres optiques évitant le brouillage
Dans le champ opérationnel, un autre axe technique est apparu. Pendant la guerre de 2026, le Hezbollah a introduit des drones FPV contrôlés par fibre optique, une technologie permettant de relier le drone à son opérateur via un fil fin au lieu d'une onde sans fil, rendant les moyens traditionnels de brouillage électronique moins efficaces contre eux.
La presse israélienne a documenté leur utilisation contre les forces israéliennes, soulignant que ces drones constituent désormais un défi, car la liaison filaire les rend pratiquement immunisés contre le brouillage du lien de contrôle sans fil.
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