Liban
La France a élaboré un projet diplomatique visant à stabiliser la sécurité au sud du Liban, équilibrant souveraineté libanaise et préoccupations israéliennes avant l'expiration du mandat de la FINUL.

La France a élaboré, dans une course contre la montre avant la clôture du chapitre « FINUL », un projet de proposition diplomatique visant à réguler le rythme sécuritaire dans le sud du Liban grâce à une approche fondée sur un équilibre précis entre les exigences de la souveraineté libanaise et les inquiétudes sécuritaires israéliennes.
Des sources occidentales ont révélé que la vision française part du principe qu'il est impératif d'obliger les forces israéliennes à se retirer immédiatement et complètement de tous les points et positions où elles sont encore déployées en territoire libanais, afin de mettre fin aux contacts directs et de consolider la ligne de retrait comme frontière stable.
Les sources ont précisé, dans des propos accordés à « Erm News », que le document français propose, en contrepartie du retrait israélien, d'établir des arrangements et garanties sécuritaires stricts dans une zone géographique définie diplomatiquement comme la « Ligne Grise », s'étendant sur 4 kilomètres au nord de la frontière.
Les sources ont indiqué que les arrangements français visent à empêcher tout déploiement militaire illégal ou toute activité armée hors du cadre de l'État libanais dans cette zone sensible, tout en intensifiant le déploiement opérationnel et de contrôle des unités de l'armée libanaise pour garantir l'absence de toute manifestation armée susceptible de servir de prétexte à une escalade.
Les sources ont ajouté que Paris a eu recours, pour éviter un « veto » américano-israélien à sa proposition, à une solution diplomatique alternative consistant à activer et élargir les compétences du « Groupe d'observateurs au Liban » relevant de la Commission de surveillance de la trêve des Nations Unies, et à augmenter ses effectifs pour assurer les missions de surveillance sur le terrain et la rédaction de rapports périodiques.
La France s'appuie sur ce choix sur le fait que cet organe est un mécanisme onusien existant au Liban depuis l'accord d'armistice de 1949 ; par conséquent, renforcer son rôle ne nécessite pas l'adoption d'une nouvelle résolution complexe au Conseil de sécurité des Nations Unies.
Nouvelle réalité
Le mouvement français à Beyrouth est perçu avec un mélange d'attente et de prudence diplomatique, alors que les autorités reconnaissent que la période postérieure au 31 décembre 2026 imposera une nouvelle réalité sur le terrain à l'institution militaire libanaise et à l'État dans son ensemble.
Des sources diplomatiques libanaises suivant les consultations en cours rapportent que les cercles officiels de Beyrouth ont pris connaissance des grandes lignes de la tendance française via des canaux non publics, précisant que Paris tente de jouer le rôle de « pont de passage » pour empêcher l'effondrement des arrangements frontaliers dès le départ du dernier soldat de la FINUL.
Les sources libanaises ont confirmé, dans une déclaration à « Erm News », que les milieux officiels de Beyrouth font preuve d'une sensibilité extrême envers les désignations géographiques mentionnées dans les fuites, notamment des termes tels que « Ligne Grise » ou « Zone tampon », craignant que ces appellations ne deviennent, avec le temps, un fait accompli amputant des parties de la souveraineté libanaise ou imposant des restrictions injustes aux mouvements des citoyens et civils dans les villages frontaliers avancés.
Les sources ont expliqué que Beyrouth insiste, dans ses contacts avec la partie française, pour que tout arrangement sécuritaire dans les quatre kilomètres de profondeur soit exécuté exclusivement par les unités de l'armée libanaise et conformément aux dispositions de la résolution internationale 1701, et non par la création de zones démilitarisées ou placées sous tutelle extérieure.
Les sources libanaises considèrent que l'option de renforcer la « Commission de surveillance de la trêve » constitue une sortie pratique et intelligente sur les plans juridique et diplomatique, car elle maintient la légitimité internationale et le parapluie onusien au-dessus de la bande frontalière, empêchant Israël de monopoliser le terrain ou d'imposer des règles d'engagement unilatérales après le départ des Casques bleus.
Les sources ont souligné que le débat interne à Beyrouth se concentre actuellement sur la manière de permettre à l'armée libanaise de combler le vide logistique et opérationnel laissé par la FINUL, confirmant que Paris recherche parallèlement avec d'autres capitales européennes, dont Rome, une formule pour fournir un soutien technique et formation directe à l'institution militaire hors du cadre des Nations Unies, afin de garantir sa capacité à contrôler efficacement la zone des quatre kilomètres.



