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Jean-Luc Mélenchon, leader de La France Insoumise, a dévoilé un programme qualifié de « révolutionnaire », préconisant des nationalisations et une réforme profonde du système politique français.

Jean-Luc Mélenchon, le dirigeant radical de gauche de « La France Insoumise », a annoncé un programme électoral qu'il décrit comme « révolutionnaire », incluant des changements radicaux dans l'économie, le système politique et la société française, notamment la nationalisation de secteurs stratégiques et un contrôle gouvernemental des prix, selon le Financial Times.
Lors d'un grand rassemblement samedi dans le département à faibles revenus de « Seine-Saint-Denis », où réside une majorité d'origine immigrée, au nord de Paris, Mélenchon a déclaré que la France et le monde avaient besoin d'un renouvellement au nom de la justice sociale.
Il a ajouté : « J'ai une seule proposition à vous faire : il est temps de tout changer ». Il a poursuivi : « La France de la révolte et de la révolution, c'est notre chère patrie à laquelle nous appartenons tous », reprenant ainsi un slogan utilisé par les partis d'extrême droite.
Ce politicien de 75 ans, connu pour son opposition à la mondialisation et son scepticisme envers l'Union européenne, tente pour la quatrième fois de remporter la présidence française, alors que sa popularité augmente dans les sondages.
Mélenchon a attiré environ 20 000 personnes au rassemblement organisé dans le bastion de son parti « La France Insoumise » en « Seine-Saint-Denis ».
Progrès dans les sondages
Les sondages réalisés par Ipsos et Ifop fin octobre ont montré qu'il recueillait environ 18 % des intentions de vote au premier tour de l'élection présidentielle prévue l'année prochaine, ce qui le rapproche de la qualification au second tour, où il devrait affronter la leader de l'extrême droite Marine Le Pen, qui domine largement la course avec environ 35 %.
Tous les sondages du second tour indiquent une défaite nette de Mélenchon face à Le Pen, mais les tendances de l'opinion publique restent susceptibles d'évoluer durant les mois restants avant les élections prévues en avril 2027.
Mélenchon a acquis un élan électoral depuis septembre dernier, après avoir annoncé son soutien aux vastes manifestations contre le système éducatif et la hausse du coût de la vie, qui sont devenues un défi sérieux pour le gouvernement du président Emmanuel Macron.
Cette semaine, environ 600 000 personnes ont manifesté, constituant la plus grande mobilisation depuis le début du mouvement protestataire en septembre, ce qui a accru les tensions politiques et renforcé la polarisation dans le pays.
L'élection présidentielle française revêt une importance particulière pour l'avenir des relations entre la France et l'Union européenne, car Mélenchon et Le Pen se sont engagés à rompre avec le statu quo sur des dossiers tels que le marché intérieur européen et la lutte contre le changement climatique.
Samedi, Mélenchon a renouvelé son appel à adopter une politique étrangère française « non alignée », mettant en garde contre l'enlisement dans la guerre russo-ukrainienne et critiquant ce qu'il a qualifié de « domination des États-Unis sur l'ordre international ».
Le candidat de gauche a rejeté les prévisions indiquant sa défaite face à Le Pen au second tour, déclarant : « C'est ce qu'ils disaient aussi à propos de Lula », faisant référence au retour du président brésilien de gauche nouvellement élu pour un nouveau mandat, ajoutant : « Nous lutterons jusqu'à la dernière seconde, et finalement nous gagnerons ».
Contrôle économique de l'État
Le programme économique du parti appelle à l'élargissement de « l'État-providence », à la mise en œuvre de vastes nationalisations incluant les autoroutes et les aéroports, à l'augmentation du contrôle étatique sur le secteur bancaire et les industries stratégiques, ainsi qu'à l'imposition d'un contrôle gouvernemental sur les prix alimentaires, énergétiques et des carburants.
Mélenchon propose également d'abaisser l'âge de la retraite à 60 ans, contre environ 63 ans actuellement.
Le parti n'a pas précisé le coût total de son programme, mais les politiques proposées impliquent d'importantes dépenses publiques et des hausses d'impôts. La France souffre déjà du deuxième plus grand déficit de la zone euro, avec des projections atteignant 5,4 % du PIB d'ici la fin de l'année en cours.
Mélenchon souhaite convertir 600 milliards d'euros de dette publique française détenue par la Banque centrale européenne en prêts sans intérêts, jamais remboursables, une idée qu'il a auparavant décrite comme jeter la dette dans le feu.
Le parti cherche à éliminer ce qu'il appelle la « hégémonie du secteur financier » sur l'économie et à réduire l'écart croissant entre les revenus, en limitant la différence entre les salaires les plus élevés et les plus bas au sein des entreprises.
Il propose également de mettre fin à la négociation continue des actions, d'imposer des restrictions sur les dividendes et de confisquer les héritages dont la valeur dépasse 12 millions d'euros.
Mélenchon a déclaré : « Le capitalisme est un problème concret, c'est pourquoi la gauche radicale possède des solutions concrètes ».
Le programme comprend également l'adoption d'un système de planification environnementale dirigé par l'État, visant à orienter les investissements et la production, parallèlement à l'abandon progressif de l'énergie nucléaire et à son remplacement par des sources d'énergie renouvelable.
Changement du système politique
Les propositions de Mélenchon ne se limitent pas à l'économie, elles incluent la refonte des institutions politiques et du modèle social français.
Il suggère de remplacer la Constitution de la Ve République par une nouvelle constitution, d'adopter un système de représentation proportionnelle lors des élections, d'élargir les pouvoirs des citoyens via des référendums, ainsi que d'abaisser l'âge de vote de 18 à 16 ans.
« La France Insoumise » s'est engagée à lutter contre le racisme et la discrimination, et ses dirigeants ont attaqué lors du rassemblement le parti d'extrême droite « Rassemblement National » dirigé par Le Pen, en raison de ses politiques controversées, parmi lesquelles la priorité donnée aux citoyens français pour l'accès aux aides sociales.
Mélenchon a adressé de vives critiques à Le Pen, sous les acclamations des participants, déclarant : « La première ligne de défense contre le racisme, c'est chacun d'entre nous ».
Gaza au cœur de la politique étrangère
Sur les questions internationales, Mélenchon place la guerre israélienne à Gaza et la colonisation israélienne en Cisjordanie au premier plan de ses priorités de politique étrangère dans son programme pour l'élection présidentielle française de 2027, accusant les autorités françaises de complicité dans le « génocide » à Gaza.
Le document accuse également le président Emmanuel Macron de suivre une politique de « deux poids, deux mesures diplomatiques », en « ne condamnant pas les guerres d'agression contre le Liban et l'Iran de la même manière qu'il a condamné la guerre d'agression contre l'Ukraine ». En revanche, la question ukrainienne occupe une position marginale dans le document, éclipsée par les développements au Moyen-Orient qui suscitent beaucoup plus d'intérêt.
Le document « Avenir commun » évite d'aborder la menace russe et ne cherche pas à clarifier la position ambiguë de « La France Insoumise » concernant le soutien militaire à l'armée ukrainienne, la question n'étant même pas abordée, selon Le Monde.
Le document indique que Mélenchon compte « travailler à la création d'un cadre diplomatique garantissant un cessez-le-feu » et le « retrait des forces russes », avant de « reconvoquer une conférence Paris pour une nouvelle Europe », en référence à la conférence de 1990 qui examinait les options disponibles pour l'Europe après la Guerre froide, avec la participation de la Russie.