Liban
Le ministre libanais de l’Agriculture, Nizar Hani, a rencontré des institutions néerlandaises pour promouvoir un modèle agricole basé sur l’économie de la connaissance et l’innovation.

Pour la quatrième journée consécutive, le ministre libanais de l’Agriculture, Nizar Hani, a poursuivi ses rencontres avec des institutions académiques et de recherche de premier plan dans les domaines agricoles et alimentaires, lors de sa visite officielle aux Pays-Bas. Il a conduit un important délégation à l’université et centre de recherche de Wageningen, reconnu mondialement pour ses travaux en agriculture durable, sécurité alimentaire, innovation agricole et gestion des ressources naturelles.
Le groupe libanais comprenait le directeur général de l’agriculture, l’ingénieur Louis Lahoud, la directrice générale des coopératives, l’ingénieure Gloria Abou Zeid, le chef du « projet vert », l’ingénieur Raymond Khoury, ainsi que le vice-président du « service des recherches scientifiques agricoles », le docteur Rami Al Laqis, accompagnés des conseillers du ministre Fadi Ghanem et Mazen Halwani.
À leur arrivée, ils ont été accueillis par la présidente du conseil exécutif de l’université, Mme Sioukia Haimovara, et par l’ingénieur Wissam Baineh, directeur de la coopération et des relations internationales pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. Une présentation détaillée a été faite sur le rôle mondial de l’université dans le développement de solutions scientifiques et technologiques aux défis agricoles, alimentaires et environnementaux, ainsi que sur les mécanismes utilisés pour transformer la recherche en applications concrètes et en politiques publiques soutenant le développement durable.
Le ministre et sa délégation ont participé à une table ronde scientifique réunissant des experts et chercheurs, dont le docteur Carl Safi, Anne Mensink et Jean Baudion, en présence de l’ingénieur Wissam Baineh. Les discussions ont porté sur la gouvernance agricole moderne, la coopération entre gouvernements, universités et secteur privé, ainsi que sur les moyens de transférer les résultats de la recherche aux établissements éducatifs, aux agriculteurs et aux marchés. Des exemples de partenariats réussis entre secteurs public et privé ont été abordés, de même que le rôle des incubateurs d’entreprises et des centres d’innovation pour stimuler l’entrepreneuriat agricole et convertir la connaissance scientifique en projets économiques durables.
Au cours des échanges, le ministre Hani a souligné que « l’expérience néerlandaise constitue un modèle mondial avancé pour bâtir une économie agricole fondée sur la connaissance et l’innovation ». Il a rappelé que « les défis rencontrés par le secteur agricole libanais, notamment le changement climatique, la diminution des ressources naturelles et l’augmentation des coûts de production, exigent d’intensifier les investissements dans la recherche scientifique, les technologies modernes, ainsi que le développement des systèmes de conseil agricole et de transfert de connaissances ».
Il a ajouté : « Ce que nous observons aujourd’hui à Wageningen n’est pas seulement une université ou un centre de recherche, mais un système intégré ayant réussi à établir des passerelles efficaces entre la science, les politiques publiques et le secteur privé. C’est ce modèle dont nous souhaitons tirer parti au Liban, car l’avenir de l’agriculture et de la sécurité alimentaire ne se construit pas uniquement dans les champs, mais aussi dans les laboratoires, les centres d’innovation et les universités qui produisent la connaissance et la transforment en solutions pratiques au service des agriculteurs et des communautés ».
Le ministre a insisté sur la nécessité d’un véritable passage vers une économie de la connaissance agricole, impliquant le lien entre recherche scientifique et politiques publiques, la promotion de l’innovation et de l’entrepreneuriat, ainsi que l’investissement dans les compétences nationales capables de conduire la transition vers une agriculture plus durable et résiliente.
Après ces rencontres, la délégation a effectué une visite au Centre néerlandais d’éco-phénotypage végétal (Netherlands Plant Eco-Phenotyping Centre) accompagnée de M. Bram Carls. Ils ont découvert les technologies de pointe utilisées pour étudier la croissance des plantes et analyser leur réponse aux facteurs environnementaux et climatiques, grâce à des systèmes avancés de capteurs et d’intelligence artificielle. Ces outils contribuent au développement de variétés agricoles plus performantes, productives et adaptées aux changements climatiques.
Le groupe s’est également rendu sur le campus de l’université de Wageningen, reconnu comme un des principaux écosystèmes mondiaux d’innovation agricole, réunissant chercheurs, start-ups, institutions académiques et secteur privé dans une structure intégrée dédiée à la production de connaissances et au développement de solutions agricoles futures.
Dans l’après-midi, la délégation a visité l’institut Q-Point, spécialisé dans la sécurité alimentaire, les systèmes de traçabilité, d’accréditation et de certification agricoles. Ils ont examiné les normes les plus récentes garantissant la qualité et la sécurité des produits agricoles et alimentaires, tout en renforçant la transparence et la durabilité à chaque étape des chaînes de production et de commercialisation.
Un autre rendez-vous a eu lieu avec la société HydroSat, experte dans l’utilisation des données satellitaires pour la gestion de l’eau en agriculture. La docteure Roula Bachaour a présenté les technologies innovantes développées par l’entreprise pour surveiller les besoins en eau des cultures, améliorer l’efficacité de l’irrigation et accroître la productivité des terres agricoles, notamment dans les zones touchées par la rareté de l’eau et le stress climatique.
Cette rencontre a permis d’explorer les possibilités de coopération future afin d’introduire ces technologies avancées au Liban, contribuant ainsi à optimiser l’usage de l’eau et à renforcer la capacité du secteur agricole libanais à s’adapter aux effets du changement climatique, en particulier face aux défis croissants liés à la gestion des ressources hydriques et à la nécessité d’adopter des solutions numériques innovantes pour soutenir la durabilité agricole.
Le ministre Hani a également salué le rôle croissant des compétences libanaises présentes dans les institutions scientifiques et de recherche internationales, les qualifiant de pont stratégique pour le transfert de connaissances et le renforcement de la coopération entre le Liban et les centres mondiaux de pointe en matière de recherche et d’innovation.
Il a particulièrement mis en avant les efforts de l’ingénieur Wissam Baineh pour promouvoir la coopération académique et scientifique entre la région Moyen-Orient/Afrique du Nord, l’université de Wageningen et les institutions de recherche néerlandaises. Il a aussi souligné le rôle pionnier de la docteure Roula Bachaour dans le développement de solutions innovantes pour la gestion des ressources hydriques agricoles via les technologies satellitaires et les données climatiques avancées, ainsi que la contribution du docteur Carl Safi dans l’établissement de liens de collaboration scientifique et le développement du dialogue sur les perspectives de partenariat académique et de recherche entre le Liban et les Pays-Bas.
Le ministre a affirmé que « ces réussites libanaises illustrent la place scientifique occupée par les Libanais dans les institutions internationales prestigieuses, constituant un capital national dont il faut tirer parti pour soutenir la modernisation et le développement du secteur agricole libanais ».
Il a ajouté : « Ce qui est source de fierté, c’est de voir des compétences libanaises occuper des postes de direction et d’influence dans des institutions scientifiques et de recherche mondiales reconnues, contribuant à la production de connaissances et à la création de solutions face aux défis agricoles et environnementaux mondiaux. Leur succès n’est pas seulement individuel, mais représente une victoire pour le Liban et un message affirmant que l’investissement dans l’humain et la science est la clé pour bâtir un avenir plus durable et prospère ».
Le ministre a conclu en soulignant que ces talents libanais, présents dans les universités, centres de recherche et entreprises technologiques internationales, sont des partenaires essentiels pour le développement de l’agriculture libanaise. Il a rappelé que relier les expertises nationales, qu’elles résident au Liban ou à l’étranger, au secteur agricole constitue une opportunité réelle pour accélérer le transfert de technologies, stimuler l’innovation et renforcer la capacité du pays à relever les défis de la sécurité alimentaire, du changement climatique et de la gestion des ressources naturelles.
La journée s’est terminée par une série de réunions de travail entre la délégation libanaise et les experts et personnalités scientifiques présentes, où l’importance d’élargir la coopération académique et de recherche entre le Liban et les Pays-Bas a été réaffirmée. L’échange d’expériences, le partage de connaissances et le transfert de technologies agricoles modernes ont été identifiés comme des leviers essentiels pour soutenir les efforts du ministère de l’Agriculture en vue de bâtir un secteur agricole plus durable, innovant et capable d’assurer la sécurité alimentaire ainsi qu’un développement rural global.
Au terme de cette quatrième journée, Wageningen s’est imposée comme un exemple mondial de ce que peut accomplir un partenariat entre science, innovation et politiques publiques au service de l’agriculture et de la sécurité alimentaire. Cette étape a délivré des messages clairs sur l’importance d’investir dans la connaissance, la recherche scientifique et la technologie, considérées comme les piliers fondamentaux de l’avenir du secteur agricole. Les rencontres menées par le ministre Hani et sa délégation ont posé les bases d’une coopération durable avec les institutions néerlandaises de premier plan, ouvrant la voie au transfert d’expertises et de technologies modernes vers le Liban, et renforçant les efforts de modernisation du secteur agricole pour mieux faire face aux défis du changement climatique, de la gestion des ressources naturelles et pour atteindre un développement agricole durable.



