Économie
Le yen recule après l’intervention japonaise, les marchés guettent le rapport sur l’emploi et l’accord sur le détroit d’Ormuz
Le yen a cédé une partie de ses gains après l’intervention des autorités japonaises, tandis que les investisseurs scrutent le rapport américain sur l’emploi vendredi et les négociations entre Washington et Téhéran autour du détroit d’Ormuz.

Les marchés des changes ont évolué dans des fourchettes étroites jeudi. Le yen japonais a légèrement reculé, abandonnant une partie des gains obtenus après l’intervention des autorités pour soutenir la monnaie. Le dollar s’est stabilisé près de son plus bas niveau en plusieurs semaines, dans un contexte où les investisseurs attendent à la fois les données américaines sur l’emploi, prévues vendredi, et les développements potentiels d’un accord entre les États-Unis et l’Iran concernant le détroit d’Ormuz.
Selon Reuters, le yen s’est replié à 157,85 yens pour un dollar, après deux séances de légers reculs. Ce mouvement marque un désengagement partiel des gains réalisés suite à l’intervention japonaise, qui avait fait chuter le taux à 155,20 yens par dollar lundi dernier. Toutefois, la devise reste éloignée de ses plus bas historiques, atteints en juillet à environ 164 yens par dollar.
Jonas Goltermann, économiste en chef chez Capital Economics, a indiqué à Reuters que « la position spéculative élevée sur le yen, conjuguée à l’intervention américaine et à la sous-évaluation historique de la monnaie, pourraient rendre cette intervention actuelle plus efficace que celles menées précédemment ».
Dans les autres devises majeures, l’euro a perdu environ 0,1 % pour s’établir à 1,1542 dollar. La livre sterling a également reculé du même ordre de grandeur, à 1,3460 dollar. En revanche, l’indice du dollar, qui mesure la performance de la monnaie américaine face à un panier de six devises, a progressé de 0,1 %, atteignant 99,77 points — après avoir touché lundi son plus bas niveau depuis six semaines.
Le Golfe sous surveillance
Les marchés suivent de près l’évolution du dossier iranien. Reuters a rapporté l’existence d’une proposition conjointe entre l’Iran et Oman visant à faciliter la résolution du différend entre Téhéran et Washington. Aucun commentaire officiel américain n’a été publié immédiatement à ce sujet.
Le président américain Donald Trump a déclaré qu’un accord permettant la réouverture du détroit était « imminent ». Des responsables américains ont toutefois réaffirmé à plusieurs reprises qu’ils ne toléreraient en aucun cas que l’Iran exerce un contrôle sur l’accès à ce passage maritime stratégique, essentiel pour les approvisionnements mondiaux en énergie.
Le prix du brut Brent a légèrement augmenté, atteignant environ 80,20 dollars le baril, mais demeure nettement inférieur au seuil des 100 dollars atteint en juillet, au pic des tensions entre l’Iran et les États-Unis.
Ray Attrill, responsable de la stratégie des changes à la National Australia Bank, a noté que « les marchés n’ont pas connu récemment les fortes volatilités qui caractérisaient leurs mouvements ces dernières semaines, notamment sous l’effet des cours du pétrole ».
Russie : étude d’un corridor ferroviaire vers l’océan Indien
Le vice-Premier ministre russe Marat Khusnullin a annoncé jeudi que son pays devait examiner la possibilité de construire une ligne ferroviaire reliant la Russie à l’océan Indien. L’objectif est de réduire les risques pesant sur la navigation via les détroits du Bosphore et d’Ormuz. Selon l’agence Tass, ce tracé alternatif pourrait traverser le Turkménistan, l’Iran, l’Afghanistan et le Pakistan.
Le rapport sur l’emploi en première ligne
L’attention des investisseurs se concentre désormais sur le rapport américain sur l’emploi, attendu vendredi. Ce document pourrait fournir de nouveaux signaux sur la trajectoire future des taux d’intérêt fixés par la Réserve fédérale américaine.
Cette publication intervient après des indicateurs montrant une résilience continue du secteur des services américain en juillet, malgré un ralentissement du rythme des embauches. Lors de sa dernière réunion, la Fed a maintenu ses taux inchangés, sans parvenir à trancher clairement sur sa prochaine décision.
La Fed, marquée par des divergences internes, a conservé ses taux stables le mois dernier. Son président, Jerome Powell, a réaffirmé son « engagement ferme à réduire l’inflation », tout en laissant ouverte la possibilité d’une hausse des taux en septembre.
Francesco Pesole, stratège des changes chez ING, a souligné que les données économiques publiées après la réunion de la Fed revêtent une importance accrue. Il a précisé que le rapport sur l’emploi pourrait influencer directement le couple dollar/yen : des chiffres supérieurs aux attentes pourraient inciter les investisseurs à renforcer leurs positions acheteuses sur le dollar.
Un sondage réalisé par Reuters auprès d’économistes anticipe que le rapport américain sur l’emploi affichera la création de 80 000 postes non agricoles en juillet, contre 57 000 en juin, avec un taux de chômage stable à 4,2 %.
Voix divergentes au sein de la Fed
Plus tôt, Lisa Cook, membre du Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale, a déclaré qu’elle restait ouverte à une hausse des taux d’intérêt à court terme si cela s’avérait nécessaire pour maîtriser l’inflation élevée.
En revanche, Mary Daly, présidente de la Banque centrale de San Francisco, a réaffirmé son soutien à la décision de maintenir les taux inchangés lors de la réunion de juillet, estimant qu’il fallait davantage de données avant la prochaine réunion, prévue en septembre.
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