Liban
Karki : coopération et échange de compétences entre les institutions de sécurité sociale dans les pays arabes
La conférence arabe sur la durabilité financière des systèmes de sécurité sociale face aux défis et aux chocs s'est conclue à Le Caire, sous la présidence du Dr Mohamed Karki, avec un appel à renforcer la collaboration entre les institutions arabes.

La Conférence arabe sur la durabilité financière des systèmes de sécurité sociale face aux défis et aux chocs s’est achevée à Le Caire, les 16 et 17 septembre, sous la présidence de S.E. le ministre du Travail de la République libanaise, Dr Mohamed Haidar, avec la participation du Dr Mohamed Karki, président du bureau exécutif de l’Association arabe de la sécurité sociale, du conseiller Islam Sena, représentant du directeur général de l’Organisation arabe du travail, et de M. Sami Abd el-Hadi, vice-président de l’Autorité nationale de la sécurité sociale en Égypte.
La conférence a vu la participation active de représentants des institutions de sécurité sociale et d’assurance sociale provenant du Liban, de Palestine, de Irak, du Koweït, de l’Oman, de l’Égypte, du Soudan, de Tunisie, du Maroc et de la Mauritanie, ainsi que d’une élite d’experts et de spécialistes dans les domaines de la sécurité sociale, de la gouvernance et de l’investissement, qui ont présenté des mémoires et des exposés portant sur les principaux défis auxquels sont confrontés les systèmes de sécurité sociale, tout en présentant plusieurs expériences et compétences nationales dans ce domaine.
Les travaux de la conférence se sont terminés par une séance de clôture présidée par le Dr Mohamed Karki, président du bureau exécutif de l’Association arabe de la sécurité sociale, qui a salué l’importance des mémoires et des interventions techniques présentées par les experts et spécialistes, tout en soulignant la participation active et les débats riches qui ont marqué les sessions de la conférence.
Le Dr Karki a remercié S.E. le ministre du Travail, Dr Mohamed Haidar, pour son soutien généreux à la conférence, tout en exprimant sa reconnaissance à l’Organisation arabe du travail et à son directeur général, M. Fayez Ali Al-Mutairi, pour leur appui constant aux activités de l’association.
Il a également remercié l’Autorité nationale de la sécurité sociale en Égypte pour sa participation active, ainsi qu’à toutes les délégations, experts et participants, estimant que cette présence étendue et les échanges constructifs reflètent sincèrement l’importance du travail arabe commun pour atteindre l’équité sociale.
Il a insisté sur la nécessité de coopérer et d’échanger expériences et compétences entre les institutions de sécurité sociale et d’assurance sociale dans les pays arabes afin de garantir une protection sociale digne pour chaque citoyen arabe.
Le Dr Karki a également appelé à renforcer et activer la participation aux activités de l’association, considérée comme une plateforme arabe unifiée pour les institutions de sécurité sociale et d’assurance sociale dans le monde arabe, contribuant ainsi au développement des systèmes de protection sociale et à la consolidation de leur durabilité financière face à divers défis et chocs.
À la fin de son discours, le Dr Karki a souhaité à tous les participants un séjour agréable à Le Caire et un retour sûr dans leurs pays d’origine.
Les recommandations suivantes ont été formulées :
1. "Mise à jour des cadres législatifs et réglementaires : révision et mise à jour périodique des textes régissant la sécurité sociale et les assurances sociales ainsi que les fonds d’investissement de leurs ressources, afin de suivre les évolutions démographiques, économiques et sociales, les changements du marché du travail, les progrès technologiques et numériques."
2. Développement de politiques d’investissement à long terme et équilibrées : adoption de stratégies d’investissement fondées sur une répartition stratégique des actifs, une diversification des portefeuilles, une gestion des risques et une correspondance entre les échéances des actifs et les engagements, avec possibilité de diversifier les investissements géographiquement, y compris dans les marchés financiers internationaux selon des critères de risque, rendement et liquidité, et application du principe de l’investisseur avisé.
3. Renforcement de la gouvernance institutionnelle et d’investissement : instauration des principes de responsabilité, d’autonomie, de transparence, de divulgation et de gestion des conflits d’intérêts au sein des conseils d’administration des institutions de sécurité sociale et des fonds d’investissement, avec adoption de normes claires de compétence et d’expérience, clarification des responsabilités et pouvoirs, et lien entre l’évaluation des performances et des indicateurs quantitatifs mesurables.
4. Élargissement du champ de couverture pour inclure les nouveaux modèles de travail : développement d’outils législatifs, financiers et administratifs assurant l’intégration des travailleurs dans l’économie numérique, le travail temporaire et le travail via les plateformes dans les systèmes de protection sociale, conformément à la nature de ces nouveaux modèles de travail et renforçant l’inclusivité et la durabilité de la protection.
5. Diversification et durabilité des sources de financement : étude et développement de sources et de mécanismes de financement durables et variés, notamment en renforçant la perception des cotisations, en élargissant la base de financement et en tirant parti des ressources publiques si nécessaire, avec des évaluations périodiques des écarts de financement et des besoins à long terme.
6. Révisions périodiques de la durabilité financière et actuarielle : mise en place d’évaluations financières et actuarielles régulières des systèmes de sécurité sociale et d’assurance sociale, et utilisation de leurs résultats pour développer les politiques relatives aux cotisations, aux prestations, au financement et à l’investissement. Les évaluations actuarielles doivent servir d’outil de prise de décision et d’analyse des effets de différentes options sur la durabilité à court, moyen et long terme.
7. Renforcement de l’autonomie décisionnelle en matière d’investissement et institutionnelle : garantir l’autonomie des décisions d’investissement contre toute ingérence non professionnelle, tout en les soumettant à des cadres de contrôle et de responsabilité efficaces, avec une clarification claire des pouvoirs et responsabilités, et une gestion des conflits d’intérêts, afin de préserver la sécurité des fonds de sécurité sociale et d’équilibrer les exigences de sécurité, de liquidité, de rendement et de protection des droits des assurés ainsi que des générations présentes et futures.
8. Création d’un système national d’interopérabilité et d’échange de données : développement d’un cadre national intégré pour l’échange de données entre les institutions de sécurité sociale et d’assurance sociale, les autorités gouvernementales et les organisations non gouvernementales concernées, conformément à des normes unifiées d’interopérabilité et de gouvernance des données, améliorant ainsi la précision des données et soutenant la prise de décision fondée sur des preuves.
9. Accélération de la transformation numérique et des services électroniques : développement de l’infrastructure numérique, renforcement de la cybersécurité, protection des données et de la vie privée, garantissant ainsi l’efficacité, la continuité et l’inclusivité des services, et facilitant l’accès des assurés et des employeurs à ces services.
10. Renforcement de la gestion des risques et de l’alerte précoce : création de cadres intégrés pour la gestion des risques financiers, d’investissement, opérationnels et démographiques, comprenant des indicateurs d’alerte précoce, des tests de pression et des scénarios périodiques, permettant aux institutions de réagir de manière proactive aux changements économiques, financiers et aux perturbations des marchés.
11. Renforcement de la coopération arabe par la création d’organismes institutionnels efficaces pour l’échange d’expériences, de données et d’études comparatives entre les pays arabes, contribuant ainsi au développement de politiques et de systèmes de protection sociale, au travail pour protéger les travailleurs lors de leur mobilité entre les pays arabes et garantir la continuité de leurs droits en matière de protection sociale (Convention arabe n°14), ainsi que la rédaction et le développement de guides et de principes directeurs communs dans les domaines de la gouvernance, de l’investissement, de la durabilité financière et de la transformation numérique, en tenant compte des caractéristiques législatives, économiques et sociales de chaque pays, afin de renforcer l’intégration arabe et d’améliorer la performance des institutions de sécurité sociale et d’assurance sociale."
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