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Rā‘ī : La paix et la stabilité sont des entrées fondamentales pour sauver le Liban

Le patriarche maronite, cardinal Bechara Boutros al-Raï, a souligné l'importance de la paix et de la stabilité comme conditions essentielles pour sauver le Liban et protéger ses citoyens.

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Rā‘ī : La paix et la stabilité sont des entrées fondamentales pour sauver le Liban
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Le patriarche maronite, cardinal Bechara Boutros al-Raï, a reçu à l’archiépiscopat de Deir el-Kamar, le président du mouvement « le Changement », l’avocat Élie Mhanna, accompagné d’une délégation composée d’Élie Feghali, Chafiq Bader, Samia Khaddaj, Claude Hayaq, Bassam Kheir Agha, Michel Mhanna, Gaby Ayoub et Milad Ayoub, afin d’échanger sur la situation générale du pays et les défis auxquels le Liban est confronté actuellement, notamment la consolidation de l’autorité de l’État, le renforcement du rôle de ses institutions constitutionnelles et sécuritaires, ainsi que la mise en place des conditions nécessaires à la stabilité et à la paix, et la protection des Libanais contre les conséquences des conflits régionaux.

Élie Mhanna a affirmé « l’importance du rôle national joué par Bkerki dans le suivi de la marche de l’État », saluant « les positions du patriarche al-Raï soutenant le président de la République général Joseph Aoun et les institutions légitimes », et estimant que « la phase actuelle exige un passage des positions aux actions concrètes renforçant la présence de l’État et sa capacité à assumer ses responsabilités ».

La réunion a abordé la situation au sud du pays et la nécessité d’aboutir à une solution garantissant la souveraineté du Liban et l’intégrité de son territoire, assurant ainsi la stabilité à ses habitants, tout en insistant sur l’importance de relancer les efforts politiques et diplomatiques et de mettre en œuvre les résolutions internationales pertinentes, afin d’éviter au pays davantage de guerres, de pertes humaines et économiques, et de vagues migratoires.

On a également insisté sur le rôle central de l’armée libanaise et des institutions de sécurité légitimes dans la protection du pays et la garantie de la stabilité, ainsi que sur l’importance de préserver l’unité des Libanais et leur rassemblement autour des institutions de l’État, loin des divisions confessionnelles et politiques.

La discussion a également porté sur l’importance des relations du Liban avec les pays arabes et internationaux, et la nécessité de tirer parti du soutien dont bénéficie le Liban et le président de la République pour consolider la stabilité, relancer l’économie et créer les conditions propices à la reconstruction des zones endommagées, notamment au sud, et au retour des habitants dans leurs villages et villes en toute sécurité et dignité.

Les participants ont insisté sur le fait que « les Libanais, quelles que soient leurs affiliations et leurs composantes, sont partenaires d’un même pays, et que cette phase exige un discours national unificateur préservant la dignité de tous, plaçant l’intérêt national au-dessus des considérations communautaires, et empêchant tout glissement vers des tensions internes ».

Dans ce contexte, on a souligné l’importance de protéger les Libanais travaillant dans les pays arabes et les pays du Golfe, et de renforcer les liens du Liban avec son environnement arabe, car cela a des répercussions directes sur la stabilité économique et sociale, ainsi que sur des milliers de familles libanaises.

Le patriarche al-Raï a affirmé que « la paix et la stabilité constituent une entrée fondamentale pour sauver le Liban et protéger ses enfants et arrêter le déversement de la migration », ajoutant qu’il était « important de poursuivre les efforts visant à neutraliser le Liban face aux conflits », et insistant sur le fait qu’« après avoir consolidé la paix, il faut continuer à agir au niveau international et porter la question de la neutralité du Liban devant l’ONU ».

Après la réunion, Élie Mhanna a tenu une déclaration dans laquelle il a affirmé « l’importance du soutien de Bkerki au président de la République », disant : « Hizbullah dit : je ne remettrai pas mes armes, et Israël dit : je ne me retirerai pas avant d’avoir traité la question des armes de Hizbullah. Les négociations s’arrêtent, et le Liban reste coincé entre deux positions. Mais ici, nous devons nous arrêter à un point fondamental, car placer les deux parties sur un pied d’égalité peut donner une impression trompeuse sur l’origine du problème et la responsabilité de chacune. Le problème commence par la présence d’un arsenal en dehors de l’État, et par la décision claire de Hizbullah de ne jamais renoncer volontairement à ces armes. Ce n’est pas un détail dans l’équation, ni une simple opinion politique pouvant être contournée dans les compromis. C’est un défi direct à l’idée même de l’État, et à son droit exclusif de décider de la guerre et de la paix. Dire que les armes de Hizbullah existent parce qu’Israël existe, et qu’Israël maintient sa présence parce que les armes de Hizbullah existent, c’est décrire un cercle dangereux, mais cela ne doit pas se transformer en équation qui excuse celui qui a instauré la dualité des armes et des décisions, ou qui égale la logique de l’État à celle de la milice. Oui, l’occupation israélienne sur le sol libanais doit cesser, et le Liban doit être maître absolu de chaque centimètre de son territoire. Mais en même temps, il doit cesser toute existence d’armes en dehors de l’autorité de l’État. Et aucune ne doit être le prix de l’autre. Le retrait d’Israël ne doit pas être le prix du maintien des armes de Hizbullah, tout comme la remise des armes de Hizbullah ne doit pas être le prix permanent de la présence d’Israël sur le sol libanais. Les deux voies doivent être claires et distinctes : une souveraineté libanaise complète, une décision unique concernant la guerre et la paix entre les mains de l’État seul. Et surtout, soyons honnêtes avec les Libanais : si l’acteur armé déclare d’avance qu’il ne remettra pas ses armes, alors les négociations ne rencontrent pas seulement une intransigeance israélienne, mais aussi une réalité libanaise plus grave : une milice refusant de renoncer librement à ses armes, et souhaitant rester partie intégrante de l’équation régionale, même au prix de la paralysie continue de l’État. Ici réside la responsabilité principale de Hizbullah, non pas parce qu’Israël est exempt de ses responsabilités, ni parce qu’un occupant peut être justifié, mais parce que la construction de l’État suppose la fin de tout organisme armé conservant une décision indépendante de ses institutions.

Il a ajouté : « Si le Liban reste coincé entre “je ne remettrai pas” et “je ne me retirerai pas”, ce n’est pas une solution, c’est un blocage ouvert menant à davantage de pertes. La question véritable n’est plus seulement qui commencera en premier ? Mais pourquoi demande-t-on au Liban de rester otage d’une équation où un seul acteur armé possède la capacité de briser un des piliers les plus importants ? Encore plus dangereux serait d’arriver à un jour où l’État sera incapable d’imposer sa souveraineté, tandis que la persistance du conflit deviendra un motif permanent pour la conservation des armes, et que la conservation des armes devienne elle-même un motif permanent pour maintenir la menace et l’occupation. Par conséquent, le Liban n’a pas besoin d’un marché entre sa souveraineté et les armes de la milice, ni d’attendre que l’un des deux côtés règle le problème de l’autre. Le Liban a besoin d’un seul État, d’une seule décision, d’une seule armée sous l’autorité de l’État, et d’un territoire libanais sans aucune présence étrangère. Du Deir el-Kamar, je m’adresse à Sa Majesté le Président de la République.

Élie Mhanna s’est adressé au président de la République : « Majesté, nous avons confiance en vous et dans ce que vous entreprenez, et nous savons que la responsabilité de cette heure historique repose entre vos mains. Continuez vos efforts, persévérez, avancez, étendez la démarche libanaise au-delà de toute limite, n’oubliez aucune porte que vous pouvez frapper, aucun chef-lieu que vous pouvez atteindre, aucune opportunité que vous ne pouvez transformer en fenêtre pour le Liban. Si sauver le Liban exige que vous restiez en vol, d’un pays à l’autre, d’une capitale à l’autre, jusqu’à trouver une formule qui mette fin à ce blocage et ouvre la voie à la paix, allez-y. Nous ne vous demandons pas une étape précise, nous avons confiance en vos démarches. Faites ce que vous jugez approprié, et nous sommes derrière vous. Bkerki est avec vous, les gens sont avec vous, les partis sont avec vous. C’est une heure qui n’a pas besoin d’attente, mais de courage pour créer ce que les autres n’ont pas pu créer. Majesté, avancez là où vous voyez l’intérêt du Liban, allez plus loin que ce que les autres attendent, le Liban vous attend pour vous ouvrir la voie vers une paix véritable.

Centre de recherche et de développement éducatif

Par la suite, le patriarche a reçu une délégation du Centre de recherche et de développement éducatif, avec laquelle il a évoqué la situation éducative et les défis auxquels le secteur de l’enseignement est confronté au Liban, dans le contexte économique et social actuel.

La réunion a mis l’accent sur l’importance du développement des programmes scolaires et de l’adaptation aux nouvelles besoins éducatifs, ainsi que sur le renforcement du rôle de l’école dans l’éducation des générations aux valeurs nationales et humaines, à la culture de la citoyenneté et de la coexistence. Il a été souligné que la relance du Liban commence par l’éducation, et que la préservation du niveau de l’enseignement et le soutien aux institutions éducatives et à la famille éducative sont essentiels pour garantir aux jeunes générations leur droit à une éducation de qualité ouvrant devant eux des perspectives d’avenir.

Association pour le développement économique du Chouf

Le patriarche a également reçu une délégation de l’Association pour le développement économique du Chouf, présidée par le poète Antoine Saâda, qui a remercié Son Éminence pour l’accueil, transmettant ses salutations au cheikh de la communauté druze unitaire, Cheikh Sami Abi al-Manné.

L’association a affirmé qu’elle regroupe les enfants d’environ quarante villages du Chouf, issus de différentes confessions et orientations, reflétant ainsi l’esprit de coopération et de coexistence caractéristique de la région.

Le président de l’association, Fadi Chami, a parlé de l’importance de consolider la paix et la stabilité au Liban et du rôle de l’armée dans la protection du pays, tandis que plusieurs écrivains, penseurs et membres de l’association ont présenté leurs ouvrages à Son Éminence.

Délégation des retraités

Le patriarche a également rencontré une délégation des retraités, avec laquelle il a abordé les conditions sociales et matérielles auxquelles ils sont confrontés dans le cadre de la crise économique, de la baisse du pouvoir d’achat et des conséquences qu’elle a laissées sur leur vie et celle de leurs familles.

Le rendez-vous a confirmé la nécessité de préserver les droits des retraités qui ont passé de longues années au service de l’État et des institutions publiques, et de travailler à assurer les conditions d’une vie décente pour eux, afin de préserver leur dignité et reconnaître ce qu’ils ont apporté durant leurs années de service.

Colonel Edgar Loundes

Le patriarche a reçu le directeur général de la Sûreté générale, le colonel Edgar Loundes, accompagné de membres de la direction, en présence de l’évêque Elias Nassar, vice-préfet patriarcal général.

La rencontre a porté sur la situation sécuritaire et sociale, notamment les charges croissantes pesant sur les Libanais à l’approche de la nouvelle année scolaire.

Le colonel Loundes a affirmé que « le dispositif de la Sûreté générale continue d’assumer ses responsabilités et de produire des résultats dans la lutte contre la corruption, malgré les ressources limitées et les besoins auxquels les forces de sécurité font face ».

Il a insisté sur le fait que « la lutte contre la corruption et la pratique de la corruption ne se mesure pas à la valeur de l’infraction, mais au principe et à la nécessité de respecter la loi et de ne pas tolérer son application laxiste », tandis que l’évêque Nassar a salué le rôle joué par le dispositif de la Sûreté générale et les résultats obtenus dans la lutte contre la corruption, ainsi que dans la renforcement du sentiment d’apaisement et de confiance des citoyens envers les institutions.

À son tour, le patriarche al-Raï a souligné l’impact de la crise économique sur les Libanais, affirmant que « les gens sont épuisés », tandis que le colonel Loundes a félicité Son Éminence pour la béatification du patriarche Elias Boutros al-Hawwa.

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