Liban
Le cardinal Mar Bechara Boutros Raï appelle à garder l'espérance au Liban face aux difficultés persistantes, lors de la clôture du synode des évêques maronites.

Le patriarche maronite, le cardinal Mar Bechara Boutros Raï, a présidé la messe de clôture du synode des évêques maronites dans l'église de Notre-Dame, au siège patriarcal de Bkerké. La cérémonie s’est déroulée en présence de l’ambassadeur du Saint-Siège, Mgr Paolo Borgia, ainsi que des évêques de la communauté au Liban et dans la diaspora. Après la lecture de l’Évangile, le patriarche a prononcé une homélie intitulée : « Vous aurez des tribulations dans le monde. Mais prenez courage, j’ai vaincu le monde » (Jean 16,33).
Il a déclaré : « À l’issue du synode des évêques de notre Église maronite, nous regardons avec gratitude les jours que nous avons vécus ensemble dans l’exercice spirituel, la prière, la méditation et le dialogue fraternel. Ces journées de grâce nous ont permis d’examiner la situation de notre Église, de réfléchir à sa mission et de revisiter nos responsabilités pastorales, nationales et sociales dans un esprit synodal. Aujourd’hui, chacun retourne à son diocèse et à son ministère, auprès de son peuple, de ses préoccupations et des défis quotidiens. Chaque diocèse a ses particularités, chaque pasteur ses responsabilités, ses questions et ses occupations. Mais nous ne revenons pas comme nous sommes partis ; nous revenons avec une confiance renouvelée en Dieu, un espoir ravivé dans le Christ qui ne délaisse pas son Église, et une conviction renforcée que le Christ continue de guider son Église en toutes circonstances. C’est pourquoi nous ne craignons pas les épreuves ni ne reculons devant les difficultés, mais nous portons avec nous le fruit de ces jours bénis et repartons au service avec un esprit plus fort et une détermination accrue. Nous puisons notre force dans la parole du Christ : “Vous aurez des tribulations dans le monde. Mais prenez courage, j’ai vaincu le monde” (Jean 16,33). »
Le patriarche a souligné que « le message que l’Évangile nous adresse aujourd’hui est celui de la persévérance dans l’espérance. Le Christ ne demande pas à ses disciples de nier l’existence des tribulations, mais de les vivre avec un esprit différent. Les épreuves peuvent survenir dans le service, la responsabilité, le témoignage de la vérité ou face aux défis du temps. Le croyant ne mesure pas les choses à l’aune de la difficulté, mais à celle de la présence de Dieu dans sa vie et de l’espérance qu’il puise dans le Christ ressuscité. Notre peuple attend de nous une parole d’espérance, il désire voir en ses pasteurs une constance, une foi et une confiance. Notre responsabilité ne se limite donc pas à la gestion des affaires pastorales, elle inclut aussi d’être des signes vivants d’espérance en une époque marquée par la peur et les troubles, et de toujours pointer vers le Christ, source de cette espérance. »
Il a ajouté : « Chaque fois que nous célébrons les sacrements, nous nous rappelons que le Christ ressuscité est présent au milieu de son Église, la guidant, la soutenant et lui donnant la force. De sa présence naît l’espérance qui nous maintient dans l’épreuve et renouvelle notre élan dans le service. Ainsi, la clôture du synode n’est pas une fin de parcours, mais le début d’une nouvelle étape où nous abordons notre mission avec un cœur plus rempli de grâce et de confiance. Dans cet esprit, nous portons les grâces reçues vers la réalité de notre peuple et de notre pays, où le témoignage vivant du Christ est plus que jamais nécessaire. En regardant la situation du Liban et de la région, nous constatons que la parole de l’Évangile touche directement notre réalité. Le Liban subit de fortes pressions continues. Les guerres absurdes, les agressions et les violations se répètent, tandis que les conditions politiques, économiques et sociales pèsent toujours lourdement sur les citoyens. Beaucoup s’interrogent sur la direction de ce chemin et sur la fin de cette spirale de crises qui épuisent les populations et les familles. Pourtant, au cœur de ce tableau, nous ne perdons pas l’espérance. Malgré les grandes difficultés dans notre pays, nous portons la confiance et restons forts dans l’espérance en Christ, vainqueur de la peur et du désespoir. Cette espérance ne repose pas sur des calculs humains, mais sur notre foi que Dieu ne délaisse pas son peuple et qu’il agit même au cœur des épreuves. »
Le patriarche a conclu en affirmant que « malgré ses blessures, le Liban porte toujours un grand message. L’Église demeure appelée à être la voix de la conscience, de la vérité et de l’espérance. À travers ce synode, nous renouvelons notre engagement à rester aux côtés de notre peuple, à partager ses douleurs et ses aspirations, à défendre sa dignité et ses droits, et à le soutenir dans sa marche vers un avenir meilleur. Le plus grand danger qui menace les nations n’est pas la multiplication des épreuves, mais la perte de l’espérance. Lorsque l’espérance demeure vivante et enracinée dans le Christ, la possibilité de se relever subsiste. C’est pourquoi nous poursuivons la prière et le travail, en espérant le succès de tous les efforts visant à protéger le Liban, à renforcer sa stabilité et à l’éloigner des dangers. Face à tous ces défis, notre devoir est de fixer notre regard sur le Seigneur, source de notre force et de notre espérance, et de conclure notre parcours dans la prière et la confiance, en élevant la gloire à la Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, maintenant et toujours, amen. »



