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Le président Aoun : Les Libanais ont choisi l'État et ses institutions au détriment de tout autre choix

Le président libanais Michel Aoun affirme que le Liban a fait le choix clair de l'État, dont les institutions militaires et sécuritaires sont seules responsables de sa protection, de sa souveraineté et de son stabilité. Il appelle à saisir cette opportunité historique d'un soutien régional et international sans précédent.

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Le président Aoun : Les Libanais ont choisi l'État et ses institutions au détriment de tout autre choix
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Le président de la République, le général Joseph Aoun, a affirmé que le Liban et les Libanais avaient choisi l'État, et que la protection du Liban, sa souveraineté et sa stabilité étaient une responsabilité exclusive des institutions militaires et sécuritaires, exhortant les amis et partenaires du Liban à accompagner ce choix, « que nous avons commencé à traduire sur le terrain », et considérant qu'il s'agissait « pour la première fois, d'un écho et d'un soutien régionaux et internationaux à l'initiative intérieure libanaise de construction de l'État », ajoutant qu'il fallait « en tirer le meilleur parti ».

Lors de la réunion préparatoire à la conférence internationale de soutien à l'armée et aux forces de sécurité intérieure, tenue cet après-midi au château d'Anvalide à Paris dans le cadre de l'initiative de Al-Quwayra, le président Aoun a demandé de sortir de la réunion avec une feuille de route claire pour la conférence et un calendrier précis pour son organisation, estimant que « le processus de Al-Quwayra nous fournit un cadre important pour rassembler les partenaires, coordonner les efforts et définir ensemble les besoins et priorités ».

En soulignant les transformations attendues concernant la présence de la Force de l'ONU au Liban (UNIFIL) et son rôle dans le sud, il a jugé que cela devait être organisé et planifié, afin d'éviter tout vide sécuritaire, mais plutôt renforcer la présence de l'État et de ses institutions sur le terrain, notamment l'armée.

Le président de la République a insisté sur le fait que le soutien international devait aller de pair avec les plus hauts niveaux de transparence et de reddition de comptes, et que l'État libanais, dès qu'il retrouvera ses capacités financières, devrait assumer une part croissante du financement de ses institutions militaires et sécuritaires.

Il a rappelé que la formule tripartite conclue avec Israël visait à mettre fin à la guerre et à passer à une nouvelle phase de sécurité et de stabilité, insistant sur le fait que les accords ne réussissent pas seulement par leur signature, mais par leur respect et leur mise en œuvre par toutes les parties. Il a affirmé que le Liban avait tenu ses engagements, mais que la consolidation de ces engagements et la stabilité ne pouvaient se réaliser tant qu'Israël poursuivait ses agressions et ses violations, ainsi que l'occupation de parties du territoire libanais. Il a appelé ses amis et partenaires à aider à appliquer intégralement les accords conclus, et à traiter la souveraineté du Liban et l'intégrité de ses terres comme un principe fixe, non sujet à sélection.

Présences et ouverture

La réunion a vu la participation du président français Emmanuel Macron et du roi jordanien Abdallah II, ainsi que des représentants des États-Unis, dirigés par le général Joseph Clift, chef de la mission de coordination militaire spéciale pour le Liban, des ambassadeurs américain à Beyrouth, Michel Ayyoub, et français, Patrick Doury, ainsi que des représentants du Canada, de plusieurs pays arabes, de l'Union européenne et d'institutions internationales.

Le commandant de l'armée, le général Rodolfo Hikkel, était présent à la tête d'une délégation de l'institution militaire, ainsi que le directeur général des forces de sécurité intérieure, le colonel Rida Abdullah, et des chefs d'armées, des chefs d'état-major et des ambassadeurs de plusieurs pays.

Discours du président français

Le président français a ouvert la réunion par un discours dans lequel il a souligné l'importance de consolider l'autorité de l'État libanais sur l'ensemble de son territoire, indiquant qu'il existait aujourd'hui une opportunité de ramener la sécurité au Liban, insistant sur la nécessité de respecter l'accord-cadre par Israël, et précisant qu'il entamerait des contacts avec le président américain Donald Trump et la direction américaine pour concrétiser cette question et s'assurer que l'État israélien respecte ses engagements.

Le président Macron a affirmé que cela signifiait d'abord, l'achèvement du retrait progressif des territoires occupés, permettant à l'État libanais de reprendre le contrôle, et deuxièmement, simultanément, la création des conditions pour que les forces armées libanaises et l'armée libanaise puissent prendre la direction des opérations, les aidant à atteindre cet objectif, notamment par le renforcement de leurs capacités. Il a déclaré : « Le soutien à l'armée libanaise et son aide est essentiel pour remplacer la présence illégale d'Israël au sud du Liban. Nous devons aussi créer les conditions appropriées au Liban pour qu'il puisse reprendre sa souveraineté, reconstruire le sud et permettre aux Libanais de vivre en sécurité et dans de bonnes conditions. »

Dans son discours, le président Macron a abordé la question de la période post-UNIFIL, soulignant qu'il travaillait activement avec la Première ministre italienne pour cette transition, estimant que la fin du mandat des forces internationales au sud constituait une erreur majeure, et qu'il fallait « préparer notre propre journée suivante ». Il a insisté sur le fait qu'« aucune force internationale ne peut remplacer l'armée libanaise, et celles qui seront présentes ultérieurement au sud seront là pour soutenir l'armée libanaise qui accomplira sa mission et remplira ses obligations. »

Discours du roi jordanien

Le roi jordanien a prononcé un discours dans lequel il a insisté sur le fait que l'armée libanaise était le pilier de la sécurité et de la stabilité du Liban, soulignant que la confiance du peuple libanais en son armée constitue la base fondamentale pour le Liban. Il a estimé qu'il y avait une responsabilité partagée pour renforcer et doter rapidement l'armée libanaise des moyens nécessaires afin qu'elle puisse reprendre le contrôle des territoires libanais occupés au sud.

Il a appelé à renforcer la résilience de l'armée, à lui confier la direction des opérations, à lui donner la liberté de traiter les autres questions intérieures et à concentrer l'ensemble des armes entre les mains de l'État libanais.

Il a salué la préparation des militaires libanais, soulignant leur besoin d'outils pour renforcer la sécurité et protéger les frontières, de pièces détachées pour maintenir leurs équipements et combattre les drones, ainsi que pour surveiller l'espace aérien libanais, insistant sur la nécessité d'examiner rapidement la possibilité de combler les lacunes existantes.

Il a indiqué qu'une date limite serait fixée à la fin de cette année pour présenter un bilan des progrès réalisés.

Discours du président Aoun

Voici le texte intégral du discours du président Aoun :

« Votre Majesté,

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les représentants des États et des délégations amies,

Chers amis,

Je tiens tout d'abord à remercier Sa Majesté le roi Abdallah II et la Jordanie hachémite pour cette initiative, et pour le rôle qu'elle joue à travers le processus de Al-Quwayra dans la mobilisation des partenaires et le renforcement de la coordination au service de la sécurité, de la stabilité et des institutions légitimes du Liban.

Je tiens également à remercier, au nom de tous les Libanais, le président Emmanuel Macron et la République française pour avoir accueilli cette réunion, et pour leur soutien constant au Liban.

Je remercie également tous les États amis réunis aujourd'hui, qui ont prouvé, dans les moments les plus difficiles, leur engagement en faveur de la sécurité, de la stabilité et de la souveraineté du Liban.

Nous nous réunissons aujourd'hui pour préparer une conférence de soutien à l'armée libanaise et aux forces de sécurité intérieure, dans une étape décisive de l'histoire du Liban et de la région.

Le Liban vit actuellement une guerre dévastatrice, dont son peuple paie un lourd tribut avec plus de quatre mille morts, dont 399 femmes et 261 enfants, tandis que son sol, ses villes et ses villages subissent une destruction systématique.

Les équipes médicales et humanitaires, les journalistes, les institutions de l'État, les lieux de culte ne sont pas épargnés par les attaques israéliennes, qui ont même touché les forces de maintien de la paix des Nations Unies, violant gravement le droit international humanitaire.

Cependant, parallèlement à cette situation tragique, une volonté claire existe aujourd'hui pour reconstruire l'État, restaurer le rôle de ses institutions et poursuivre les réformes nécessaires au pays, un parcours auquel l'État s'engage pleinement.

Parallèlement, la région connaît des transformations profondes qui, si elles sont bien gérées, pourraient offrir une opportunité de construire un nouveau modèle, différent de celui que nous avons connu pendant les décennies passées.

Pour la première fois, cette volonté intérieure libanaise de construire l'État trouve un écho et un soutien régionaux et internationaux.

Cette opportunité pourrait ne pas durer longtemps. C'est pourquoi nous devons en tirer le meilleur parti.

Notre objectif n'est pas de gérer une nouvelle crise, mais de saisir ce moment pour placer le Liban sur une trajectoire différente, fondée sur un État fort et des institutions efficaces.

C'est précisément ici que réside l'importance cruciale de l'armée libanaise et des forces de sécurité. Le Liban a pris une décision claire : celle de l'État.

Un État qui étend son autorité sur l'ensemble de son territoire, qui protège ses frontières et son peuple, qui est seul maître de décision en matière de guerre et de paix, et qui détient exclusivement le monopole de la possession des armes.

L'armée libanaise est la pierre angulaire de la protection de la souveraineté du Liban, et l'outil sur lequel l'État compte pour exercer son autorité sur l'ensemble de son territoire.

Cela n'est pas une exigence imposée par la communauté internationale au Liban. C'est d'abord un choix libanais, un intérêt national, et un élément fondamental pour construire un État digne des Libanais.

Le Liban a déjà commencé à traduire ce choix sur le terrain.

La formule tripartite conclue avec Israël sous la médiation des États-Unis et avec le soutien des pays arabes et européens amis vise à mettre fin à la guerre et à passer à une nouvelle phase de sécurité et de stabilité.

Mais les accords et les compromis ne réussissent pas uniquement par leur signature, mais par leur respect et leur mise en œuvre par toutes les parties.

Et le Liban a tenu ses engagements.

Quant à la consolidation de cet engagement et à la consolidation de la stabilité, elle ne peut se réaliser tant que perdurent les agressions et les violations israéliennes, ainsi que l'occupation de parties du territoire libanais.

De nos amis et partenaires, nous demandons une position claire : aider à appliquer intégralement les accords conclus, et traiter la souveraineté du Liban et l'intégrité de ses terres comme un principe fixe, non sujet à sélection.

Tandis que nous demandons cette position, nous le faisons pour un peuple qui a, encore et encore, prouvé sa capacité à résister face aux circonstances les plus difficiles. Mais il ne faut pas que cette résilience devienne une excuse pour accepter comme normal son souffrance.

Les Libanais ont le droit de vivre en sécurité et en paix, et d'avoir un État capable de les protéger et de les servir.

Aujourd'hui, le rôle de l'armée s'élargit et son importance grandit, sur tout le territoire libanais, particulièrement dans le sud :

Dans le sud, elle doit renforcer la présence de l'État, étendre son autorité et protéger la stabilité, malgré la persistance des agressions et des violations israéliennes.

À la frontière, elle doit faire face au trafic et à tout ce qui menace la sécurité et la souveraineté du Liban.

Dans l'intérieur, elle doit maintenir la sécurité et la stabilité, combattre le terrorisme, la criminalité organisée et le trafic de drogues, et protéger les institutions et les infrastructures essentielles.

Avec les transformations prévues concernant la présence de l'UNIFIL et son rôle dans le sud, les responsabilités de l'armée s'accentuent et s'approfondissent.

Cette transition doit être organisée et planifiée, afin d'éviter tout vide sécuritaire, mais plutôt renforcer la présence de l'État et de ses institutions sur le terrain, notamment l'armée libanaise.

Ces responsabilités croissantes ne sont pas nouvelles pour l'armée. Au cours des dernières années, son rôle a dépassé ses missions militaires traditionnelles, étant présente lors des guerres, crises, catastrophes et urgences, dans les opérations de secours et d'aide humanitaire, la protection des institutions et des infrastructures essentielles, et le soutien aux citoyens.

Je connais bien cette institution.

J'ai passé de nombreuses années au sein de ses rangs, j'ai vécu avec ses officiers et soldats les défis et les conditions difficiles, et j'ai observé de près leurs sacrifices et leur engagement envers leur pays et leur peuple.

Le monde voit aujourd'hui ce que l'armée réalise malgré ses ressources limitées.

Ce qu'elle réalise avec peu pourrait être multiplié par dix si les ressources nécessaires étaient disponibles.

Mais cette responsabilité ne pèse pas uniquement sur l'armée. Les forces de sécurité intérieure jouent un rôle fondamental dans le maintien de l'ordre, l'application de la loi, la lutte contre la criminalité et la protection des citoyens et des institutions.

L'armée, les forces de sécurité intérieure et les autres organismes de sécurité remplissent des rôles différents mais complémentaires, et il est impossible de renforcer l'autorité de l'État sans institutions militaires et sécuritaires fortes, actives et présentes sur l'ensemble du territoire libanais.

Nos institutions militaires et sécuritaires ont prouvé, malgré la crise sévère qui a affecté les salaires de leurs éléments et leurs conditions de vie, leur capacité à maintenir leur cohésion, leur discipline et la confiance du peuple libanais.

Ces institutions ont tenu bon, et notre mission aujourd'hui est de les aider à passer de la simple résilience à la construction des capacités requises pour la phase à venir.

Renforcer ces institutions est d'abord une responsabilité libanaise, mais cela nécessite aussi un accompagnement et un soutien internationaux.

Le Liban n'est pas venu aujourd'hui demander à ses partenaires de supporter ses responsabilités.

Nous assumons nos responsabilités : dans les décisions politiques, dans les réformes économiques et financières, et dans la reconstruction des institutions de l'État et le renforcement de leur présence et de leur efficacité.

Ce que nous demandons à nos amis, c'est qu'ils accompagnent ce chemin, et qu'ils soutiennent nos institutions militaires et sécuritaires avec les ressources nécessaires pour faire face aux responsabilités croissantes qui leur incombent.

C'est aussi un investissement qui dépasse les frontières du Liban.

La stabilité du Liban fait partie de la stabilité de la région.

Les années passées ont prouvé que les conséquences de la faiblesse de l'État au Liban ne se limitent pas à ses frontières, et qu'un vide sécuritaire peut rapidement devenir une source d'instabilité plus large pour la région.

Chers amis, notre réunion d'aujourd'hui est une réunion préparatoire, mais elle doit aboutir à des résultats concrets.

Le processus de Al-Quwayra nous offre un cadre important pour rassembler les partenaires, coordonner les efforts et définir ensemble les besoins et les priorités.

Je vous lance donc une invitation claire : sortir de la réunion de Paris avec une feuille de route pour la conférence internationale de soutien à l'armée et aux forces de sécurité intérieure, et un calendrier précis pour son organisation. Cette feuille de route doit servir de base à une approche à long terme pour le soutien à nos institutions militaires et sécuritaires.

Le Liban ne cherche pas des aides ponctuelles et dispersées ni des solutions temporaires, mais une coopération à long terme, claire dans ses engagements et sa continuité, qui permettra à nos institutions militaires et sécuritaires de planifier et de développer leurs capacités, plutôt que de gérer leurs besoins entre une crise et une autre.

Nous sommes attentifs à ce que ce soutien soit associé aux plus hauts niveaux de transparence et de reddition de comptes.

Prêts à collaborer avec nos partenaires sur une mécanisme clair et transparent, qui définisse les priorités, suive l'exécution des engagements, garantisse l'arrivée du soutien là où il est nécessaire, et permette de mesurer ses résultats et son impact.

Nous voulons que chaque partenaire sache ce qu'il finance, pourquoi, et ce qui a été accompli grâce à ce soutien.

Nous comprenons également que la responsabilité de soutenir nos institutions militaires et sécuritaires ne peut rester uniquement sur les épaules de nos amis.

L'État libanais, dès qu'il aura retrouvé ses capacités financières, doit assumer une part croissante du financement de ses institutions militaires et sécuritaires.

Honorés invités,

Le Liban se trouve aujourd'hui face à une véritable opportunité de changer le cours des décennies d'instabilité, et de faire du paix et de la sécurité un choix permanent, et non pas simplement une trêve entre deux guerres.

Les Libanais ont pris leur décision.

Ils ont choisi l'État,

Ils ont choisi ses institutions,

Ils ont choisi que la protection du Liban, sa souveraineté et sa stabilité soient la responsabilité exclusive des institutions militaires et sécuritaires de l'État.

Nous ne nous contentons pas de parler, nous avons déjà commencé à prendre des décisions difficiles et à les appliquer sur le terrain.

Aujourd'hui, nous demandons à nos amis et partenaires de suivre ce choix.

Ce que nous demandons à chacun n'est pas seulement un soutien à une institution, mais un investissement dans le succès de l'État libanais et dans la stabilité de la région.

Comme les retombées du succès du Liban ne resteront pas limitées à ses frontières, les conséquences de son échec non plus.

Si nous ne réussissons pas ensemble à saisir cette opportunité aujourd'hui, elle ne se présentera peut-être plus demain.

C'est un moment de décision, pas un moment d'attente !

Merci à vous. »

Par la suite, les participants ont examiné les moyens de soutenir l'armée et les forces de sécurité intérieure, et ont entendu à cet effet des rapports et des idées concrètes.

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