Liban
Après l'accord cadre entre le Liban et Israël, les médias israéliens évoquent un possible conflit interne au Liban lié aux tensions avec le Hezbollah.

Le président du Parlement libanais, Nabih Berri, a appelé ses compatriotes à la retenue face à ce qu'il qualifie de "fitna" (discorde), en déclarant : "Ô mes compatriotes du Liban tout entier, c’est la fitna… Dans la fitna, sois comme le fils du citronnier, ni un dos pour être monté, ni une mamelle pour être tétée".
Une vague de soulagement s’est emparée des médias israéliens après l’annonce, vendredi soir, d’un accord cadre entre le Liban et Israël sous l’égide américaine.
Les chaînes 12 et 13 ainsi que le journal Yedioth Ahronoth ont rapidement invité plusieurs analystes militaires et politiques. Certains ont qualifié cet accord d’"excellent" et de "pas stratégique réussi", soulignant qu’il établit un équilibre entre le retrait israélien du Sud et le démantèlement des capacités militaires du Hezbollah par l’armée libanaise.
Dans une analyse marquante, un expert militaire de la chaîne 13 a avancé la possibilité d’un conflit interne au Liban, estimant que l’État hébreu pourrait tirer profit d’une confrontation entre les institutions officielles et le groupe armé. Selon lui, ce scénario "aurait peut-être été planifié dès le départ".
Plus tôt dans la journée, Nabih Berri avait renouvelé son avertissement contre la "fitna", exhortant au calme : "Ô mes compatriotes du Liban tout entier, c’est la fitna… Dans la fitna, sois comme le fils du citronnier, ni un dos pour être monté, ni une mamelle pour être tétée".
Cette mise en garde intervient alors que le climat politique libanais est marqué par une polarisation et une tension accrues, avec des partisans du Hezbollah qui ont manifesté dans les rues de Beyrouth vendredi soir pour protester contre les décisions gouvernementales.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, dans un discours enregistré, a menacé de ne pas renoncer à maintenir la "ceinture de sécurité" – appelée aussi la ligne jaune – tant que le Hezbollah resterait armé. Il a conditionné le déploiement des forces libanaises dans certaines zones de la Békaa à des consultations avec l’armée israélienne, précisant que cette expérience débuterait dans deux secteurs pilotes, selon les médias israéliens.
Un scepticisme sur la capacité de l’armée libanaise
Dans ce contexte, le correspondant de la chaîne 12, Elmog Buchar, a exprimé des doutes quant à l’efficacité des mesures prévues, soulignant que leur succès dépendra du terrain, notamment de la capacité des unités de l’armée libanaise à opérer librement dans le Sud. Il a rappelé que le Hezbollah ne renoncerait pas à son arsenal et que le gouvernement de Beyrouth est incapable de le dissoudre.
Il a estimé qu’"en plus de la stabilisation américaine et libanaise sur la ligne jaune, Israël doit conserver sa liberté de mouvement".
Buchar a ajouté que cette liberté opérationnelle inclut le démantèlement de "toutes menaces émergentes, la neutralisation et la prévention de toute tentative du Hezbollah de restaurer sa puissance et son armement, et pas seulement la riposte aux attaques contre les soldats ou les localités".
De son côté, Yedioth Ahronoth a précisé que l’armée israélienne maintiendra sa présence dans la zone tampon nouvellement établie et ne quittera pas des positions comme la forteresse de Shaqif. Le retour des habitants libanais dans leurs domiciles ne se fera pas selon la formule actuelle, le gouvernement libanais étant tenu de détruire les infrastructures militaires dans les points identifiés, et toute extension du retrait dépendra de la réalisation des engagements selon l’évaluation de l’armée israélienne.
Par ailleurs, le président du conseil régional de Mateh Asher, Moshe Davidovich, a exprimé à la chaîne 12 son inquiétude quant à un retrait hâtif des troupes, jugeant que la présence de l’armée sur la ligne de front reste indispensable pour protéger les localités du Nord, en l’absence d’une force internationale capable d’imposer le désarmement. Il a estimé que le danger persistera tant que le Hezbollah conservera son implantation militaire.
Enfin, la radio officielle israélienne a lié le succès de cet accord à "la possibilité d’atteindre une paix globale avec l’État libanais", à condition que l’influence iranienne dans le pays prenne fin.
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