Liban
Les ministres de la Culture, de l’Information, de l’Éducation et de la Jeunesse ont inauguré un forum dédié à la cohésion sociale à la Bibliothèque nationale.

Hier s’est tenu le forum intitulé « Cohésion sociale : l’État et la responsabilité partagée », organisé conjointement par les ministères de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, de la Jeunesse et des Sports, de l’Information et de la Culture. Cette rencontre visait à promouvoir le dialogue sur la citoyenneté et la cohésion sociale, ainsi qu’à renforcer les valeurs de participation, d’appartenance et de responsabilité collective. L’événement s’est déroulé à la Bibliothèque nationale - Les Artisans, en présence du ministre de la Culture, le Dr Ghassan Salameh, du ministre de l’Information, Paul Marqus, de la ministre de la Jeunesse et des Sports, Nora Biraqdarian, du directeur général du ministère de l’Éducation, Fadi Yarak, de la présidente du Centre pédagogique de recherche et de développement, Dr Hayam Ishaq, ainsi que de plusieurs personnalités culturelles, universitaires, médiatiques et d’étudiants participants.
La cérémonie a débuté par l’hymne national, suivi d’un mot de bienvenue prononcé par Haya Baytar, directrice de l’initiative pour la cohésion sociale. Elle a déclaré : « Notre forum aujourd’hui porte sur la cohésion sociale : l’État et la responsabilité partagée, car nous sommes convaincus que malgré toutes les différences et les défis, ce qui nous unit en tant que Libanais est bien plus fort que ce qui nous divise. Nous nous réunissons car le Liban a aujourd’hui plus que jamais besoin de dialogue, de construire la confiance et de créer des espaces qui rassemblent autour d’un objectif commun : bâtir une société cohérente, solidaire et capable de relever ses défis ensemble. La présence de chacun d’entre vous ici n’est pas un hasard. »
Le ministre Ghassan Salameh a ouvert son intervention en exprimant sa fierté et sa joie d’accueillir plusieurs de ses collègues du Conseil des ministres, à savoir le ministre de l’Information, la ministre de l’Éducation et de la Jeunesse. Il a affirmé que « le ministère de la Culture s’inscrit pleinement dans leur projet visant à renforcer la cohésion sociale, un projet nécessaire, utile et arrivé à point nommé », soulignant que son ministère se considère comme une partie intégrante de ce parcours national.
Salameh a précisé que la contribution du ministère de la Culture à la cohésion sociale repose sur trois fonctions principales. La première est la protection de la mémoire nationale, tant matérielle qu’immatérielle. Le ministère œuvre à la sauvegarde des sites archéologiques et patrimoniaux, notamment en période de conflits, rappelant les efforts récents pour protéger des sites à Tyr, Chqif, Chmâa et d’autres régions affectées par des attaques. Il a ajouté que la responsabilité du ministère ne se limite pas à la conservation des monuments et bâtiments historiques, mais englobe aussi la préservation de la mémoire orale et de l’histoire sociale des Libanais.
Dans ce cadre, il a évoqué les initiatives organisées à l’occasion du cinquantième anniversaire du déclenchement de la guerre civile, qui ont rassemblé chercheurs, artistes, photographes et responsables, dont le Premier ministre et plusieurs ministres, afin de reconnaître les tragédies de cette période et d’affirmer la nécessité de les dépasser pour construire un avenir différent. Il a également mentionné l’événement commémorant le cinquième anniversaire de l’explosion du port de Beyrouth, qui a permis de reconnaître la responsabilité de l’État dans la négligence ayant conduit à cette catastrophe.
Le ministre a insisté sur le fait que le ministère continue de préserver la mémoire nationale à travers plusieurs sites historiques et archéologiques, de Tyr à Baalbek en passant par la vallée de Qadisha, tout en documentant l’histoire libanaise dans toutes ses étapes.
La deuxième fonction, selon Salameh, consiste à soutenir la relance économique via les industries culturelles et créatives. Il a indiqué que ces secteurs représentent environ 6,5 % de l’économie nationale et constituent la source de revenus pour environ 115 000 familles libanaises.
Il a souligné que le ministère œuvre à élargir les marchés des produits culturels libanais et à aider les créateurs et producteurs à exporter et à s’ouvrir à de nouveaux marchés, insistant sur le fait que ces industries ne génèrent pas de pollution environnementale ni ne nécessitent de matières premières rares, tout en bénéficiant d’une main-d’œuvre qualifiée au Liban.
La troisième fonction, d’après Salameh, est de maintenir le débat public vivant et de protéger l’espace du dialogue libre. Il a affirmé que le Liban conserve une large marge de liberté de pensée et d’expression.
Il a conclu en assurant que le ministère poursuivra ses efforts pour renforcer la cohésion sociale, consolider l’unité nationale et préserver la liberté d’expression.
Nora Biraqdarian, ministre de la Jeunesse et des Sports, a présenté la vision de son ministère pour renforcer la cohésion sociale à travers les activités et programmes destinés aux jeunes, saluant les efforts de la Première dame, Nemat Aoun, en collaboration avec le ministère de l’Éducation.
Elle a expliqué que le ministère a adopté une nouvelle approche basée sur le concept de « citoyenneté responsable » et a lancé une initiative qui a réuni plus de 250 jeunes hommes et femmes.
Les discussions ont permis d’identifier dix axes principaux, incluant la citoyenneté numérique, environnementale et sociale, précisant que ces thèmes correspondent aux objectifs de la cohésion sociale.
La ministre a affirmé que l’objectif est d’ouvrir le ministère à tous les Libanais, de renforcer le partenariat national et de consolider la cohésion sociale, en indiquant que les opinions des jeunes seront intégrées dans le plan national.
Paul Marqus, ministre de l’Information, a remercié le ministre de la Culture pour l’accueil de cette rencontre, insistant sur le fait que la diversité libanaise doit demeurer une richesse.
Il a précisé que le rôle de son ministère ne se limite plus aux médias traditionnels, mais englobe désormais la gestion des défis liés aux réseaux sociaux.
Marqus a indiqué que le ministère travaille sur un nouveau projet de loi sur les médias, qui prévoit la régulation des sites internet et la lutte contre les discours de haine et d’incitation.
Il a ajouté que des campagnes de sensibilisation contre les fausses informations ont été lancées en collaboration avec des organisations internationales, ainsi que la création d’un service de vérification des faits (Fact Check).
Il a conclu en appelant à la vérification des informations et au respect de la liberté d’expression.
La ministre de l’Éducation, Karamé, a salué l’initiative de réunir plusieurs ministères autour de la cohésion sociale, soulignant que l’école constitue le centre de l’action éducative.
Elle a indiqué que le ministère œuvre à renforcer la participation des élèves à la vie scolaire et à les associer à la prise de décision.
La ministre a insisté sur le fait que l’école doit être un lieu d’apprentissage, de valeurs et de vie commune, précisant que les nouveaux programmes visent à former des citoyens actifs.
Elle a conclu en soulignant l’importance des partenariats et du développement d’un environnement éducatif intégré favorisant la cohésion sociale.



