Liban
Le Premier ministre Nawaf Salam demande au Hezbollah de respecter ses engagements, notamment concernant l’application de l’accord de Taëf et la souveraineté sur le Sud-Liban.

Le Premier ministre Nawaf Salam a reçu une délégation de la Syndicat de la presse, conduite par le capitaine Aouni Kaaki. Lors de cette rencontre, il a répondu aux questions du groupe.
Concernant le processus des négociations, Salam a indiqué que le Liban a été informé de la cellule formée en Suisse, dont il fait partie, et dont l’objectif est de consolider le cessez-le-feu. Il a précisé que la démarche de Washington diffère de cette cellule. « Nous avons participé aux négociations à Washington car c’est la voie la moins coûteuse pour le Liban. Saurons-nous aboutir à un accord ? Personne ne peut prédire le résultat de négociations, mais nous savons clairement ce que nous en attendons, à savoir un retrait israélien complet », a-t-il déclaré.
Il a ajouté qu’« il n’est pas envisageable d’accepter la présence de cinq ou deux points d’occupation. Nous exigeons aussi la libération des prisonniers et la résolution des points en suspens à la frontière. En retour, nous sommes prêts à examiner les propositions sécuritaires israéliennes pour déterminer ce qui est acceptable ou non. Je ne suis pas pessimiste ».
Sur la question de la monopole des armes et de l’application de l’accord de Taëf, le Premier ministre a souligné qu’il s’agit d’un point incontestable. « L’accord de Taëf évoque le retrait israélien, les réformes et l’extension de l’autorité de l’État. Nous accusons un retard de 36 ans dans l’exercice de cette autorité et dans la mise en œuvre de plusieurs réformes depuis l’adoption de cet accord », a-t-il expliqué.
Salam a poursuivi : « Je ne demande au Hezbollah que de respecter ses engagements. Ce dernier s’était engagé, via le gouvernement de 2006 dont il faisait partie, à appliquer la résolution 1701 qui impose de compléter l’extension de l’autorité de l’État sur tout le territoire et de mettre en œuvre l’accord de Taëf, notamment en faisant du Sud du Litani une zone dénuée d’armes. En 2024, dans le gouvernement du président Najib Mikati, il a renouvelé cet engagement à travers un accord de cessation des hostilités qui précise que le monopole des armes appartient exclusivement à six entités habilitées à porter les armes. »
Il a précisé que cette limitation des armes ne vise pas à satisfaire Israël, mais constitue une question interne au Liban, reconnue et retardée depuis l’adoption de l’accord de Taëf.
Le Premier ministre a aussi rappelé que l’accord de Taëf constitue un ensemble cohérent qui a renouvelé le contrat social libanais et mis fin à la guerre, mais qui a été appliqué de manière sélective. « Son importance réside dans la fin du conflit, mais la décentralisation administrative n’a pas été mise en œuvre, pas plus que l’indépendance judiciaire. La suppression du confessionnalisme politique est inscrite comme un objectif national majeur nécessitant la création d’une instance nationale chargée de planifier et d’étudier sa mise en œuvre progressive, conformément à l’article 95 de la Constitution », a-t-il expliqué.
Il a insisté sur la nécessité de parachever l’application de l’accord de Taëf, de corriger les déviations constatées dans son exécution, de combler les lacunes apparues et de le faire évoluer si nécessaire.
Salam a rappelé que les négociations politiques se sont déroulées de 1975 à 1989, parfois par la force, jusqu’à l’accord de Taëf. « Nous n’avons pas besoin de nouvelles négociations pour appliquer cet accord. Les questions à traiter relèvent du Parlement ou du Conseil des ministres, institutions dont nous cherchons à restaurer le rôle. Parmi ces questions figurent le projet de loi sur la décentralisation administrative et d’autres réformes, mais nous ne négocierons pas l’application de l’accord de Taëf », a-t-il affirmé.
Sur la mission des forces internationales dans le Sud-Liban, Salam a indiqué que la nécessité d’une présence internationale demeure pour trois fonctions principales : surveillance, rapport et coordination. « Même si un accord avec Israël est conclu, ce rôle restera indispensable en raison de l’historique des relations », a-t-il ajouté.
Il a précisé que le secrétaire général des Nations unies a présenté trois options, mais que la décision finale revient au Conseil de sécurité. Ces options peuvent être adaptées selon les résultats des négociations et les arrangements militaires accompagnant le retrait israélien.
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