Coupe du Monde 2026
Stan Collymore explique pourquoi l'Angleterre peine à former un successeur à Harry Kane, alors que le buteur emblématique continue de dominer.

L’Angleterre ne semble pas disposer d’un successeur évident à Harry Kane dans son vivier national, un constat préoccupant détaillé par l’ancien attaquant de Premier League et des Three Lions, Stan Collymore, auprès de GOAL. Kane, toujours en activité, continue de réécrire l’histoire en tant que meilleur buteur de l’équipe nationale, mais la question se pose quant à l’avenir lorsqu’il ne sera plus là.
Kane, bientôt âgé de 33 ans, a exprimé son ambition d’égaler la longévité des légendes Lionel Messi et Cristiano Ronaldo. S’il poursuit sa carrière encore cinq ans, participant à plusieurs Championnats d’Europe et Coupes du Monde, de jeunes talents auront alors l’opportunité de s’affirmer et de prétendre à ce rôle prestigieux.
Pourtant, il est difficile d’identifier ces futurs talents. Le secteur offensif des équipes de jeunes anglaises manque cruellement de profondeur, tandis que Kane ne fait face à aucune concurrence sérieuse au niveau senior. Cette situation n’est pas propre à l’Angleterre. Dans les années 1990, le football anglais regorgeait d’attaquants prolifiques, avec des joueurs comme Alan Shearer, Ian Wright, Andy Cole ou Robbie Fowler en Premier League. Depuis, quelques étoiles ont émergé, mais en 2026, Erling Haaland, joueur de Manchester City, apparaît comme une exception notable.
Interrogé sur la tendance mondiale à la raréfaction des attaquants de pointe puissants, à l’image de Kane, Robert Lewandowski, Karim Benzema ou Luis Suarez arrivant en fin de carrière, Stan Collymore a déclaré, en partenariat avec BetWright football betting : « Je pense que depuis 15 ou 20 ans, la plupart des équipes jouent avec un trio offensif. J’ai parlé à beaucoup d’entraîneurs qui disent que personne ne veut être attaquant parce que personne ne veut de cette responsabilité. »
« Tous veulent être des ailiers capables de rentrer dans l’axe et de tirer, mais ils ne sont pas jugés sur leurs statistiques de but. Un attaquant de pointe est jugé sur une seule chose : les buts. »
Collymore a aussi évoqué l’adaptation d’Haaland à Manchester City : « À Dortmund, il courait souvent sur de longues distances pour devancer la défense et battre le gardien. À City, il doit simplement se placer dans la surface pour conclure. La majorité de ses buts sont des tap-ins, mais cela demande une discipline qu’il a su acquérir. »
Selon lui, le passage d’un système avec deux attaquants centraux et deux ailiers servant ces derniers à un système avec un seul avant-centre a contribué à cette évolution. « À mes débuts à Crystal Palace, si un ailier rentrait dans l’axe sans marquer, il se faisait sévèrement réprimander, car sa mission était de servir les deux attaquants. Aujourd’hui, il n’y a plus qu’un seul avant-centre, donc les responsabilités sont partagées. »
Il a souligné que des joueurs comme Dominic Calvert-Lewin, Danny Welbeck ou Liam Delap, initialement pressentis pour épauler Kane, n’ont pas confirmé leurs promesses, et que les équipes de jeunes manquent de profils d’attaquants. « C’est une tendance mondiale inquiétante. J’espère que dans cinq ou dix ans, le 4-4-2 avec deux attaquants fera son retour, forçant les défenseurs à s’adapter. »
Enfin, il a regretté cette pénurie de grands attaquants, que ce soit en Premier League ou en Coupe du Monde, la qualifiant de « désespérante ».
Pour la Coupe du Monde 2026, l’Angleterre a sélectionné Ollie Watkins d’Aston Villa et Ivan Toney d’Al-Ahli en tant que doublures derrière le capitaine Kane. Leur rôle exact reste à définir, tout comme l’avenir à long terme d’une équipe qui entamera sa quête de titre mondial face à la Croatie mercredi. Si Kane demeure l’un des meilleurs à son poste, la question demeure : qui, le cas échéant, prendra sa relève ?
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