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L’« épidémie de narcissisme » n’a jamais existé, selon méta-analyse

Une étude internationale menée par l’université de Vienne et publiée en 2025 conclut qu’il n’existe aucun soutien empirique à l’existence d’une hausse générationnelle du narcissisme depuis les années 1980.

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L’« épidémie de narcissisme » n’a jamais existé, selon méta-analyse
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Une méta-analyse internationale publiée en 2025 par Sandra Oberleiter et ses collègues de l’université de Vienne remet entièrement en cause l’idée d’une « épidémie de narcissisme » affectant les générations récentes. L’étude, qui couvre la période 1982–2023, analyse 1 105 travaux scientifiques impliquant près de 550 000 participants et plus de 1 600 comparaisons.

Les chercheurs ont utilisé la même mesure originale que les études antérieures — l’Inventaire de personnalité narcissique (NPI) — tout en élargissant significativement l’échantillon au-delà des seuls États-Unis. Ils ont segmenté les données selon la région géographique, le sexe, l’âge et la période (avant/après 2008), puis tenté de reproduire les résultats initiaux sur les échantillons américains. Aucune tendance cohérente n’a émergé : « il ne reste qu’un faible soutien à l’existence d’une épidémie de narcissisme à l’échelle mondiale au cours des dernières décennies », concluent-ils. Les différences observées avant et après 2008 se sont révélées « triviales ».

Cette absence de variation significative dans les scores de narcissisme remet en cause la validité des conclusions antérieures, notamment celles de Twenge et al. (2008), fondées principalement sur des étudiants américains. L’étude souligne que les effets initialement rapportés pouvaient résulter d’un biais méthodologique lié à la restriction géographique et démographique des échantillons.

L’analyse révèle également une association négative entre l’âge et les scores de narcissisme, particulièrement marquée aux États-Unis et dans certaines régions d’Océanie, y compris l’Asie du Sud-Est et l’Australie. Bien que ces données ne suivent pas les mêmes individus dans le temps, elles suggèrent que la maturité personnelle, plutôt que la génération de naissance, pourrait expliquer les variations observées — et que les étudiants universitaires ayant servi de base aux premières études n’avaient peut-être pas encore atteint un stade de développement où une réduction naturelle du narcissisme devient mesurable.

Enfin, les auteurs notent que des facteurs sociaux contemporains — comme la hausse du bénévolat, l’augmentation de l’anxiété et de la dépression chez les jeunes adultes, ou encore les comparaisons sociales induites par les réseaux numériques — pourraient contribuer à stabiliser ou légèrement réduire les niveaux de narcissisme, sans toutefois modifier de façon notable la trajectoire globale. Le narcissisme demeure une caractéristique humaine constante, mais son prétendu essor générationnel n’est pas étayé par les données disponibles.

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