Culture & société
Le vide intérieur rend difficile de ressentir de la joie ou de s'investir, notamment chez les personnes confrontées à l'addiction.

Le sentiment de vide complique grandement la capacité à s'investir ou à éprouver de la joie.
Ce phénomène, souvent associé à la solitude, à l'insatisfaction, à la déconnexion, à la dépression, à l'agitation ou à la lassitude, touche un nombre croissant de personnes aux États-Unis. Nombre d'entre elles éprouvent un manque de sens et de but dans leur existence, malgré la continuité apparente de leurs activités quotidiennes, qui semblent alors n’être qu’une routine vide de substance.
Il devient difficile pour beaucoup de manifester un véritable souci pour autrui ou pour eux-mêmes, car cela demande une concentration et un effort jugés trop importants. L'énergie nécessaire pour agir et provoquer un changement fait souvent défaut.
Dans ce vide intérieur, les pensées et les émotions résonnent, renforçant parfois le sentiment de solitude.
Ce phénomène est bien connu des personnes ayant souffert d’addiction. Sous l’emprise de celles-ci, elles ont pu se sentir vidées, ou bien ce sentiment de vide existait déjà avant leur consommation, laquelle pouvait alors apparaître comme une échappatoire temporaire.
Pour d’autres, le sentiment d’être plein et entier a pu exister à un moment donné, avant que l’addiction ne les épuise progressivement, les réduisant à une coquille de leur ancien soi.
Ce vide peut se traduire par une douleur sourde ou une douleur aiguë, entre lesquelles on oscille parfois. La sensation qu’il manque quelque chose persiste, sans que l’on parvienne à se remplir de manière saine et durable. De nombreuses tentatives ont pu aggraver ce sentiment d’être vidé.
Quatre étapes pour combler ce vide
Comment commencer à se remplir de façon constructive ?
La première étape consiste à accepter que ce processus ne sera pas rapide. Ce vide s’est installé progressivement et est devenu familier, au point que l’on peut croire qu’il a toujours été là ou qu’il le sera toujours. Remettre en cause ces croyances et combler ce vide demande du temps.
La deuxième étape invite à distinguer ce dont on a besoin de ce que l’on désire. En proie à l’addiction, cette confusion est fréquente. Certains excellent à transformer des désirs en besoins, puis se sentent frustrés ou lésés lorsque ces derniers ne sont pas satisfaits.
Il est utile de suivre le conseil d’Épictète (50-138 ap. J.-C.) : la richesse ne réside pas dans la possession de nombreux biens, mais dans le fait d’avoir peu de désirs. De plus, le véritable bonheur consiste à vouloir ce que l’on possède déjà.
La troisième étape est d’adopter une disposition à essayer de nouvelles choses. On s’enferme souvent dans des opinions sur ce que l’on aime ou ce qui est possible, rejetant rapidement toute nouveauté. Explorer de nouvelles expériences élargit notre univers intérieur et extérieur, lui insufflant de nouveaux sens et valeurs. Ces espaces plus vastes et riches résonnent moins.
La quatrième étape, bien que surprenante, consiste à se familiariser avec ce vide. Des pensées, des émotions et des sensations flottent dans ce qui semble être un vide. En y prêtant attention, on peut apprendre beaucoup sur soi-même, identifier les raisons et les moments où ce sentiment est apparu, comprendre ce qui l’atténue ou quand on y est particulièrement vulnérable.
La connaissance de soi est essentielle pour sortir de ce vide et, plus encore, pour commencer à se remplir d’expériences, d’engagements, de sens et de valeurs qui favorisent l’épanouissement.
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