Économie
Le dollar a reculé mardi vers ses plus bas niveaux en plusieurs mois face à l’euro et à la livre sterling, les marchés réduisant leurs anticipations de hausse des taux par la Réserve fédérale après des indicateurs économiques américains plus faibles que prévu.

Le dollar s’est stabilisé mardi aux alentours de ses plus bas niveaux en plusieurs mois face à la plupart des devises majeures. Ce recul s’explique par un affaiblissement des attentes de resserrement monétaire américain à court terme, même si le climat reste tendu en raison du risque croissant d’escalade du conflit au Moyen-Orient.
L’euro a atteint 1,1581 dollar lors des premières heures des négociations asiatiques, restant proche de son sommet bimestriel de 1,1614 dollar, établi lundi. La livre sterling s’est quant à elle échangée à 1,3548 dollar, demeurant voisine de son plus haut niveau trimestriel, enregistré lors de la séance précédente.
Le billet vert avait déjà chuté lundi à son plus bas niveau depuis plus de deux mois. Cette baisse intervient après que les opérateurs eurent revu à la baisse leurs prévisions de relèvement des taux directeurs américains, suite à une série de statistiques économiques jugées décevantes. L’euro a ainsi conservé son niveau le plus élevé depuis deux mois, tandis que le yen japonais a maintenu une position relativement ferme.
Les chiffres publiés la semaine dernière ont révélé une contraction des ventes au détail aux États-Unis en juillet, première baisse en neuf mois. Elle fait suite à des pertes d’emplois inattendues survenues le mois précédent. Ces données ont conduit les investisseurs à abaisser leurs anticipations d’un nouveau relèvement des taux par la Réserve fédérale.
Selon l’outil « FedWatch » de CME Group, la probabilité d’une hausse des taux en septembre est désormais estimée à 35 %, contre 52,2 % une semaine plus tôt.
Certains analystes restent toutefois prudents quant à l’évolution future de l’inflation, notamment en raison de la fermeture persistante du détroit d’Hormuz et de l’absence de progrès dans les pourparlers visant à mettre fin à la guerre entre les États-Unis et l’Iran.
Noushad Shah, responsable des ventes de produits de revenu fixe pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique chez Citadel Securities, a souligné : « L’inflation est restée supérieure à l’objectif pendant la majeure partie des cinq dernières années. Même si la Réserve fédérale pourrait tolérer un rythme annuel de 2 %, cela ne laisse qu’une marge très limitée de manœuvre pour l’inflation dans un monde marqué par des chocs récurrents sur le côté de l’offre. »
Le yen japonais est resté légèrement sous la barre des 160 unités par dollar, focalisant l’attention sur la réunion prévue du mois prochain de la Banque du Japon. Dans les derniers échanges, il s’échangeait à 159,46 yens pour un dollar. Le dollar australien a progressé de 0,11 %, atteignant 0,71119 dollar, restant proche de son plus haut niveau depuis début juin. Le dollar néo-zélandais s’est établi à 0,5902 dollar.



