Économie
Goldman Sachs estime que les flux pétroliers via le détroit d’Hormuz ne retrouveront que 70 % de leur niveau d’avant-guerre malgré la reprise partielle des traversées.

La banque Goldman Sachs anticipe une reprise des flux pétroliers à travers le détroit d’Hormuz à environ 70 % des volumes observés avant le conflit, alors que des navires transportant pétrole et gaz ont recommencé à franchir ce passage maritime suite à l’entrée en vigueur d’un accord temporaire entre les États-Unis et l’Iran.
Dans une note diffusée mercredi, des analystes de Goldman Sachs, dont Yulia Zheystkova Grigsby, indiquent que le retour des exportations du Golfe à un niveau jugé normal par le marché pourrait s’appuyer sur une augmentation des flux via Hormuz de 13 millions de barils par jour par rapport aux niveaux actuels.
Selon ces experts, cette progression des cargaisons devrait être effective d’ici la fin du mois prochain, tandis que la production dans la région du Golfe devrait vraisemblablement se rétablir d’ici octobre.
Avant la guerre, environ 20 millions de barils par jour de pétrole et de produits pétroliers transitaient par le détroit d’Hormuz, selon l’Agence internationale de l’énergie.
Le marché mondial du pétrole suit de près la navigation dans ce détroit, qui relie le Golfe aux marchés internationaux, depuis la signature d’un accord temporaire entre Washington et Téhéran visant à mettre fin au conflit américano-israélien et à rouvrir ce passage stratégique.
Durant le conflit, les volumes de brut transitant par Hormuz ont chuté à un niveau très faible, en raison d’un double blocus imposé par Téhéran et Washington, qui a fortement limité le trafic maritime. Cette situation avait provoqué une forte hausse initiale des prix du pétrole, avant un recul ultérieur.
Jeudi, les contrats à terme sur le Brent, référence mondiale du pétrole, ont reculé sous la barre des 78 dollars le baril, après avoir dépassé 126 dollars fin avril sous l’effet des tensions liées à la guerre.
Les données de suivi des navires montrent qu’un méthanier chargé et un pétrolier vide ont traversé le détroit d’Hormuz, tandis que les opérateurs surveillent les signes d’une reprise du trafic maritime à la suite de l’accord américano-iranien.
Le méthanier Yi Chi, de propriété chinoise, illustre une pratique courante où des navires affichent une appartenance à des pays entretenant de bonnes relations avec l’Iran. Néanmoins, la circulation dans le détroit reste faible, hormis le passage de petits cargos jeudi matin.
Cette évolution intervient quelques heures après l’annonce par le président américain Donald Trump de la signature d’un accord avec l’Iran prévoyant la réouverture rapide du passage maritime. Les armateurs réclament cependant des précisions sur le mécanisme de réouverture avant de décider d’engager leurs navires dans le détroit.
La fermeture du détroit d’Hormuz pendant environ quatre mois a limité l’accès au gaz et au pétrole du Golfe, avec seulement quelques cargaisons transitant par des navires ayant désactivé leurs dispositifs de localisation pour masquer leur position, ou bénéficiant d’une autorisation de Téhéran.
Durant la guerre, plusieurs producteurs régionaux, dont l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l’Irak, ont accru l’utilisation d’infrastructures contournant le détroit d’Hormuz afin d’assurer la continuité des exportations énergétiques vers leurs clients internationaux.
Aramco a renforcé l’usage d’un oléoduc traversant le pays jusqu’à la mer Rouge, tandis que les Émirats ont exploité un pipeline menant au port de Fujeirah, situé hors du détroit. L’Irak a quant à lui exporté du pétrole via le port turc de Ceyhan.
Les analystes de Goldman Sachs estiment que les flux visibles actuels à travers Hormuz s’élèvent à environ 1,3 million de barils par jour, auxquels s’ajoutent 1,6 million de barils quotidiens dans le golfe d’Oman, potentiellement liés à des passages non visibles. Par ailleurs, 7,5 millions de barils par jour transiteraient par les ports de Yanbu, Fujeirah et Ceyhan.
Goldman Sachs ne considère pas la disponibilité des navires comme un frein à la reprise des flux, avec une capacité de transport vide estimée à environ 860 millions de barils dans le détroit ou dans un rayon de navigation de cinq jours. Toutefois, la banque souligne que certains armateurs pourraient rester hésitants à envoyer leurs navires dans ce passage.



