Économie
L'euro recule sous l'effet des troubles sociaux français tandis que le dollar stabilise ses positions avant les décisions monétaires majeures.

La devise américaine a regagné du terrain lors de l'ouverture des marchés asiatiques ce lundi, s'éloignant de ses plus bas mensuels. Cette reprise intervient alors que la monnaie unique européenne subit une forte pression liée aux affrontements violents qui secouent actuellement la France.
À 1,1225 dollar, l'euro a perdu 0,1 % au début des échanges. Ce repli de la devise, qui constitue le poids principal de l'indice dollar, a contribué à maintenir la monnaie américaine autour de 101,83 points.
Emmanuel Macron a condamné dimanche soir, dans une allocution télévisée, les scènes de violence qualifiées de « choquantes » survenues durant les manifestations contre la hausse du coût de la vie. Le président français réagissait après la journée la plus agitée depuis plusieurs années dans l'Hexagone.
Il a annoncé que le Premier ministre présiderait dès ce lundi un comité d'urgence destiné à examiner les aides pour les commerçants et artisans touchés par les émeutes, assurant qu'ils ne seraient pas laissés seuls face aux pertes.
Kieran Williams, directeur des affaires monétaires asiatiques chez N.T. Capital Markets à Londres, note que ces tensions affectent principalement l'euro via le marché obligataire français plutôt que directement la devise elle-même.
Le billet vert est resté stable à 158 yens, suite aux déclarations de Kazuo Ueda, gouverneur de la Banque du Japon, indiquant ce lundi que l'inflation sous-jacente était « très proche » de l'objectif de 2 %. Sur le marché offshore, le dollar s'est maintenu à 6,6842 yuans avant la publication des chiffres du PIB chinois du troisième trimestre.
Les analystes anticipent un léger ralentissement de la croissance économique chinoise par rapport au point bas enregistré il y a trois ans. Cependant, les données publiées font état d'une progression de 4,5 % au troisième trimestre 2026, dépassant légèrement les prévisions grâce aux exportations liées à l'intelligence artificielle, malgré la faiblesse de la consommation intérieure et la montée des coûts énergétiques.
L'attention se porte également sur la roupie indonésienne, menacée par MSCI d'un déclassement de son statut de marché « indépendant ». Cette perspective a provoqué une chute de 11,6 % des actions locales vendredi, date à laquelle la devise a atteint son niveau le plus faible depuis près de trois mois, clôturant à 18 000 pour un dollar.
D'autres devises ont affiché des mouvements contrastés : le dollar australien a gagné 0,3 % à 0,6965 USD, tandis que le néo-zélandais (0,5656 USD) et la livre sterling (1,3329 USD) sont restés stables. Selon l'outil FedWatch du CME Group, les contrats à terme intègrent une probabilité de 84 % d'un maintien des taux directeurs américains lors de la réunion du 28 octobre, sans changement notable par rapport à vendredi.
Williams souligne que cette semaine précède les décisions de la Réserve fédérale (28 octobre) et de la Banque centrale européenne (29 octobre), limitant probablement les prises de position des investisseurs tout en maintenant élevés les risques liés aux actualités françaises. Du côté des cryptomonnaies, le bitcoin a progressé de 1,4 % à 82 067,66 dollars, et l'ether de 3,0 % à 2 420,22 dollars.



