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Chelsea a surpris en recrutant Morgan Rogers pour un montant record de 117 millions de livres, devançant Arsenal et Aston Villa, avec un rôle clé sous Xabi Alonso.

Le transfert de Morgan Rogers à Chelsea, conclu pour un montant record de 117 millions de livres sterling, a pris de court de nombreux observateurs. Longtemps courtisé par Arsenal, le milieu anglais était une cible prioritaire pour Mikel Arteta bien avant cet été, selon des informations obtenues par The Independent.
International anglais, Rogers s’est distingué ces dernières saisons tant en club qu’en sélection, au point que le débat faisait rage cet été sur qui devait débuter entre lui et Jude Bellingham dans l’équipe de Thomas Tuchel lors de la Coupe du Monde.
Si la forme exceptionnelle de Bellingham a confirmé sa supériorité, cela ne diminue en rien la valeur de Rogers, auteur de 18 buts et 16 passes décisives en Premier League sur les deux dernières saisons.
Ce total le place au neuvième rang du championnat, à égalité avec Cole Palmer, son ami et désormais coéquipier, avec lequel il partage la célèbre célébration dite « froide ».
Le montant astronomique du transfert, quatrième plus élevé de l’histoire du football, soulève des interrogations, d’autant que les joueurs au-delà des 100 millions de livres ont souvent eu du mal à justifier leur prix.
Pourtant, la détermination de Chelsea dans les négociations indique qu’ils sont convaincus que Rogers s’intégrera parfaitement dans leur système. Xabi Alonso, dont l’influence a été décisive dans le choix du joueur, a manifestement soutenu ce recrutement, malgré l’intérêt également marqué d’Arsenal.
Contrairement à Arsenal, Chelsea propose un effectif plus flexible, avec une rotation plus fluide ou, selon certains, une équipe moins stable et moins expérimentée, ce qui pourrait permettre à Rogers de s’imposer rapidement. Ce facteur a pu séduire le joueur, qui aurait pu trouver difficile d’obtenir du temps de jeu face aux champions récemment couronnés d’Arsenal, comme cela a été le cas pour Eberechi Eze lors de sa première saison à l’Emirates.
Alonso compte exploiter la polyvalence de Rogers : il peut évoluer en numéro 10, poste probablement occupé par Palmer lorsqu’il est en forme, mais aussi sur les ailes gauche ou droite, ou même en milieu relayeur dans un trio défensif en tant que numéro 8.
Le joueur allie un volume de travail important à des contributions offensives notables, avec une volonté constante de mouvement, balle au pied ou sans ballon.
Sa production offensive est de haut niveau, comme en témoigne ses 16 buts et passes décisives combinés la saison dernière. Sa capacité à tirer de loin représente un atout précieux pour une équipe confrontée régulièrement à des blocs défensifs bas.
Cette aptitude explique en partie ses 10,37 xG+xA (expected goals + expected assists) la saison passée, et il a également dépassé cette statistique en 2024/25 avec 11,68 xG+xA, totalisant 18 buts et passes décisives.
Selon WhoScored, Rogers a tenté 35 tirs de loin en Premier League la saison dernière, le quatrième total du championnat, représentant 41,6 % de ses tentatives au but.
À titre de comparaison, Bukayo Saka en a tenté 19 (26,8 %), Florian Wirtz 15 (29,4 %), Antoine Semenyo 12 (24,5 %) et Bruno Fernandes 46 (54,1 %). Le ratio de Palmer est similaire, avec 30 tirs sur 64 venant de loin (46,9 %), ce qui donne une idée de la stratégie offensive que Chelsea pourrait adopter pour déstabiliser des défenses regroupées.
Alonso envisage de faire de Rogers un élément central de son équipe. À 24 ans et grâce à la diversité de son jeu, le joueur représente aussi un investissement à long terme pour Stamford Bridge, avec un contrat courant jusqu’en 2033.
Le prix élevé suscite des inquiétudes, mais aussi une certaine assurance : la Premier League applique une taxe supplémentaire sur les transferts internes, ce qui réduit l’inconnu. Rogers ne semble pas intimidé par la concurrence.
Bien que sa connaissance du manager soit limitée, ses liens étroits avec Palmer et Reece James en sélection, ainsi qu’avec d’autres anciens de l’académie de City comme Tosin Adarabioyo, Jamie Gittens, Romeo Lavia et Liam Delap, créent un environnement favorable à sa réussite.
À Aston Villa, Unai Emery avait construit son jeu autour de Rogers, qui bénéficiait d’un rôle clé. Chez Chelsea, il devra s’adapter, ce qui rendra son déplacement sans ballon essentiel, à l’image de Pedro Neto qui apporte une dynamique hors ballon pour exploiter la vision de Palmer.
La formation préférée d’Alonso reste incertaine avant le premier match amical de pré-saison mardi prochain contre Western Sydney Wanderers.
Dans un système à trois défenseurs utilisé contre le Bayer Leverkusen, Rogers pourrait évoluer à gauche dans un trio offensif. Cela compliquerait l’intégration simultanée de Rogers, Palmer, Joao Pedro et, une fois rétabli, Estevao Willian.
Il serait presque impossible de faire débuter ces quatre joueurs ensemble dans cette configuration, mais ils pourraient coexister dans un 4-2-3-1 ou un 4-3-3, Rogers pouvant occuper un rôle de numéro 8 ou l’un des deux postes de numéro 10 derrière l’attaquant central.
Un autre point à considérer est l’état physique de Palmer, limité à 26 apparitions en Premier League la saison dernière. Chelsea dispose désormais d’un joueur capable de prendre le relais et de diriger l’attaque en son absence.
Les supporters de Chelsea se souviennent peut-être que la blessure de Frank Lampard avait permis à Michael Ballack de s’imposer durant la saison 2007/08.
Si Alonso opte pour un 4-2-3-1 ou un 4-3-3, il pourrait tester un quatuor offensif composé de Rogers, Palmer, et l’un des joueurs Estevao, Pedro Neto ou du nouveau venu Geovany Quenda à droite, avec Joao Pedro en pointe.
Un défi potentiel pour Alonso serait de maintenir la largeur si Rogers est positionné à gauche. En 3-4-3, ce problème est moindre grâce à la présence de Pedro Neto, Quenda ou Valentin Barco sur les ailes. En revanche, en défense à quatre, les adversaires pourraient exploiter la densité au centre du terrain.
Tout dépend des attentes et de la définition du succès à ce prix. Il est peu probable que Rogers devienne un candidat au Ballon d’Or, comme le suggérerait son statut de quatrième transfert le plus cher de l’histoire. En revanche, il semble réaliste qu’il poursuive sa progression et apporte une contribution régulière dans une équipe visant à revenir au sommet.
Un point d’interrogation demeure sur son efficacité dans une équipe où il ne sera pas le joueur central, avec moins de ballons touchés. ESPN souligne qu’il a été le joueur le plus souvent dépossédé (80 fois) et le troisième à perdre le ballon dans le tiers médian ou offensif (72 fois) la saison dernière.
Cette statistique reflète son audace et sa créativité dans le dernier tiers, qualités recherchées chez un joueur de son talent. Avec une profondeur d’effectif supérieure à celle d’Aston Villa, Chelsea devrait mieux gérer les périodes moins productives et profiter pleinement du potentiel de Rogers lorsqu’il sera à son meilleur niveau.
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