IA
L’intelligence artificielle accélère les tâches et diminue certaines charges, mais les gains économiques profitent surtout aux entreprises, selon des experts.

L’intelligence artificielle (IA) transforme l’économie des services en raccourcissant les délais, en accélérant la réalisation des tâches et en diminuant certaines charges opérationnelles, que ce soit dans la traduction, la rédaction de contenu, le design ou l’éducation. Parallèlement à son adoption croissante, l’attention se porte sur l’évaluation de ses contributions aux économies réalisées et sur l’identification des principaux bénéficiaires, qu’ils soient individus ou entreprises.
Selon le rapport « Impacts économiques et financiers mondiaux de l’intelligence artificielle : leçons tirées de la planification de scénarios », publié par le Fonds monétaire international en avril 2026, l’IA a le potentiel de remodeler l’économie mondiale. Ce document souligne que les effets de cette technologie dépendent notamment de l’automatisation des tâches et de l’accélération de la recherche et développement. L’ampleur de ses répercussions économiques est liée à la vitesse de son adoption ainsi qu’à la capacité des économies et des institutions à s’y adapter.
Entre individus et entreprises, qui profite le plus ?
Le bilan de ces transformations varie selon les usages et les secteurs, d’après Sami Abdelnour, expert en technologies. Il estime que les principaux bénéficiaires des économies générées par l’IA ne sont pas les particuliers mais plutôt les entreprises, les entrepreneurs, les projets commerciaux et les professionnels.
Abdelnour précise que, selon lui, l’IA n’a pas contribué à réduire le coût des services pour les individus. Par exemple, les services tels que la traduction ou les besoins quotidiens restent inchangés. En revanche, l’IA a diminué le temps consacré à la recherche, car les informations existent déjà ; elle se charge de les collecter, de les analyser et d’interagir avec l’utilisateur.
Il ajoute que les entreprises et les petites structures ont partiellement remplacé certains prestataires, notamment dans l’écriture, la traduction, le design, ainsi que dans certaines tâches administratives et bureautiques.
Par ailleurs, les prestataires professionnels ont eux aussi tiré profit de l’IA, que ce soit par son usage direct ou via leurs outils habituels, dont les tarifs ont baissé en raison de la forte concurrence induite par cette technologie.
Une baisse des prix qui ne sera pas durable
Abdelnour considère que cette diminution des coûts ne sera pas pérenne, en raison de l’augmentation des dépenses liées aux infrastructures, à la fabrication des puces électroniques, aux accélérateurs d’IA et aux mémoires, ainsi qu’à la complexité des chaînes d’approvisionnement.
Il précise que les prix des services augmenteront progressivement, mais que ceux-ci seront limités par un système de points (credits) qui fixera un plafond d’utilisation. Ce modèle est déjà en vigueur dans plusieurs services à l’heure actuelle.
Comment mesurer les économies réalisées ?
Pour l’économiste Abdelrahman Adel, les économies ne se mesurent pas au nombre de tâches accomplies par l’IA ni aux emplois supprimés, mais à sa capacité à accroître la productivité et à améliorer le rendement des ressources.
Il explique que la baisse du coût d’exécution de certaines tâches ne garantit pas automatiquement des économies tangibles. En effet, les entreprises doivent aussi supporter d’autres coûts, tels que les abonnements, le développement des infrastructures techniques, l’intégration des systèmes, la formation et le contrôle de l’utilisation. Ainsi, l’impact économique varie selon la taille de l’investissement et la nature de l’activité de chaque entreprise.
Adel ajoute que les économies se traduisent plus clairement par une réduction des coûts d’exploitation, un renforcement de la compétitivité ou une augmentation de la valeur ajoutée, plutôt que par la simple substitution de certaines tâches par des outils d’IA. L’effet de ces économies sur les particuliers reste souvent limité dans de nombreux services, tandis que leur impact est plus marqué pour les entreprises capables d’exploiter la technologie afin d’améliorer leur efficacité et leur productivité.
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