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11 civils exécutés et jetés dans un cours d’eau au centre du Mali

Onze corps de civils, exécutés par des éléments des forces armées maliennes et du « Corps Afrique » russe, ont été découverts dans un cours d’eau au centre du pays, selon des sources sécuritaires et locales citées par l’AFP.

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11 civils exécutés et jetés dans un cours d’eau au centre du Mali
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Des sources sécuritaires et locales ont indiqué à l’Agence France-Presse que dix corps de civils, au moins, avaient été retrouvés dimanche dans un cours d’eau du centre du Mali, après avoir été exécutés par des militaires maliens et des membres du « Corps Afrique », ancienne structure du groupe Wagner.

Un habitant de la zone de Ké-Macina, dans la région de Ségou, a précisé qu’onze civils avaient été tués dimanche par une unité de l’armée déployée sur place dans le cadre d’une opération de relève des troupes.

Un oncle de l’un des victimes a rapporté que les forces armées avaient interpellé dix jeunes sous le motif qu’ils auraient fourni des renseignements aux groupes armés extrémistes.

Il a ajouté que des soldats maliens et russes avaient procédé à ces arrestations avant d’exécuter les détenus. Un des jeunes, ayant réussi à s’enfuir, a raconté les faits.

Un autre responsable local a imputé directement aux forces armées maliennes et aux éléments du « Corps Afrique » la responsabilité de ces assassinats.

« Une fois encore, les Russes et les forces armées maliennes ont tué des civils innocents, puis placé leurs cadavres dans des sacs pour les jeter dans la rivière », a-t-il déclaré.

Un troisième responsable local a confirmé à l’AFP la découverte de onze corps dans des sacs immergés dans un cours d’eau, après plusieurs appels répétés lancés par les habitants auprès de la gendarmerie et de l’armée.

Il a relaté que les autorités avaient conduit les habitants sur les lieux de la découverte et leur avaient remis certains effets personnels appartenant aux victimes.

Un source sécuritaire a précisé que les victimes avaient eu la gorge tranchée.

Une personne proche de l’un des tués a indiqué que les militaires avaient d’abord tenté de faire croire que des jihadistes étaient responsables de la disparition des jeunes, avant de révéler les corps sous la pression exercée par la population.

Le Mali connaît depuis 2012 une crise sécuritaire aiguë, alimentée par des actes de violence perpétrés par des groupes extrémistes liés à Al-Qaïda ou à l’État islamique, ainsi que par des bandes criminelles et des mouvements armés séparatistes.

La situation sécuritaire s’est fortement détériorée depuis la fin d’avril 2026, lorsque des combattants du groupe Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin, en alliance avec des rebelles de la Front populaire pour la libération de l’Azawad, ont mené une série d’attaques coordonnées contre des sites stratégiques du Conseil militaire dans plusieurs villes, y compris des zones périphériques de la capitale Bamako. Le ministre de la Défense a été tué lors de ces attaques.

Depuis deux coups d’État successifs, en 2020 et en 2021, le pouvoir au Mali est détenu par les forces armées, qui se sont engagées à restaurer la sécurité et à préserver l’intégrité territoriale de cet État vaste, confronté non seulement à l’insurrection mais aussi à des revendications séparatistes, notamment celles des Touaregs.

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