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Le Niger : une crise de division dans l'armée affaiblit la mainmise de Tiani sur les groupes armés
La crise interne au sein de l'armée nigérienne, provoquée par une tentative de coup d'État, affaiblit la lutte du général Abdourahmane Tiani contre les groupes extrémistes et renforce la présence russe dans le pays.

Les autorités nigériennes ont ouvert une frontière pour faire face à la fragmentation de l'armée, suite à la participation de soldats chargés de combattre les insurgés dans une tentative de mutinerie, ce qui a affaibli l'action gouvernementale contre les fronts extrémistes et mis en avant la présence russe.
Après la récente tentative de mutinerie et la poursuite des arrestations des soldats soupçonnés d'implication, le conseil au pouvoir a mobilisé ses forces pour pallier le manque de personnel dans les missions militaires à plusieurs endroits sensibles près des frontières, tandis que certains commandants ont été transférés de première ligne à Niamey sous une garde renforcée.
Les opérations d'arrestation des impliqués dans la tentative de mutinerie se sont poursuivies ces derniers jours au Niger, après plus d'une semaine écoulée depuis l'échec de la tentative de mutinerie survenue les 28 et 29 août contre le régime du général Abdourahmane Tiani. Les autorités nigériennes n'ont pas encore publié de chiffres officiels concernant le sort des personnes arrêtées.
"Un grand nombre"
Des sources nigériennes bien informées ont indiqué qu'un sergent avait été arrêté à environ 100 kilomètres de Niamey et transporté sous escorte vers la capitale, selon une source sécuritaire régionale.
Une autre source à l'antenne radio "ARV" a parlé des soldats arrêtés, affirmant que "leur nombre est important", faisant référence aux centaines de soldats, notamment des unités spéciales.
Une commission d'enquête chargée de l'affaire est dirigée par un officier proche du général Tiani.
D'autres soldats ne sont toujours pas revenus à leurs postes depuis la mutinerie, tandis que des sources évoquent "la possibilité d'un grand nombre d'évasions".
Par ailleurs, le ministre de la Défense, Salifou Modi, a qualifié les rebelles de "soldats ayant violé les règlements militaires".
Ce sentiment d'inquiétude découlant de nombreuses frustrations accumulées au sein de certaines branches de l'armée, en particulier des unités qui ont longtemps combattu les extrémistes.
Ainsi, les autorités nigériennes se retrouvent confrontées à deux fronts distincts : la lutte contre les groupes armés affiliés à Daech et Al-Qaïda, et la gestion de cette division interne au sein de l'armée.
Des miliciens ont continué à mener des attaques, notamment dans les régions de Tillabéri et Dosso.
Certaines de ces attaques ont fait plusieurs victimes parmi les forces de sécurité.
L'un des principaux motifs avancés par l'armée nigérienne pour le coup d'État d'août 2023, lors duquel Tiani a pris le pouvoir, était la détérioration de la situation sécuritaire et l'incapacité des autorités civiles du Niger, dirigées par le président élu Mohamed Bazoum, à y remédier.
Le gouvernement a tenu sa première réunion du conseil des ministres consacrée aux événements vendredi 4 septembre, reconnaissant pour la première fois la présence de victimes civiles. Il insiste sur son accusation de "tentative de destabilisation".
Soutien militaire
Les autorités nigériennes ont reçu un soutien de la part du Mali, du Burkina Faso et de la Russie, dont les rapports indiquent que ses forces du Corps Africain ont aidé à garantir la sécurité du général Tiani pendant la mutinerie.
Niamey continue ses efforts pour rapprocher ses relations avec Moscou, où Tiani, qui dirige le pays depuis le coup d'État d'août 2023, a reçu l'ambassadeur russe Viktor Vorobiev.
Une agence de presse nigérienne a rapporté que la réunion s'est concentrée sur les relations bilatérales entre les deux pays. L'ambassadeur russe a souligné qu'il avait exprimé la solidarité de Moscou avec les autorités et le peuple nigérien après les événements de la nuit du 28 et 29 août.
L'ambassadeur russe au Niger a reconnu publiquement l'intervention survenue à la fin de semaine, déclarant que les forces de son pays avaient aidé à "réprimer la mutinerie".
Cette rencontre a lieu alors que les tensions entre le Niger et la France s'intensifient. Depuis la rupture des relations avec Paris et le retrait des forces françaises du pays, Niamey a profondément redirigé sa politique étrangère.
La Russie est devenue l'un des partenaires principaux du gouvernement nigérien, notamment dans le secteur sécuritaire.
Mais les opposants qui préparent une opposition aux gouvernements militaires à Niamey devront désormais prendre en compte la présence des forces russes dans leurs calculs.
À l'image du Mali et du Burkina Faso, le gouvernement de Tiani s'appuie en grande partie sur des concepts de souveraineté, d'unité africaine et de libération des anciennes puissances coloniales.
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