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La Chine renforce son emprise sur les minerais du Congo : 49 projets en trois ans
Les entreprises chinoises sont de plus en plus présentes dans le secteur des minerais stratégiques en République démocratique du Congo, avec 49 projets actuellement, représentant 54 % des projets clés du pays. Leur influence s'est considérablement accrue depuis trois ans.

La présence croissante des entreprises chinoises dans le secteur des minerais stratégiques en République démocratique du Congo s'inscrit dans une participation, à titre minoritaire ou majoritaire, à 49 projets miniers, représentant 54 % des projets stratégiques du pays, selon la dernière mise à jour de la base de données des minerais stratégiques d'“Africa Business+”, établie en partenariat avec l'entreprise EY, selon “Jeune Afrique”.
Le rapport indique que le nombre de projets impliquant des entités chinoises était de seulement 22 il y a trois ans.
Les 49 projets sont répartis sur 26 mines, tandis que le nombre d'entreprises chinoises investies dans les projets miniers stratégiques en République démocratique du Congo est passé à 18. La société JCHX Mining a lancé la production de la zone ouest de la mine de Lonshe en quatrième trimestre 2023, avec une capacité annuelle de 40 000 tonnes, avant d'approuver, le 19 janvier 2025, un investissement de 751 millions de dollars dans la zone est, gérée par sa filiale totalement détenue Swabe.
L'entreprise Zijin Mining, active depuis plusieurs années dans la mine de cuivre Kamoa-Kakola, a étendu ses activités au lithium et a commencé la production de la mine de Manono en milieu 2026. Par ailleurs, la société Jinchuan a investi dans une troisième mine de cuivre et de cobalt, celle de Musonoi, qui a débuté ses opérations au début de 2026.
Les entreprises chinoises poursuivent leurs investissements dans le secteur : la société CMOC a annoncé un investissement dépassant un milliard de dollars pour la phase II du projet KFM “Kisanfo”, dont la production devrait atteindre 100 000 tonnes de cuivre l'an prochain.
Cette présence chinoise dans le secteur minier congolais remonte à bien avant les trois dernières années, dans le cadre d'une politique continue depuis le début du siècle, lorsque Pékin a financé des projets d'infrastructure au Congo, notamment routes, barrages et chemins de fer, en échange d'un accès privilégié à certaines ressources minières, notamment via le projet Sicomines.
Selon un spécialiste de l'industrie minière en République démocratique du Congo, la Chine est devenue la destination naturelle pour les matières premières minérales, en tant que « usine du monde », y compris pour le traitement des minerais, tandis que le recul des capitaux occidentaux dans le secteur minier au cours des 15 dernières années, combiné aux préoccupations liées à la conformité et aux critiques vis-à-vis de Joseph Kabila, a poussé l'État congolais à chercher des alternatives.
Les États-Unis tentent de limiter l'expansion de l'influence chinoise tout en maintenant leur accès aux ressources congolaises, notamment via le corridor de Lubito, mais la Chine ne se contente pas d'investir dans les mines ; elle met en œuvre une stratégie intégrée allant de la mine au port, puis au raffinage, et soutient les pays africains dans le traitement local des minerais.
Pékin, en tant que plus grand producteur mondial de batteries, de véhicules électriques, de panneaux solaires et de nombreux équipements électroniques, cherche à assurer un approvisionnement stable en minerais stratégiques, notamment le cobalt utilisé dans certaines batteries au lithium-ion, et le cuivre essentiel pour les réseaux électriques, les véhicules électriques et les infrastructures numériques.
À l'échelle du continent, la base de données d'“Africa Business+” indique que la Chine est actuellement présente dans 123 projets de minerais stratégiques en Afrique, représentant 19 % du total des projets, la plaçant comme deuxième pays le plus présent dans ce domaine après l'Afrique du Sud, qui opère dans 172 projets, principalement sur son territoire.
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