Monde
Choc en Israël après les critiques du vice-président américain JD Vance
Israël est sous le choc suite à l’attaque du vice-président américain JD Vance contre les ministres du cabinet, sans réponse israélienne pour éviter une escalade.

Un profond choc a gagné Israël après les critiques formulées par le vice-président américain JD Vance à l’encontre des ministres du cabinet israélien. Toutefois, ces derniers ont choisi de ne pas répliquer, refusant de céder à des réactions émotionnelles.
Selon le journal "Yedioth Ahronoth", cette décision découle du souhait d’Israël de ne pas creuser davantage le fossé avec le président américain Donald Trump. Ce dernier a multiplié les attaques contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu ces derniers jours et a publié jeudi soir un tweet exposant ses attentes actuelles, notamment vis-à-vis d’Israël.
Trump y affirme que "les États-Unis sont engagés pour la paix et exhortent tous les pays du Moyen-Orient à poursuivre leur engagement afin de permettre à nos négociations de progresser sans encombre. Les marchés connaissent une reprise notable avec la baisse des prix du pétrole et la hausse des actions. Nous attendons un cessez-le-feu complet sur tous les fronts, y compris au Liban, contre le Hezbollah et Israël".
Bien que presque toute la direction israélienne s’oppose à l’accord avec l’Iran, Netanyahu s’est abstenu de le critiquer ouvertement, peut-être parce qu’il estime qu’aucun accord final ne sera signé et qu’il faut simplement attendre. Il est aussi probable qu’il considère que la prochaine opportunité d’agir contre l’Iran ne surviendra qu’après les élections de mi-mandat américaines en novembre. En attendant, les instructions données à l’armée israélienne sont de se préparer à agir seule contre l’Iran, précise "Yedioth Ahronoth".
Le véritable motif de ce silence est la volonté d’Israël de maintenir ses lignes rouges au Liban. Israël refuse un retrait du sud du Liban et anticipe une pression croissante pour limiter ses opérations militaires sur les différents fronts, sans intention de reculer. Netanyahu a rappelé hier, lors de l’inauguration de la "Route du Tanakh", que le pays doit conserver la zone tampon au sud du Liban et ne se retirera pas tant que les exigences sécuritaires le nécessitent, autrement dit tant que le Hezbollah n’aura pas évacué la zone au nord du fleuve Litani.
En Israël, la virulence des critiques de Vance envers le pays, ainsi que ses menaces voilées de suspension des livraisons d’armes, ont provoqué une surprise. Un responsable israélien informé des détails a déclaré à "Yedioth Ahronoth" : "Vance dit simplement à Netanyahu ‘maîtrise tes ministres, ça ne passera pas tranquillement’ et le met dans l’embarras. Il a fait de même avec les Européens, les Allemands et l’OTAN. C’est sa vision du monde. Elle reflète l’esprit dominant dans ces ailes du Parti républicain qui forment aujourd’hui la majorité, car la plupart des budgets médiatiques sont destinés aux évangéliques que nous perdons aussi".
Ce même responsable a ajouté : "Netanyahu a causé un grand mal de tête à Trump et Vance… Il faut se demander comment nous en sommes arrivés à perdre même le soutien des Américains".
Lors d’une conférence de presse, Vance a adressé un message double aux membres du cabinet : "D’abord, Donald Trump est le seul leader au monde à manifester de la sympathie envers Israël en ce moment. Si j’étais membre du cabinet israélien, je n’attaquerais pas le seul allié fort qu’il reste au monde. Ensuite, durant les derniers mois, deux tiers des moyens de défense protégeant votre pays ont été fabriqués aux États-Unis et financés par les contribuables américains. Le problème d’Israël n’est pas Donald Trump. Quiconque en Israël pense cela doit se réveiller et reconnaître la réalité dans laquelle vit cet État".
Avant cette conférence, Vance avait tenu des propos similaires dans une interview au "New York Times" à propos des ministres du cabinet : "Je ne pense pas que Bibi (Netanyahu) ait réellement critiqué l’accord, car je crois qu’il en connaît peut-être un peu plus les détails. Mais nous avons vu des personnes comme Itamar Ben-Gvir et Bezalel Smotrich attaquer l’accord. Ma réponse à eux serait : quelle est exactement votre proposition ? Vous êtes un pays de 9 millions d’habitants. Vous ne pouvez pas simplement résoudre tous les problèmes de sécurité nationale en tuant de plus en plus de gens".
En réaction, Ben-Gvir a répondu à Vance sur Twitter : "Voici ma proposition, JD Vance : traiter les nazis du XXIe siècle exactement comme les États-Unis ont traité ceux du XXe siècle".
Le ministre Miki Zohar, du Likoud, a été le premier à réagir aux propos de Vance dans un discours, écrivant : "Les renseignements que nous fournissons aux États-Unis ont sauvé d’innombrables vies américaines. Les technologies développées en Israël sont utilisées par l’armée américaine avant tout autre. Le partenariat entre Israël et les États-Unis est important pour le monde libre".
Source : "Yedioth Ahronoth"
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