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De Paris à Berlin, les partis européens prévoient un "train de reconduite" pour un million de migrants

En mai 2026 à Porto, des partis européens ont débattu de la "réinstallation" de millions de migrants, un concept désormais inscrit dans plusieurs programmes politiques.

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De Paris à Berlin, les partis européens prévoient un "train de reconduite" pour un million de migrants
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Le 30 mai 2026, la ville portugaise de Porto a accueilli la deuxième édition du "Sommet sur la réinstallation des migrants", après la première tenue à Milan en 2025.

Les participants, ayant payé entre 45 euros pour un billet standard et 325 euros pour une place "premium", ont écouté les principaux théoriciens européens de la "réinstallation des migrants", un concept qui a quitté les marges idéologiques pour intégrer des programmes électoraux officiels.

Les organisateurs définissent ce terme sur leur site comme "un processus démocratique, légal et de longue durée, s’étalant sur 20 à 30 ans, visant à renvoyer les migrants irréguliers ainsi que les migrants légaux nuisibles, et à exercer une pression sur les communautés parallèles non intégrées afin de restaurer l’harmonie culturelle au sein de la nation".

Selon le journal français Le Figaro, cette idée s’inscrit dans la même matrice idéologique qui a produit la théorie du "grand remplacement". Elle a connu un fort regain en 2025, promue par des militants proches de l’administration du président américain Donald Trump et du milliardaire Elon Musk sur les réseaux sociaux.

Le Figaro rappelle que le politicien français Éric Zemmour fut parmi les premiers à adopter cette idée, promettant en 2022, s’il accédait à l’Élysée, de créer un "ministère de la réinstallation".

En mai 2026, sur la chaîne CNews, il a défendu la notion de "migration négative" en déclarant : "Non seulement nous ne recevons plus, mais nous renvoyons aussi, en expulsant les délinquants, les criminels et les chômeurs".

En revanche, la dirigeante de l’extrême droite, Marine Le Pen, avait rejeté cette idée en 2022, la qualifiant de "totalement contraire à la République et profondément injuste".

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Lors de la campagne électorale de 2025 qui a permis au parti "Alternative pour l’Allemagne" d’obtenir 152 sièges au Bundestag, Alice Weidel a fait de la "réinstallation des migrants" son slogan lors des rassemblements, promettant une "expulsion massive".

Le Figaro précise que la députée régionale de Brandebourg, membre de ce parti, a assisté au sommet de Porto.

En juillet 2025, au milieu d’une vague de violences contre les migrants, le parti espagnol "Vox", qui détient 33 sièges au Parlement, a officiellement proposé un plan de "réinstallation des migrants".

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La députée Rocío de Meer a déclaré au Figaro que l’objectif était "d’envoyer 5 à 6 millions de migrants dans leur pays d’origine, ceux qui refusent de s’intégrer dans la société espagnole".

En avril dernier à Milan, Matteo Salvini, leader de la "Ligue du Nord", a défendu une version adoucie du discours : "La carte de séjour sera comme un permis de conduire à points. Après un certain nombre d’erreurs, vous retournerez dans votre pays d’origine".

Au niveau populaire, le parti a reculé depuis 2022, ne dépassant plus 8,8 %.

Fait paradoxal, le sommet de Porto se tient dans un pays où le parti "Chega", dirigé par André Ventura, est devenu l’opposition principale après avoir obtenu près d’un quart des voix aux élections législatives de 2025 et présidentielles de 2026.

En novembre dernier, ce parti a proposé dans son projet de budget un "programme national de réinstallation" ainsi que la création d’une force de sécurité inspirée de l’agence américaine ICE chargée de l’immigration.

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Le Figaro rapporte également les positions d’autres partis. En Belgique, Tom Van Grieken, du parti "Vlaams Belang", considère que le terme "réinstallation" est "totalement neutre" et signifie l’expulsion des migrants irréguliers, des étrangers criminels et des "musulmans extrémistes incitant à la violence".

Aux Pays-Bas, le théoricien d’extrême droite européen Thierry Baudet évoque dans ses discours une "conspiration des reptiles maléfiques".

En Autriche, Herbert Kickl, président du parti "Liberté", a appelé à expulser également les citoyens autrichiens d’origine étrangère qui "méprisent notre société".

Au Danemark, Morten Messerschmidt, du "Parti populaire danois", a conditionné sa participation à toute coalition gouvernementale future à la garantie que "le nombre de migrants musulmans quittant le Danemark soit supérieur à celui des entrants".

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Ce que rapporte Le Figaro ne relève pas d’une simple idée relayée dans des cercles idéologiques extrémistes, mais d’un agenda qui a trouvé un écho dans des propositions législatives au sein d’au moins huit parlements nationaux européens.

La différence majeure entre le sommet de 2025 à Milan et celui de 2026 à Porto réside dans le fait que les élus présents affichent désormais un discours moins réservé.

Le Figaro s’interroge sur la limite qui subsistera entre cette idée de "réinstallation massive" devenue un discours électoral courant et sa mise en œuvre effective.

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