Monde
Iran suspend les échanges avec Washington face à l’intensification des frappes israéliennes au Liban
L’Iran interrompt ses discussions avec les États-Unis en réaction à l’élargissement des attaques israéliennes contre le Hezbollah au Liban et le Hamas à Gaza.

Selon l’agence iranienne Tasnim, Téhéran a décidé lundi de suspendre l’échange de messages avec Washington. Cette décision intervient en réponse aux frappes israéliennes visant le Hezbollah libanais et le mouvement Hamas à Gaza.
Malgré les cessez-le-feu annoncés, les bombardements israéliens se sont poursuivis ces dernières semaines au Liban, principalement dans le sud, ainsi qu’à Gaza. Des sources iraniennes ont indiqué qu’aucune discussion ne reprendrait tant que les demandes de l’Iran, notamment la cessation des opérations militaires israéliennes au Liban et à Gaza, ne seraient pas satisfaites.
À ce jour, ni les États-Unis ni le Pakistan, qui joue le rôle de médiateur dans les négociations en cours, n’ont réagi à cette annonce.
Par ailleurs, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a ordonné ce même jour à l’armée de cibler des objectifs dans la banlieue sud de Beyrouth, élargissant ainsi les opérations militaires contre le principal allié de Téhéran dans la région. Cette zone est reconnue comme un bastion du Hezbollah.
Dans un communiqué publié par son bureau, Netanyahu a déclaré : « Suite aux violations répétées du cessez-le-feu au Liban par le groupe terroriste Hezbollah et aux attaques contre nos villes et nos citoyens, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Yisrael Katz ont ordonné à l’armée de défense israélienne de frapper des cibles dans la région de la banlieue de Beyrouth. »
Les affrontements entre les forces israéliennes et le Hezbollah se poursuivent depuis la trêve établie à la mi-avril. Le groupe libanais a eu recours à des drones peu coûteux et faciles à assembler, difficiles à intercepter par les défenses aériennes, ce qui a entraîné la mort de plusieurs soldats israéliens dans le sud du Liban.
Ce conflit au Liban constitue l’une des principales conséquences de la guerre en Iran, provoquant le déplacement de plus de 1,2 million de Libanais à cause des raids israéliens et des ordres d’évacuation depuis le 2 mars, date à laquelle le Hezbollah a commencé à lancer des missiles et des drones vers Israël en soutien à son allié iranien.
Le gouvernement libanais estime que l’incursion israélienne a causé à ce jour la mort de plus de 3 370 personnes. Israël, de son côté, fait état de 24 soldats et quatre civils tués durant la même période. Des dizaines de milliers d’Israéliens vivant dans le nord ont également été déplacés à cause des tirs de missiles et des drones du Hezbollah.
Les négociations entre les deux parties restent difficiles mais se poursuivent malgré des frappes réciproques intermittentes. En pleine escalade militaire, les États-Unis et l’Iran ont confirmé que leurs discussions se maintiennent, dans une tentative laborieuse de mettre fin au conflit.
Les pourparlers actuels portent sur un mémorandum d’entente visant à arrêter les hostilités et à établir les bases pour des discussions ultérieures sur les questions majeures non résolues. Les récentes modifications proposées par le président américain Donald Trump, après une réunion avec ses conseillers vendredi, ont permis de prolonger les négociations d’une semaine supplémentaire.
Dans un message publié lundi sur la plateforme Truth Social, Trump a écrit après la confirmation des dernières frappes par l’armée américaine : « L’Iran souhaite vivement parvenir à un accord, qui sera bénéfique pour les États-Unis et leurs alliés. »
Les détails des ajustements demandés par Trump ne sont pas encore connus, mais des responsables ont indiqué qu’il avait insisté pour adopter un langage plus strict concernant les engagements nucléaires de l’Iran et son engagement à rouvrir le détroit d’Ormuz.
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