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L'architecte de la droite au Sénat français : qui est Édouard Diaz ?

Édouard Diaz, figure montante du Rassemblement National, devient présidente du groupe RN au Sénat après un parcours marqué par des défaites formatrices et une ascension rapide.

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L'architecte de la droite au Sénat français : qui est Édouard Diaz ?
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La Française Édouard Diaz n'a pas commencé sa carrière politique au sein du "Rassemblement National", mais a voté pour l'ancien président Nicolas Sarkozy lors des élections de 2007 avant de rejoindre le parti de Marine Le Pen, dirigeante du Rassemblement National, cinq ans plus tard.

Depuis ce tournant, Diaz a construit une trajectoire au sein du parti qui a débuté par des défaites électorales successives, avant d'atteindre l'Assemblée nationale en 2022, puis de devenir l'une des figures les plus importantes dans la Gironde. Aujourd'hui âgée de 38 ans, Diaz entre dans une nouvelle étape de son parcours après son élection comme membre du Sénat, puis sa prise de tête du groupe Rassemblement National à la chambre haute.

Son ascension reflète la transition du parti vers une institution où sa présence était limitée depuis des décennies, tandis que Diaz passe du travail de terrain dans le sud-ouest de la France à un poste de direction au sein de l'une des deux chambres du Parlement. Qui est cette femme qui a parcouru ce chemin du camp de Sarkozy à la direction des députés du Rassemblement National au Sénat ?

Du soutien à Sarkozy à l'adhésion à Le Pen
Diaz, née à Marseille d'un grand-père espagnol qui fut communiste pendant longtemps, a commencé sa carrière professionnelle comme assistante administrative après des études d'espagnol, et est entrée en politique via le parti "Union pour un mouvement populaire" (l'ancien nom du parti Les Républicains), votant pour Nicolas Sarkozy en 2007.

Le tournant décisif est venu en 2012, lorsqu'elle a rencontré Marine Le Pen lors d'un rassemblement électoral durant sa première campagne présidentielle, rejoignant immédiatement le parti à une époque où Florian Philippot, alors vice-président, cherchait à transformer le mouvement en une entité plus professionnelle en attirant de nouveaux talents.

Diaz a rapidement attiré l'attention, et le député européen Jacques Colombier, proche de Jean-Marie Le Pen, l'a parrainée et poussée à travailler dans la préfecture de la Gironde.

Des années de défaites formatrices
Après deux défaites aux élections municipales puis au Sénat, l'année 2015 a été exceptionnelle : elle a été élue conseillère régionale de Nouvelle-Aquitaine puis présidente de la fédération du Rassemblement National en Gironde.

En 2017, elle a perdu les élections législatives face à la candidate du parti "Renaissance" au milieu de la vague macroniste, mais a obtenu environ 43 % des voix au second tour.

Le scénario s'est répété en 2020 lorsqu'elle a échoué à devenir maire de la ville de "Saint-Savin" près de Bordeaux, malgré sa qualification pour le second tour dans une zone connue pour sa modération électorale.

Un cadre du parti commente : "Cela lui a été très utile de perdre plusieurs fois. Elle a labouré le terrain, les échecs se sont accumulés, et elle a vu ce qui marchait et ce qui ne marchait pas chez elle. Rien ne lui échappe, et les électeurs apprécient cela."

2022.. La victoire attendue et l'entrée au Parlement
La composition sociale de la campagne bordelaise, qui comprend des ouvriers agricoles à revenus limités et des difficultés d'accès à Bordeaux en raison des routes sinueuses, et qui était un bastion du mouvement des "Gilets jaunes", l'a aidée.

2022 fut son année, où elle a vaincu la députée macroniste sortante et est entrée à l'Assemblée nationale, bénéficiant d'une reconnaissance notable grâce à ses apparitions répétées aux côtés de Marine Le Pen, y compris lors de la première photo de groupe des députés où elle se tenait à droite de la présidente du groupe, un privilège rare remarqué au sein du parti.

Un député des "Républicains" commente : "Elle répondait parfaitement aux critères que le parti voulait mettre en avant. Jeune, femme, parlant bien et apparaissant très bien."

Ascension rapide au sein du parti
Après des mois d'apparitions fréquentes à la télévision dans des confrontations avec les membres de "La France Insoumise" et les macronistes, elle est devenue vice-présidente du Rassemblement National, puis a connu un succès remarquable grâce à la dissolution soudaine de l'Assemblée nationale en juin 2024 ; elle faisait partie des 39 députés réélus dès le premier tour.

Le député socialiste de la Gironde Sébastien Saint-Pastor analyse que ce vote a été nourri par un sentiment de déclassement social lié à la hausse des prix de l'énergie, ajoutant qu'elle "sait aussi être très présente".

Les municipalités de la Gironde tombent une à une
Elle s'est également appuyée sur le relatif succès du Rassemblement National aux élections municipales de mars dernier, un défi pour un parti qui a souffert pendant des années d'enraciner sa présence locale à part quelques villes symboliques comme Perpignan et Hénin-Beaumont.

Diaz a remporté plusieurs municipalités en Gironde, à commencer par son bastion "Saint-Savin", dans des résultats annonçant un climat positif avant les élections sénatoriales qui restaient longtemps hors de portée pour les cadres de Bardella.

Quelques jours avant le vote, Marine Le Pen a tenu à visiter les victimes des incendies de la zone "Le Bourg" en Gironde accompagnée de Diaz, bien que la circonscription ne soit pas la sienne mais celle de la députée socialiste Pascale Got ; cela a permis des images diffusées dans toute la presse locale durant la campagne sénatoriale.

Entrée historique et dix sièges
Dimanche soir, l'exploit s'est réalisé : Diaz est entrée au Sénat avec 9 autres députés du "Rassemblement National", permettant au parti de dépasser le seuil des dix élus, auxquels s'ajoutent deux membres du parti "Union pour la République" appartenant à son allié Éric Ciotti.

Ce chiffre n'est pas symbolique : posséder 10 membres et un groupe parlementaire signifie garantir davantage de collaborateurs, une présence médiatique plus large et la possibilité de discuter de propositions de loi privées et de former des commissions d'enquête.

Mission difficile.. Unifier des députés divergents
Diaz est désormais présidente du groupe, une mission qui n'est absolument pas honorifique ; elle doit faire travailler ensemble des membres aux profils très différents, entre des députés à tendance sociale comme le député du Nord Joshua Ouchar, et d'autres aux orientations plus libérales comme Laurent Castiello, proche de Ciotti.

Le groupe parlementaire est aussi considéré comme une "soupape de sécurité" potentielle pour des députés des "Républicains" qui pourraient envisager de rejoindre le Rassemblement National avant des élections présidentielles qui semblent difficiles pour le camp de Bruno Retailleau.

Mais la tâche n'est pas facile ; malgré l'entrée historique du parti au Sénat pour la première fois sous la Ve République, il est peu probable qu'il impose réellement son agenda ou devienne une force d'attraction majeure.

Jusqu'à présent, une seule membre des "Républicains" a franchi le "Rubicon" vers le Rassemblement National, tandis qu'un autre député dont on attendait l'adhésion a reculé. Le sénateur républicain Roger Karoutchi résume la situation : "15 sénateurs dans le groupe du Rassemblement National est un grand nombre, mais reste inférieur à notre nombre. Bonne chance pour laisser une empreinte là-bas."

Le parcours d'Édouard Diaz, de jeune militante sous Sarkozy à étoile montante occupant un poste de direction dans les institutions les plus anciennes de la République française, incarne la stratégie du Rassemblement National de choisir des visages jeunes combinant présence médiatique et solidité de terrain. Mais le vrai défi devant elle ne réside pas dans l'entrée dans la forteresse, mais dans la preuve que le parti est capable de laisser une trace réelle à l'intérieur, dans un conseil où la droite traditionnelle domine encore clairement.

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