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Le Premier ministre bangladais a obtenu des engagements chinois pour 9,21 milliards de dollars d’investissements dans des secteurs clés, suscitant des craintes à New Delhi.

La récente visite du Premier ministre bangladais Tariq Rahman en Chine a entraîné des engagements de la part de Pékin pour des investissements massifs, estimés à 9,21 milliards de dollars, dans des domaines stratégiques tels que l’énergie, les infrastructures, les ports, la logistique et l’éducation. Cette avancée suscite des préoccupations croissantes en Inde.
New Delhi considère que l’expansion chinoise au Bangladesh dépasse le simple cadre économique et s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la présence de Pékin dans l’océan Indien. Cette dynamique inclut l’intégration de Dacca au corridor économique sino-myanmarais, dans le cadre de l’initiative "la Ceinture et la Route", selon "Reddit".
Au cours d’un séjour de cinq jours à Pékin, le Premier ministre bangladais a obtenu des promesses d’investissements privés chinois qui dépassent largement la moyenne des flux d’investissements directs étrangers reçus par le Bangladesh au cours des deux dernières années.
Selon l’Autorité de développement des investissements du Bangladesh, onze entreprises chinoises ont présenté des projets couvrant le développement de champs gaziers, la conversion des déchets en énergie, la création de zones industrielles, l’expansion des services logistiques, la fabrication d’équipements électriques, ainsi que la construction d’établissements éducatifs et sanitaires. D’autres initiatives concernent les chemins de fer, l’énergie solaire et le recyclage des déchets électroniques.
Des économistes estiment que ces investissements pourraient stimuler significativement l’économie bangladaise, dont le total des investissements directs étrangers se situe actuellement entre 18,5 et 20 milliards de dollars. Cependant, les nouveaux flux de capitaux restent limités par rapport aux bénéfices réinvestis et aux prêts internes des entreprises étrangères.
Les ports bangladais bénéficient d’une attention particulière dans ces projets. Les investissements prévoient notamment le développement de la zone économique du port de Mongla et l’extension de la zone industrielle du port de Payra, afin d’attirer les industries chinoises et d’améliorer les capacités de stockage et les services logistiques.
Des analystes soulignent que le projet de Mongla revêt également une dimension politique. Le gouvernement intérimaire précédent avait annulé une zone économique destinée aux entreprises indiennes en raison de retards dans sa mise en œuvre, ouvrant ainsi la voie aux investisseurs chinois.
Par ailleurs, les entreprises chinoises envisagent de développer des infrastructures pour la chaîne du froid et des entrepôts douaniers afin de soutenir le commerce électronique et les exportations, dans le cadre d’un plan visant à transformer Mongla en un centre logistique majeur générant des dizaines de milliers d’emplois.
Parmi les projets majeurs figure la création d’un réseau d’hôpitaux spécialisés d’une capacité totale d’environ mille lits dans des villes proches de la frontière indienne, notamment Nilphamari et Sylhet.
Des experts indiens considèrent que ce réseau pourrait réduire la dépendance des Bangladais aux établissements hospitaliers indiens, mais il suscite aussi des inquiétudes sécuritaires au sein des services de renseignement de New Delhi, qui redoutent une possible utilisation future de ces infrastructures à des fins d’espionnage, sans qu’aucune preuve publique n’ait été présentée.
Les agences de sécurité indiennes perçoivent ces investissements chinois comme une composante d’un projet géopolitique plus vaste, notamment du fait de leur concentration dans les ports et zones côtières donnant sur le golfe du Bengale.
Des responsables indiens estiment que le développement des ports de Mongla et Payra, ainsi que de la zone économique chinoise à Anwara près du port de Chittagong, pourrait offrir à Pékin une implantation économique et stratégique renforcée sur la côte bangladaise.
Ces initiatives s’inscrivent parallèlement aux investissements chinois dans le port de Kyaukpyu en Birmanie, un point clé du corridor économique sino-myanmarais. Ce port en eau profonde est relié à des oléoducs et gazoducs conduisant à la province chinoise du Yunnan, permettant à Pékin de réduire sa dépendance au détroit de Malacca.
Des universitaires chinois familiers des orientations des centres de recherche du Yunnan indiquent que Pékin ambitionne d’étendre le corridor économique sino-myanmarais jusqu’au Bangladesh, intégrant ainsi cette route dans le réseau maritime de l’initiative "la Ceinture et la Route".
Selon des analystes, cette démarche renforcerait la capacité de la Chine à connecter ses investissements portuaires et infrastructurels autour du golfe du Bengale et à accroître sa présence dans l’océan Indien, ce que l’Inde considère comme un défi direct à son influence traditionnelle dans sa région voisine.
Alors que Dacca affirme que son objectif principal est d’attirer des investissements et de stimuler la croissance économique, New Delhi continue de surveiller attentivement les avancées chinoises, craignant que cette expansion économique ne se transforme en un levier stratégique durable susceptible de modifier l’équilibre des pouvoirs en Asie du Sud.
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