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Le Congrès américain adopte une loi pour faire payer les data centers

Le Conseil des représentants a approuvé mercredi un projet de loi imposant aux centres de données de supporter une part accrue des coûts énergétiques, avec 417 voix pour et seulement trois contre.

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Le Congrès américain adopte une loi pour faire payer les data centers
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Le Conseil des représentants des États-Unis a adopté, mercredi, un projet de loi visant à faire supporter aux centres de données une part plus importante des coûts liés à leur consommation d’électricité. Ce vote intervient alors que le débat sur la demande énergétique croissante générée par l’essor de l’intelligence artificielle s’intensifie, en pleine campagne préélectorale pour les élections de mi-mandat de novembre.

Le texte, intitulé « Loi sur la protection des contribuables énergétiques », a recueilli un large soutien : 417 voix favorables contre trois opposants. Il oblige désormais les autorités régulatrices des services publics dans chaque État à examiner des règles spécifiques permettant de faire peser sur les centres de données les frais liés à la construction de nouvelles centrales électriques, au développement des lignes de transport et à la modernisation des réseaux nécessaires à leur approvisionnement — plutôt que de les répercuter sur les ménages.

Après son adoption à la Chambre, le projet sera transmis au Sénat, où plusieurs sénateurs ont appelé à une procédure accélérée pour sa validation. Le texte répond à des inquiétudes croissantes concernant la charge financière supportée par les foyers américains du fait de l’expansion rapide des infrastructures informatiques dédiées à l’intelligence artificielle.

Selon ses partisans, la hausse de la demande électrique provenant de ces centres a entraîné une augmentation de 9,3 milliards de dollars des dépenses sur une seule année pour l’un des principaux réseaux électriques du pays, qui dessert environ 67 millions d’abonnés. Brian Steil, président républicain de la Commission de la gestion de la Chambre, a souligné : « C’est simple : les familles ne doivent pas payer les coûts des centres de données. »

Des tensions locales et une dimension électorale

Les critiques à l’égard des centres de données ne se limitent pas à leur consommation d’énergie. Elles englobent également des préoccupations relatives à leur usage massif d’eau, aux nuisances sonores, à la pollution potentielle et aux avantages fiscaux accordés aux grandes entreprises technologiques.

Ces installations sont devenues un enjeu électoral concret : des candidats des deux grands partis, républicain et démocrate, ont intégré la question dans leurs campagnes, notamment dans au moins vingt scrutins répartis sur dix-huit États.

Tandis que l’ancien président Donald Trump continue de promouvoir un développement accéléré de l’infrastructure nationale dédiée à l’intelligence artificielle afin de rivaliser avec la Chine, des appels bipartites se multiplient pour renforcer la régulation du secteur.

Des mesures étatiques et des blocages fédéraux

Dans l’État du Texas, le gouverneur républicain Greg Abbott, candidat à sa réélection en novembre, a suspendu tout nouveau projet de centre de données en attendant une évaluation complète de ses effets sur les approvisionnements en électricité et en eau. L’État de New York a, quant à lui, instauré un moratoire d’un an sur la construction de nouveaux centres de données de grande capacité.

En Ohio, le sénateur républicain John Hostettler a été critiqué par son adversaire démocrate Sherrod Brown en raison de son soutien antérieur aux projets de centres de données.

Le vote survient également dans un contexte de débats élargis au Congrès sur les risques associés à l’intelligence artificielle. Des sondages récents indiquent qu’une proportion significative d’Américains craint que les systèmes avancés d’IA ne constituent une menace future.

Dans ce cadre, le sénateur républicain John Kennedy cherche à faire adopter un texte exigeant des entreprises spécialisées en intelligence artificielle la mise en place d’un « bouton d’arrêt d’urgence » permettant de désactiver les systèmes jugés dangereux. Ce projet a toutefois été bloqué mercredi par le sénateur républicain Rand Paul, qui a estimé qu’il nécessitait davantage d’analyse.

Le sénateur républicain John Curtis et la sénatrice démocrate Lisa Blunt Rochester ont, pour leur part, proposé d’organiser sans délai des auditions publiques réunissant législateurs et développeurs d’intelligence artificielle afin d’explorer des voies de régulation du secteur.

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