Monde
Le président Miguel Díaz-Canel dévoile un vaste plan de réformes économiques pour assouplir le contrôle étatique sur le tourisme, le commerce extérieur et le secteur privé.

Le président cubain Miguel Díaz-Canel a annoncé vendredi une série de réformes économiques inédites visant à libéraliser plusieurs secteurs clés, notamment le tourisme, le commerce extérieur, l'investissement étranger et le secteur privé, dans un contexte de sanctions américaines renforcées. Ces mesures interviennent alors que l'île subit une crise énergétique aggravée par des coupures de courant répétées.
Dans un tournant majeur mettant fin à des décennies de contrôle étatique strict, Díaz-Canel a déclaré aux médias locaux : « Le pays ne s’arrête pas. Il affronte ces circonstances avec beaucoup de sagesse. Nous ne pouvons pas tout dire clairement car l’ennemi surveille chacune de nos actions. » Il a ajouté : « Notre unité est la réponse que nous devons apporter. »
Lors d’une intervention retransmise à la télévision officielle, le président a précisé que ces réformes répondent aux « exigences de la phase actuelle » et visent à accélérer la dynamique économique en insufflant un nouvel élan. Tout en reconnaissant la complexité du contexte international, il a insisté sur le fait que ces changements ne résultent pas de pressions extérieures, appelant à la cohésion face à ce qu’il a qualifié d’« environnement hostile ».
Parmi les mesures phares, l’ouverture du secteur touristique à de « nouveaux acteurs » et l’adoption de « mécanismes innovants » pour l’exploitation des infrastructures hôtelières publiques ont été annoncées, en réaction au retrait total ou partiel de grandes entreprises étrangères cherchant à éviter les sanctions américaines. Le secteur touristique, pilier de l’économie cubaine, traverse une crise profonde depuis la pandémie, aggravée récemment par les pressions croissantes des États-Unis.
Les réformes s’étendent également à l’agriculture, avec un accès direct aux intrants, la possibilité de participer au marché des changes et une réduction des formalités administratives. Le gouvernement de La Havane prévoit aussi de supprimer les agences d’importation étatiques, qui jouaient jusqu’à présent un rôle d’intermédiaire dans le commerce extérieur, et d’assouplir les restrictions à l’importation de véhicules.
En parallèle, Díaz-Canel a annoncé une restructuration de l’appareil d’État visant à diminuer le nombre de ministères. Il a réaffirmé la volonté de poursuivre la suppression progressive des subventions généralisées afin de les cibler vers les populations les plus vulnérables. Ce vaste plan de réformes sera soumis dans les prochaines semaines à l’examen et à l’évaluation des instances politiques avant son adoption définitive.



