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Les États-Unis accélèrent le développement d’armes à énergie dirigée, confrontés à la dépendance aux métaux rares dominés par la Chine.

Le projet américain de modernisation des armes à énergie dirigée, présenté comme une solution face à l’épuisement des munitions dans les systèmes de défense aérienne, se heurte à une difficulté majeure : la dépendance aux métaux rares dont la chaîne d’approvisionnement est dominée par la Chine, selon "National Interest".
Ces armes incluent notamment des lasers à haute énergie et des micro-ondes à haute puissance, capables d’intercepter des cibles à la vitesse de la lumière avec un coût d’exploitation inférieur à celui des missiles traditionnels.
Cette problématique a été mise en lumière après la guerre iranienne de 2026, durant laquelle la consommation de missiles intercepteurs a atteint des niveaux élevés face aux vagues d’attaques par drones et missiles. Un rapport du "Center for Strategic and International Studies" a révélé que les États-Unis et leurs alliés ont utilisé d’importantes réserves de missiles intercepteurs en quelques semaines, soulevant des doutes sur la capacité à soutenir un tel rythme sur une guerre prolongée ou sur un autre théâtre d’opérations.
Face à cette situation, l’armée américaine a accéléré ses programmes liés aux armes à énergie dirigée. La marine a testé le système laser "Helios" à bord du destroyer "USS Preble", tandis que l’armée a évalué des prototypes du système d’énergie dirigée "Em Shorad". Par ailleurs, des indices suggèrent qu’Israël utilise le système "Iron Beam" pour intercepter des drones iraniens.
Dans ce contexte, le Pentagone et la marine ont alloué environ 676 millions de dollars pour développer un nouveau système laser commun, avec des capacités allant de 150 à plus de 300 kilowatts, destiné à contrer les missiles de croisière.
Cependant, même si ces systèmes visent à réduire la dépendance aux missiles intercepteurs, ils ne suppriment pas la nécessité de chaînes d’approvisionnement industrielles. Le défi se déplace vers la production et le stockage d’énergie ainsi que la fourniture des matériaux indispensables à leur fabrication et fonctionnement.
Au lieu de se concentrer sur le nombre de missiles disponibles, la priorité devient l’approvisionnement en gallium pour l’électronique de puissance, en germanium pour les composants optiques et capteurs, et en néodyme pour les aimants puissants.
Les armes à énergie dirigée reposent sur quatre éléments clés dans leurs chaînes d’approvisionnement. Le premier concerne les aimants permanents fabriqués à partir de néodyme et de praséodyme, essentiels pour diriger les faisceaux laser et faire fonctionner des composants cruciaux dans les armes à micro-ondes.
Le second élément englobe l’électronique de puissance, qui utilise des semi-conducteurs en nitrure de gallium, des condensateurs à base de tantale et des commutateurs électroniques en arséniure de gallium.
Le troisième élément porte sur l’optique et les capteurs, avec des systèmes de ciblage nécessitant des lentilles en germanium et des fibres optiques spécialisées intégrant des terres rares comme l’yttrium et l’erbium. Les systèmes à micro-ondes utilisent quant à eux du tungstène et des céramiques isolantes dans certains composants.
Enfin, le quatrième élément est l’énergie elle-même. Le fonctionnement de ces systèmes dépend d’une infrastructure électrique étendue, incluant la production, le stockage, la distribution d’énergie et la gestion thermique. Un laser de combat de 150 kilowatts peut nécessiter plusieurs fois sa puissance nominale en énergie électrique, une fois pris en compte le refroidissement et la gestion énergétique.
Dans cette équation, la Chine joue un rôle central. Elle ne domine pas seulement le traitement des métaux critiques utilisés dans ces systèmes, mais elle développe et déploie également ses propres armes à énergie dirigée.
Parmi ces systèmes figurent le laser "Silent Hunter" d’une puissance de 30 à 100 kilowatts, le système laser naval CASIC LY-1 déployé par la marine chinoise, ainsi que des armes à micro-ondes mobiles telles que le "Hurricane 3000" destinées à neutraliser les essaims de drones.
Pékin développe aussi des lasers terrestres anti-satellites et des armes à micro-ondes conçues pour perturber les réseaux satellitaires en orbite basse, y compris des systèmes visant des constellations comme "Starlink".
Le poids de la Chine s’étend au-delà des métaux rares, puisqu’elle contrôle environ 80 % de la production mondiale de technologies pour l’énergie propre, englobant batteries, électronique de puissance, composants de stockage d’électricité et modernisation des réseaux électriques, éléments indispensables au fonctionnement des armes à énergie dirigée.
Pour répondre à ces enjeux, le département américain de la Défense a commencé à renforcer ses chaînes d’approvisionnement nationales et alliées. Il a alloué 258 millions de dollars à la société "Lynas Rare Earths" pour construire une usine de séparation des terres rares lourdes au Texas, financé des projets d’extraction de gallium à partir de déchets industriels en Louisiane et relancé des initiatives pour exploiter le tungstène sur le sol américain.
La stratégie adoptée repose sur trois axes principaux : assurer une demande stable et durable pour l’industrie, intégrer les risques liés aux matières premières dans la planification militaire et la conception des systèmes, et développer une défense aérienne multicouche combinant canons, missiles intercepteurs, lasers et micro-ondes.
Selon cette approche, les armes à énergie dirigée ne remplaceront pas totalement les missiles intercepteurs, en raison de contraintes liées aux conditions météorologiques, à la portée, à l’énergie et à la nature des cibles. Elles constitueront toutefois une composante d’un dispositif défensif plus large, fondé sur la diversification des moyens de combat et des sources d’approvisionnement.
Avec la montée de la dépendance à l’électricité pour les systèmes militaires futurs, garantir l’accès aux matières premières et à l’infrastructure énergétique devient un enjeu crucial pour la défense aérienne, alors que l’avenir des conflits s’oriente vers des systèmes électromagnétiques énergivores.



