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Les stations relais en Biélorussie attisent les tensions entre Minsk et Kiev
Kiev accuse Minsk d’utiliser des stations relais pour guider des drones russes, Zelensky menace d’agir si ces équipements ne sont pas retirés.

Les stations relais en Biélorussie, accusées par Kiev de servir à diriger des drones russes vers des cibles en Ukraine, suscitent une montée des tensions entre Minsk et Kiev. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a lancé un ultimatum demandant le retrait ou la neutralisation de ces dispositifs, sous peine de mesures à venir, selon "Radio Europe Libre".
Kiev décrit ces installations, ressemblant à des tours de télécommunication ou de diffusion, comme des éléments clés d’une "réseau de stations relais" permettant de piloter à distance des drones russes de type "Shahed", conçus en Iran et modifiés pour changer leurs cibles en vol. Cette capacité rend leur trajectoire plus difficile à suivre et augmente leur dangerosité, d’après les autorités ukrainiennes.
L’expert ukrainien en aviation militaire et drones Anatoli Khraptchinski, vice-président de la société "Pirana Tech" spécialisée dans la lutte anti-drones, explique que ces stations assurent une "connexion fiable et de haute qualité avec les drones jusqu’à 150 kilomètres". Il précise que les premiers modèles de "Shahed" suivaient des coordonnées fixes, tandis que les versions récentes peuvent être partiellement guidées en temps réel par des opérateurs, nécessitant un lien permanent avec la station relais.
En février, Sergui Biskristnov, conseiller au ministère ukrainien de la Défense, a indiqué sur les réseaux sociaux que ces drones communiquaient entre eux et étaient reliés à des stations au sol situées en Biélorussie. Plusieurs points de ce type ont été identifiés comme ayant servi à orienter des attaques contre différentes régions ukrainiennes, notamment Kiev et l’ouest du pays.
Kiev souligne que ces stations sont souvent installées sur des infrastructures civiles telles que des tours de téléphonie ou de diffusion, ce qui complique leur identification. Leur présence sur le sol biélorusse conférerait à la Russie un avantage opérationnel, car elles échappent aux frappes directes ukrainiennes.
Face à cette situation, l’Ukraine envisage le recours au brouillage électronique, une option qui pourrait perturber les réseaux mobiles sur une partie du territoire biélorusse.
Le 19 juin, lors d’une conférence de presse, Zelensky a accusé la Russie d’utiliser ces stations relais en Biélorussie pour piloter des attaques et a sommé Minsk de les désactiver ou de les démonter dans un délai d’une semaine, menaçant Kiev de prendre des mesures en cas de non-respect.
Le 24 juin, des médias ukrainiens ont rapporté que la Biélorussie avait arrêté ces stations deux jours auparavant, sans confirmer leur démantèlement complet. Minsk n’a pas fait de déclaration officielle sur l’existence de ces équipements ni sur les accusations ukrainiennes.
Ces événements illustrent la position délicate du président biélorusse Alexandre Loukachenko, qui cherche à éviter une implication directe dans le conflit tout en ne mécontentant pas Moscou. Il a affirmé avoir discuté avec des représentants de Zelensky de la nécessité de ne pas entraîner la Biélorussie dans la guerre.
Le 25 juin, lors d’une rencontre avec l’ambassadeur russe à Minsk, Loukachenko a déclaré avoir mis en garde Kiev contre toute tentative d’impliquer la Biélorussie dans le conflit. Des médias officiels biélorusses ont ensuite indiqué qu’il se rendait en Russie pour discuter avec le président Vladimir Poutine des relations bilatérales ainsi que de la situation régionale et internationale.
Selon des spécialistes ukrainiens, ces stations relais s’inscrivent dans une évolution plus large des technologies des drones russes. Les modèles récents de "Shahed" peuvent modifier leur trajectoire en vol et recevoir des mises à jour de leurs opérateurs, rendant les attaques plus dynamiques et complexes.
Des rapports ukrainiens indiquent également que certains drones peuvent communiquer entre eux et coordonner leurs opérations via des stations au sol en Biélorussie, avec plusieurs points identifiés comme ayant soutenu des attaques sur diverses zones ukrainiennes.
Les autorités ukrainiennes précisent que ces stations sont déployées de manière à être protégées sur le territoire biélorusse, ce qui limite les possibilités d’actions militaires directes contre elles. Kiev n’exclut pas toutefois l’utilisation de brouilleurs, malgré les risques de perturbations sur les réseaux de communication biélorusses.
Par ailleurs, des enquêtes et reportages font état d’activités militaires russes supplémentaires en Biélorussie, notamment la mise en place de sites de défense aérienne, de guerre électronique et d’installations liées à des systèmes de missiles avancés.
Des sources rapportent aussi la création de bases de lancement de drones près de la frontière, facilitant des frappes aériennes en provenance de l’espace aérien biélorusse. Zelensky a récemment accusé Minsk de construire de nouvelles infrastructures militaires, comprenant routes, dépôts de munitions et de carburant à proximité de la frontière, qu’il qualifie d’objectifs purement militaires.
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