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Mozambique : expansion de Daech et escalade de la guerre du gaz

Les extrémistes de Daech progressent au nord-est du Mozambique malgré le soutien international, tandis que les abus militaires érodent la confiance des populations locales.

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Mozambique : expansion de Daech et escalade de la guerre du gaz
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Les extrémistes de l'organisation « État islamique » (Daech) poursuivent leurs opérations dans les villes mozambicaines et réalisent des avancées dans le nord-est du pays, malgré le vaste soutien international et régional reçu par l'armée, qui souffre particulièrement de la méfiance des populations locales en raison d'accusations d'abus commis par les soldats contre les civils.

9 ans
Le mois d'octobre a coïncidé avec le 9e anniversaire de l'insurrection menée par des extrémistes à Cabo Delgado, l'une des provinces les plus pauvres du Mozambique, mais riche en ressources naturelles, notamment le gaz, dont la société française TotalEnergies prévoit l'exploitation sous forme de gaz naturel liquéfié à partir de 2029.

Lorsque les extrémistes ont attaqué Cabo Delgado il y a neuf ans, précisément le 5 octobre 2017, les forces armées mozambicaines ont été surprises, malgré leur expérience de trois décennies dans la lutte contre les conflits armés internes.

Jusqu'alors, le Mozambique était largement à l'abri des menaces terroristes auxquelles d'autres pays africains et extra-africains étaient confrontés. Les forces de défense autodidactes mozambicaines ne contrôlaient que faiblement la province de Cabo Delgado et n'étaient pas préparées à une guérilla rurale imposée par des extrémistes locaux soutenus de l'extérieur. Elles manquaient de capacités de combat, de logistique, d'équipements militaires modernes, de moyens aériens offensifs et de renseignement militaire.

Depuis lors, les Forces armées démocratiques ont bénéficié d'un entraînement extérieur intensif et d'efforts considérables pour améliorer la logistique et les équipements. Cependant, cela ne s'est pas encore traduit par des résultats concrets sur le terrain, où les communautés locales continuent de souffrir d'un manque de sécurité et de violations des droits humains commises par les forces étatiques. C'est précisément dans ces communautés que les forces armées auraient dû réaliser des progrès notables face aux insurgés.

La prise des capitales provinciales par les rebelles extrémistes et la suspension, en 2021, par TotalEnergies de son projet d'extraction de gaz, estimé à 20 milliards de dollars américains, ont contraint le gouvernement à solliciter un soutien extérieur.

Selon une évaluation de l'Institut d'études de sécurité sud-africain concernant les faiblesses des Forces armées de défense nationale du Mozambique, ces partenariats multidimensionnels incluaient la formation des soldats, la fourniture de matériel et d'équipements, ainsi qu'un soutien logistique.

Ils ont émergé d'un éventail diversifié de partenaires cités par le centre de recherche, à savoir la mission de la Communauté de développement de l'Afrique australe au Mozambique (SAMIM), le Rwanda, l'Union européenne, la Turquie, les États-Unis, la Russie, y compris une intervention brève du groupe Wagner, la Chine et l'Inde.

Ces initiatives contribuent progressivement à transformer les capacités des forces armées et à améliorer le taux de survie des soldats. Néanmoins, le déficit en ressources logistiques et en équipements demeure une faiblesse opérationnelle majeure, la plupart des équipements des forces armées provenant de Russie et de Chine.

Deux points clés
L'analyse de l'Institut met en lumière deux faiblesses principales jusqu'à présent. D'une part, depuis le retrait de la mission SAMIM au milieu de l'année 2024, les embuscades mortelles tendues par les combattants contre l'armée se sont multipliées.

D'autre part, les forces mozambicaines ont été accusées à plusieurs reprises d'exploitation sexuelle de femmes déplacées, de meurtres de civils soupçonnés de collaborer avec les groupes extrémistes, et de crimes de guerre contre les personnes capturées suspectées de liens avec le terrorisme.

Ces violations contre les civils engendrent une défiance envers l'armée au sein des communautés et découlent spécifiquement de la formation incohérente dispensée par les partenaires des forces armées. La « multiplicité des doctrines militaires » sous-jacente à cette formation constitue un obstacle à « l'adoption d'une approche cohérente en matière de droits humains ».

Mais les dirigeants politiques du Mozambique n'ont pas clarifié leur position, selon les observateurs. Dans son discours prononcé en septembre à l'occasion du 62e anniversaire de la création des Forces armées mozambicaines, le président Daniel Chapo n'a mentionné dans aucune de ses recommandations la nécessité de respecter les droits humains lors des opérations antiterroristes.

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