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Le gouvernement pakistanais avertit que toute tentative indienne de priver le Pakistan de sa part d'eau selon le traité du Sind serait un usage d'arme hydraulique aux conséquences graves.

Le gouvernement pakistanais a mis en garde mardi contre toute tentative de l’Inde visant à priver le Pakistan de sa part d’eau conformément au traité du fleuve Sind, estimant qu’un tel acte constituerait un « usage des eaux comme arme » avec des répercussions sérieuses sur la paix et la sécurité régionales.
Ces déclarations ont été prononcées par le ministre des Affaires étrangères, Ishaq Dar, ainsi que par d’autres responsables lors d’une conférence internationale portant sur le traité de 1960. Ce dernier, négocié sous l’égide de la Banque mondiale, organise le partage des eaux du bassin du fleuve Sind entre les deux puissances nucléaires voisines.
Le traité fait face à des pressions croissantes depuis qu’en avril, l’Inde a suspendu sa participation à cet accord après l’assassinat de 26 touristes dans la région du Cachemire sous son contrôle. New Delhi a imputé cette attaque à des militants basés au Pakistan, accusation que Islamabad a niée tout en proposant une enquête indépendante.
Cette attaque a marqué l’une des pires crises dans les relations indo-pakistanaises depuis plusieurs décennies. Les deux pays ont alors réduit leurs relations diplomatiques et commerciales, fermé le principal point de passage frontalier et annulé les visas de leurs ressortissants respectifs.
Les tensions se sont intensifiées en mai 2025 avec des échanges de tirs de missiles, avant qu’un cessez-le-feu soit annoncé par le président américain Donald Trump. Depuis, les relations restent marquées par une forte tension.
Ishaq Dar a insisté sur le fait que « les eaux partagées ne doivent pas être utilisées comme une arme, mais doivent rester un pont pour la coopération, le dialogue et le respect du droit international, au service des générations présentes et futures ».
Le fleuve Sind au cœur du conflit : une crise hydrique menace entre l’Inde et le Pakistan
Le ministre pakistanais a qualifié l’eau d’élément fondamental pour la dignité humaine, la sécurité alimentaire, le développement économique et la durabilité environnementale. Il a souligné que les rivières transfrontalières doivent être un vecteur de coopération plutôt que de confrontation.
Il a critiqué la décision indienne de suspendre le traité en 2025, la qualifiant d’« illégale », et a rappelé que l’accord demeure en vigueur et contraignant, précisant qu’aucune des parties n’a le droit de rompre unilatéralement ses engagements, le traité ne prévoyant pas une telle clause.
Selon lui, toute tentative de détourner, couper ou réduire les eaux destinées au Pakistan serait considérée comme un « acte de guerre », conformément à une décision du comité de sécurité nationale pakistanais prise après l’annonce indienne de suspension de l’accord.
Au cours des derniers mois, le Pakistan a accusé à plusieurs reprises l’Inde de violer le traité depuis sa suspension. Lors de la même conférence, Mehar Ali Shah, président de l’Autorité du système du fleuve Sind au Pakistan, a affirmé que l’Inde avait réduit le débit des eaux du fleuve Chenab ces derniers mois, en infraction avec l’accord.
Plus tôt, le ministre de l’Information, Attaullah Tarar, avait insisté sur le fait que le traité ne peut être modifié, annulé ou suspendu unilatéralement. Il a souligné que sa préservation est d’autant plus cruciale face au changement climatique, à la fonte des glaciers et à l’aggravation de la rareté de l’eau, facteurs menaçant la stabilité régionale à long terme.
Le traité des eaux du fleuve Sind, signé en 1960 sous la médiation de la Banque mondiale, répartit les ressources hydriques entre les deux pays. L’Inde contrôle les rivières orientales Ravi, Sutlej et Beas, tandis que le Pakistan reçoit les eaux des rivières occidentales Sind, Jhelum et Chenab.
Ce traité a résisté à de nombreux conflits, notamment les guerres de 1965 et 1971 ainsi que la guerre de Kargil en 1999, et demeure l’un des rares accords toujours en vigueur entre les deux voisins malgré des décennies de tensions autour du Cachemire.
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