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Production conjointe de systèmes de défense aérienne en Ukraine avec l'Europe et les États-Unis

La coopération militaire s'intensifie en Ukraine avec la production locale de systèmes de défense aérienne sous licences américaines et européennes.

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Production conjointe de systèmes de défense aérienne en Ukraine avec l'Europe et les États-Unis
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Le soutien occidental à l’Ukraine évolue vers une nouvelle phase axée sur la fabrication, directement sur le sol ukrainien, de systèmes de défense aérienne et de missiles intercepteurs. Cette démarche implique une collaboration directe entre les États-Unis et l’Europe, via des licences de production et le transfert de technologies militaires.

Cette initiative établit les bases d’un réseau de coopération défensive inédit, visant à renforcer les capacités ukrainiennes face aux attaques par missiles. Elle marque également une transition des capitales européennes, passant d’un rôle de simples soutiens militaires à celui de partenaires actifs dans la production et l’armement.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a poussé cette orientation lors de ses échanges avec les dirigeants occidentaux, réclamant une position plus ferme envers Moscou ainsi qu’un accroissement de l’aide militaire et défensive, notamment dans le domaine des systèmes anti-aériens et antimissiles balistiques.

Zelensky a confirmé que l’Ukraine recevrait davantage de missiles de défense aérienne ainsi que les licences nécessaires à leur fabrication, en plus d’un plan d’aide spécifique pour l’hiver. Il a souligné la poursuite du soutien américain dans ces secteurs, parallèlement à une intensification des pressions économiques contre la Russie.

Les nouveaux accords occidentaux prévoient la production, en Ukraine, de missiles à longue portée et de systèmes de défense aérienne, grâce à des licences accordées par des entreprises américaines à des fabricants européens et ukrainiens.

Cette coopération inclut aussi une augmentation des livraisons à Kiev de missiles intercepteurs et de systèmes de défense aérienne supplémentaires, ainsi qu’un examen de l’extension des licences pour accroître la capacité de production militaire ukrainienne.

Le chancelier allemand Friedrich Merz a indiqué que des entreprises américaines accorderaient des licences à des fabricants européens dans ce cadre. Par ailleurs, le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé la fourniture d’uranium enrichi à l’Ukraine pour alimenter ses installations nucléaires, accompagnée d’un nouveau train de sanctions contre la Russie.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a appelé à un financement supplémentaire pour répondre aux besoins de Kiev, après que l’Union européenne ait approuvé un prêt de 90 milliards d’euros couvrant une large part de ces besoins.

Le président français Emmanuel Macron a déclaré que l’Ukraine disposait désormais des licences nécessaires pour produire des armes sur son territoire, afin d’accélérer son armement. La Première ministre italienne Giorgia Meloni a quant à elle souligné l’existence d’un consensus total sur le soutien à Kiev.

De son côté, Youri Ouchakov, conseiller du Kremlin aux affaires étrangères, a qualifié l’influence européenne sur la position américaine de « non bénéfique », précisant que Moscou suit les développements et attend les résultats de cette nouvelle étape.

Face à l’expansion de la production militaire en Ukraine et à l’implication directe croissante de l’Europe, la question demeure : jusqu’où cette coopération militaire peut-elle s’étendre dans les mois à venir ?

Concernant la portée de cet accord, le général de brigade Nidal Zahoui, expert militaire, a expliqué que le rôle européen dans le conflit ukrainien s’est élargi vers une coopération militaire organisée, incluant la formation des forces ukrainiennes et le renforcement de la coordination sécuritaire entre les parties.

Dans un entretien avec "Irem News", il a précisé que le partenariat actuel s’étend également au secteur industriel militaire, l’Ukraine disposant d’une infrastructure productive et d’une expertise accumulée dans la fabrication d’armes, dont une partie remonte à l’époque soviétique.

Le général Zahoui a ajouté que cette situation permet aux pays européens de tirer parti des capacités industrielles ukrainiennes dans des domaines où l’expansion est difficile au sein de l’Union européenne en raison de contraintes légales et réglementaires.

Il a souligné que l’un des axes majeurs de la coopération actuelle consiste à intégrer les systèmes ukrainiens d’alerte précoce et de défense aérienne avec les dispositifs européens, en s’appuyant sur les expériences acquises par les deux parties durant le conflit.

Le spécialiste a indiqué que les accords sécuritaires à long terme signés entre l’Ukraine et l’Union européenne s’approchent, dans certains aspects, de formules de défense avancées, sans toutefois atteindre encore le niveau d’une alliance stratégique complète.

Zahoui a affirmé que l’Union européenne tend progressivement à renforcer son autonomie défensive et à réduire sa dépendance aux États-Unis, ce qui la conduit à approfondir ses partenariats militaires avec l’Ukraine et les pays d’Europe de l’Est, perçus comme la première ligne de défense contre les menaces aériennes et balistiques potentielles.

Pour sa part, Dimitri Brige, directeur de l’unité d’études russes au Centre d’études arabes eurasiennes, a expliqué que l’Europe considère l’Ukraine comme un élément clé du système de sécurité collective européen, ce qui justifie l’engagement des capitales européennes à établir des arrangements durables dépassant le simple soutien militaire traditionnel.

Dans une interview à "Irem News", Brige a précisé que les dirigeants européens se préparent dès maintenant à divers scénarios pouvant découler d’un éventuel règlement ou accord de paix futur, convaincus que la prochaine phase imposera de nouvelles équations sécuritaires et militaires sur le continent.

Il a insisté sur le fait que ces préparatifs incluent le renforcement des capacités d’armement ukrainiennes, l’élargissement des programmes de formation militaire, ainsi que l’amélioration de la préparation défensive des pays européens et la sécurisation de la profondeur stratégique du continent.

Le directeur de l’unité d’études russes a souligné que ces dossiers constituent le cœur de la politique européenne actuelle à l’égard de la guerre, traitée comme un volet d’arrangements sécuritaires durables et non comme des mesures temporaires liées uniquement au conflit en cours.

Il a conclu que la poursuite de ces politiques suscite des critiques de Moscou et de ses responsables militaires, qui y voient la volonté européenne de maintenir son soutien à l’Ukraine et de renforcer ses capacités défensives et militaires dans une perspective à long terme concernant la sécurité européenne.

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