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Russie dévoile le système Zubr autonome de défense anti-drones en service
La Russie présente pour la première fois le système Zubr, un dispositif autonome de défense anti-drones désormais opérationnel pour protéger ses infrastructures critiques.

La Russie a diffusé des images inédites de son système Zubr, un dispositif automatisé conçu pour détecter, suivre et neutraliser les drones avec une intervention humaine minimale.
Selon un rapport du site Defense Blog, cette annonce s’accompagne de la confirmation par Rostec, le géant public russe de la défense, que la première série de systèmes Zubr est désormais déployée pour assurer la protection des infrastructures vitales à travers le pays.
Il s’agit de la première fois que Moscou montre ce système non pas comme un prototype, mais comme une arme pleinement opérationnelle accomplissant sa mission.
Le système Zubr avait été présenté publiquement pour la première fois lors du salon militaire Army-2024 en août 2024, où il avait attiré l’attention.
La nouvelle version dévoilée montre le système en fonctionnement : le radar détecte un objectif aérien, le suivi automatique verrouille la cible sans intervention de l’opérateur, tandis que les unités d’artillerie ouvrent le feu.
Les concepteurs expliquent que Zubr identifie et suit les drones de manière autonome, ne nécessitant de l’opérateur que la décision finale et l’ordre d’engagement.
Cette répartition des tâches, où la machine assure la détection et le suivi et l’humain prend la décision de tir, constitue le principe fondamental du système que la Russie souhaite mettre en avant.
Chaque système Zubr comprend quatre unités de tir, un centre de contrôle centralisé et une station radar dédiée.
Chaque unité de tir est équipée d’un système de ciblage électro-optique et armée de quatre mitrailleuses PKT ou PKTM de calibre 7,62 mm, calibre utilisé depuis des décennies sur les chars soviétiques et russes, réparties en quatre canons par unité pour couvrir l’espace aérien autour de tout drone entrant avec un volume de feu suffisant pour garantir sa destruction.
Avec quatre unités par système et quatre mitrailleuses par unité, Zubr peut engager simultanément seize canons mitrailleurs sur toute menace aérienne pénétrant dans sa zone d’action.
La station radar intégrée au système Zubr détecte aussi bien les grandes que les petites cibles aériennes jusqu’à une portée de 1,5 kilomètre, offrant un temps d’alerte suffisant pour identifier la cible et ouvrir le feu avant que le drone rapide n’atteigne la zone d’impact.
Le système fonctionne en continu, ce qui est crucial face à l’intensification des raids nocturnes de drones ukrainiens sur le territoire russe, où la surveillance visuelle par caméras ou gardes devient peu fiable. La détection radar élimine cette vulnérabilité en rendant l’obscurité sans effet sur la surveillance.
Bekhan Ouzdouïev, directeur industriel du groupe armement de Rostec, a déclaré que le système avait démontré lors des essais une grande efficacité contre des cibles petites et rapides.
Les analystes estiment que la portée effective d’engagement contre les petits drones FPV (First Person View) se situe entre 370 et 450 mètres, ce qui classe Zubr dans la catégorie de la défense de dernier recours.
Cette notion de « dernier rempart » signifie que le système n’est pas conçu pour intercepter les menaces à distance, mais constitue la dernière ligne de défense entre le drone et l’infrastructure qu’il vise, intervenant dans les secondes finales de son vol, lorsque les autres couches de défense aérienne ont été épuisées ou contournées.
La Russie a clairement défini cette classification, présentant Zubr comme une protection de la « zone proche » autour des sites sensibles, et non comme une solution de défense à large échelle.
Le déploiement de Zubr s’inscrit dans le cadre de l’escalade continue des attaques de drones ukrainiens sur le sol russe.
Les services de sécurité ukrainiens ont indiqué que leur unité « Alpha » avait détruit à elle seule des systèmes de défense aérienne russes pour une valeur avoisinant les 4 milliards de dollars en 2025, illustrant ainsi l’ampleur des pertes subies par Moscou et justifiant la nécessité urgente de systèmes de défense automatisés à courte portée, ne reposant pas sur des missiles interceptants coûteux.
Un système de défense aérienne économique basé sur l’artillerie et suffisamment automatisé pour réagir plus rapidement qu’un opérateur humain apparaît comme une solution rationnelle face aux drones d’attaque peu coûteux, qui arrivent en nombre supérieur à la capacité des systèmes de missiles à les traiter efficacement en termes de coûts.
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