Monde
Syrie demande la clôture du dossier « non-conformité » devant l’AIEA
Syrie réitère sa demande de clôture immédiate du dossier « non-conformité » devant le Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique, après avoir ouvert le site de Deir ez-Zor et déclaré un second site nucléaire non annoncé auparavant.

Syrie affirme son engagement total en faveur d’une coopération transparente avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et appelle à la suppression du point intitulé « non-conformité » ainsi qu’à la clôture définitive du dossier lors de la prochaine session du Conseil des gouverneurs.
Lors d’une présentation officielle à Vienne devant les représentants et ambassadeurs des États membres de l’AIEA, le ministère syrien des Affaires étrangères et l’Autorité syrienne de l’énergie atomique ont exposé les mesures nationales prises pour résoudre ce dossier. Celles-ci comprennent notamment une déclaration volontaire de matériaux nucléaires non signalés précédemment, suivie de leur soumission aux garanties et au contrôle international.
Deux communiqués distincts, publiés séparément par le ministère des Affaires étrangères et par l’Autorité syrienne de l’énergie atomique, précisent que la délégation syrienne a indiqué, dans cette présentation, la décision prise par les autorités de Damas d’ouvrir le site de Deir ez-Zor à l’AIEA après plus de dix-huit ans, ainsi que la communication à l’Agence d’un second site non déclaré contenant des matériaux nucléaires. Ces gestes sont présentés comme une démonstration concrète de la volonté de coopération et d’ouverture de la Syrie afin de renforcer la confiance avec la communauté internationale.
Mudar Al-Akla, président de l’Autorité syrienne de l’énergie atomique, a déclaré que Damas attendait la « démarche positive » promise par l’AIEA pour clore le dossier « non-conformité ». Il a mis en garde contre la persistance de ce point à l’ordre du jour du Conseil des gouverneurs durant la session de septembre, jugeant qu’elle entraînerait un gaspillage injustifié de ressources et d’efforts.
Le terme « non-conformité » a été retenu par l’AIEA depuis 2011, suite à la non-déclaration par la Syrie d’un réacteur nucléaire présumé à Deir ez-Zor et à l’absence de fourniture des informations requises par l’Agence sur ce site. Ce dossier demeure inscrit à l’ordre du jour du Conseil des gouverneurs, malgré les démarches actuelles visant à le régler.
Al-Akla a souligné que le gouvernement syrien actuel n’a aucun lien avec les activités nucléaires non déclarées imputées au régime précédent, qui avaient conduit à l’inscription de la Syrie dans cette situation de « non-conformité ». Selon lui, Damas a traité ce dossier comme une responsabilité nationale et adopté une stratégie fondée sur une coopération pleine et entière avec l’AIEA.
Il a ajouté que la Syrie avait fourni des facilités techniques et logistiques qualifiées d’« inédites » et « sans condition », destinées à répondre aux demandes de précisions de l’AIEA et à créer les conditions optimales pour les opérations de vérification et d’inspection.
Les autorités syriennes ont également mené des recherches actives afin de localiser les informations et les matériaux nucléaires concernés. Les substances identifiées ont été placées sous garanties et surveillance nationales, sous la supervision directe de l’AIEA.
Par ailleurs, Ibrahim Al-Ali, représentant permanent de la Syrie auprès des Nations unies, a annoncé le lancement de la première opération de destruction de certaines substances chimiques découvertes sur le territoire syrien depuis la chute du régime précédent.
Intervenant lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée à la situation au Moyen-Orient, Al-Ali a déclaré, selon l’agence SANA : « Je souhaite vous annoncer aujourd’hui un moment historique : le début de la destruction de certaines substances chimiques retrouvées en Syrie, dans le cadre des procédures de vérification appliquées par le secrétariat technique de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques. »
Il a précisé que « cette opération constitue la première destruction de ce type depuis la libération de la Syrie du régime précédent, ainsi que la première destruction de munitions chimiques sur le sol syrien depuis 2014 », estimant que ce développement « pourrait servir de modèle pour une diplomatie associée à une volonté sincère et à un esprit de coopération internationale ».
Dans un rapport confidentiel rendu public récemment, l’AIEA a fait état de la découverte d’environ 73 tonnes d’uranium naturel sur un site syrien, dont 55 tonnes sous forme de barres de combustible et environ 18 tonnes constituées de déchets et de ferraille d’uranium.
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