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Donald Trump dénonce l’inégalité des contributions financières des membres de l’OTAN avant la réunion des dirigeants prévue à Ankara.

À l’approche du sommet des chefs d’État de l’OTAN à Ankara la semaine prochaine, le président américain Donald Trump a renouvelé ses critiques contre l’alliance, estimant que les États-Unis supportent une charge financière disproportionnée par rapport à leurs alliés.
Ces déclarations interviennent dans un contexte de tensions internes au sein de l’alliance, notamment en raison du refus de certains membres de s’engager dans le conflit américain contre l’Iran, des différends autour du statut du Groenland, ainsi que des menaces répétées de Trump de revoir l’engagement de Washington envers l’OTAN, selon la revue Newsweek.
Sur la plateforme Truth Social, Trump a affirmé que les États-Unis dépensent 999 milliards de dollars pour la défense, contre 90,5 milliards pour le Royaume-Uni, 66,5 milliards pour la France, 48,8 milliards pour l’Italie et 44,3 milliards pour la Pologne, qualifiant cet écart d’« absurde ».
Une analyse des données de l’OTAN révèle que quatre des chiffres cités correspondent au rapport annuel de l’alliance pour la période 2014-2025, à l’exception du montant américain, que l’OTAN estime à environ 980 milliards de dollars pour 2025, et non 999 milliards.
Le discours de Trump omet de rappeler que l’article 5 du traité de l’OTAN, qui considère toute attaque contre un membre comme une attaque contre tous, n’a été activé qu’une seule fois depuis la création de l’alliance, après les attentats du 11 septembre 2001, en soutien aux États-Unis.
À la suite de ces attaques, l’OTAN a lancé l’opération Eagle Assist, mobilisant sept avions d’alerte avancée et plus de 830 militaires de treize pays, réalisant plus de 360 missions aériennes pour sécuriser l’espace aérien américain.
Plusieurs alliés, dont le Royaume-Uni, ont également participé au conflit en Afghanistan, subissant des pertes humaines et engageant des dépenses de plusieurs milliards de dollars.
Les États-Unis bénéficient par ailleurs d’un vaste réseau de bases militaires en Europe, telles que Lakenheath et Mildenhall au Royaume-Uni, Ramstein et Spangdahlem en Allemagne, Aviano en Italie, Lajes aux Açores, ainsi qu’Incirlik en Turquie. Cette implantation leur confère une capacité importante de déploiement rapide sur le continent européen et au-delà.
Le général Alexus Greenwich, commandant de la Commandement européen des forces américaines, a déclaré devant la commission des forces armées du Sénat que sa mission principale consiste à exploiter la position géographique, ainsi que les capacités militaires et économiques de l’Europe, pour protéger les intérêts vitaux des États-Unis.
Son prédécesseur, le général Christopher Cavoli, a souligné que l’infrastructure militaire américaine en Europe permet à Washington d’étendre sa capacité de projection de puissance à l’échelle mondiale.
L’importance de l’alliance dépasse le cadre militaire, puisque les États-Unis et l’Union européenne entretiennent la plus grande relation commerciale au monde, avec un volume d’échanges de biens avoisinant 1,05 trillion de dollars en 2025, ainsi qu’environ 500 milliards de dollars dans le commerce des services en 2024, selon les données du représentant américain au commerce.
Dans ce contexte, Newsweek rappelle que la présence militaire américaine en Europe ne se limite pas à la protection des alliés, mais sert également les intérêts stratégiques et économiques de Washington, en assurant la stabilité d’un de ses principaux partenaires commerciaux et en fournissant une infrastructure avancée permettant aux forces américaines de mener des opérations dans différentes régions du globe.
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