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Le Parlement turc a approuvé lundi une loi établissant un cadre juridique pour la dissolution du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), classé organisation terroriste par Ankara, Washington et l’UE, et visant à faciliter la réintégration de certains anciens combattants.

Le Parlement turc a adopté lundi une loi instaurant un cadre juridique destiné à permettre la dissolution du Parti des travailleurs du Kurdistan, groupe interdit. Ce vote constitue une étape majeure dans la perspective d’une issue à un conflit armé qui dure depuis plusieurs décennies et a fait des dizaines de milliers de morts.
Cette disposition prévoit une protection juridique pour de nombreux anciens combattants n’ayant pas commis d’infractions spécifiques. Elle autorise également la suspension de peines de prison prononcées contre certaines personnes condamnées pour appartenance au PKK, créant ainsi les conditions d’une réinsertion sociale, selon Reuters.
Le texte a été approuvé par 468 voix sur les 600 sièges du Parlement. Il a bénéficié du soutien du Parti de la justice et du développement, du Parti du mouvement nationaliste et du Parti démocratique des peuples.
Le Parti des travailleurs du Kurdistan, désigné organisation terroriste par la Turquie, les États-Unis et l’Union européenne, a lancé sa campagne armée en 1984. Ce conflit a entraîné la mort de plus de 40 000 personnes, pesé lourdement sur l’économie du sud-est de la Turquie, région majoritairement kurde, et nourri un clivage politique et social durable.
La loi vise à régler une question centrale dans le processus de paix : le sort réservé aux milliers de membres du PKK en cas de démantèlement de ses structures militaires et organisationnelles.
Cependant, ce dispositif ne répond pas aux revendications kurdes plus larges, notamment celles portant sur l’élargissement des droits politiques et culturels, la réforme de la législation antiterroriste ou la situation d’Abdullah Öcalan, chef historique du groupe, incarcéré depuis 1999.
Le gouvernement qualifie cette initiative de composante de la stratégie « Turquie sans terrorisme ». Des élus kurdes estiment, eux, qu’une paix durable exige des réformes démocratiques et juridiques plus profondes.
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