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Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé que 10 % du stock actuel américain de missiles Patriot suffiraient à intercepter l’intégralité des attaques balistiques russes, tandis que 5 % permettraient à l’Ukraine de traverser l’hiver.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré mercredi que son pays ne disposait actuellement que d’un dixième des missiles intercepteurs dont il avait urgemment besoin auprès des États-Unis pour faire face à la montée en puissance des frappes balistiques russes.
Il a précisé qu’un transfert de 10 % du stock américain actuel de missiles Patriot permettrait de neutraliser l’ensemble des tirs balistiques russes, tandis que 5 % suffiraient à garantir la survie opérationnelle de l’Ukraine pendant l’hiver. « Si les États-Unis nous vendent 5 %, nous traverserons l’hiver et sauverons des vies. Si nous obtenons 10 %, nous détruirons tous les missiles balistiques russes. Pour l’heure, je n’ai que 1 % », a-t-il souligné.
Zelensky a indiqué que ses efforts quotidiens visaient à porter ce taux de 1 % à 5 % dans les prochains mois, via des contacts et des accords non divulgués, qu’il a qualifiés de légaux mais extrêmement sensibles.
Il a évoqué l’incertitude persistante quant à la manière dont l’engagement du président américain Donald Trump d’autoriser l’Ukraine à produire localement des systèmes intercepteurs Patriot se traduirait concrètement. Obtenir 5 % du stock américain, a-t-il insisté, constituait « un défi colossal », l’un des plus importants depuis le début du conflit.
Le chef d’État ukrainien a appelé directement la Maison-Blanche, ainsi que ses alliés, à renforcer le soutien relatif au système Patriot, sans toutefois révéler le contenu de ses derniers échanges avec l’administration Trump.
Le déficit critique en missiles Patriot contraint Kiev à limiter la diffusion publique des données relatives aux interceptions de missiles russes.
Dans une interview accordée à CNN, Zelensky a décrit ses journées comme consacrées à « des millions d’appels téléphoniques » et à la conclusion d’accords discrets avec des partenaires afin de sécuriser davantage de ces munitions.
Il a fait état d’une baisse de 2,5 fois du stock ukrainien de missiles intercepteurs par rapport à celui de 2025, alors que le nombre mensuel d’attaques balistiques russes a doublé.
« Des attaques ont lieu chaque nuit, et nous faisons face à quatre ou cinq vagues massives par mois… Ce sont des nuits terrifiantes. Le peuple reste résistant et héroïque, mais il est épuisé », a-t-il ajouté.
Zelensky a jugé nécessaire une « implication américaine accrue » dans le cadre d’un plan de paix, exprimant sa considération pour l’équipe de Trump et sa volonté de progresser, tout en affirmant que le président russe Vladimir Poutine « ne souhaite pas mettre fin à la guerre maintenant et n’est pas soumis à une pression suffisante ».
Il a rejeté catégoriquement toute idée de céder les territoires restants du Donbass, soulignant que des garanties de sécurité demeuraient fondamentales pour Kiev. « La Russie parle de territoire… La question est : qu’est-ce qui empêcherait Poutine de revenir, après une longue pause, avec un million ou deux millions de soldats ? Et pourquoi ne réoccuperait-il pas notre pays ? », a-t-il interrogé.
Il a confirmé avoir récemment échangé avec le vice-président américain JD Vance, sans préciser si ce dernier lui avait demandé de cesser les attaques contre un port pétrolier russe en mer Noire — des frappes que le Financial Times a liées à des pertes pour des entreprises américaines et à un risque de hausse des prix mondiaux de l’énergie.
Ce déficit mondial de missiles Patriot s’explique notamment par l’usage intensif qu’en a fait Washington dans le cadre de sa riposte aux attaques iraniennes par missiles et drones à faible coût. Cette pénurie pèse lourdement sur l’Ukraine, certaines villes se retrouvant, lors de nuits précises, totalement dépourvues de capacité défensive contre les frappes russes.



