Santé
Une étude menée par des chercheurs de l’université Ain Shams révèle que le dolaglutide, un médicament GLP-1 administré une fois par semaine, améliore significativement la régulation glycémique chez 80 adolescents atteints de diabète lié à la thalassémie bêta transfusion-dépendante, avec de meilleurs résultats que l’insuline quotidienne sur plusieurs indicateurs.

Des chercheurs ont démontré qu’un médicament de la classe des agonistes du récepteur GLP-1 pourrait permettre un meilleur contrôle glycémique chez des adolescents souffrant de diabète associé à la thalassémie, avec des performances supérieures à celles de l’insuline sur certains paramètres clés.
Ces molécules, aujourd’hui largement utilisées dans la prise en charge de l’obésité, sont également prescrites depuis plusieurs années pour le traitement du diabète. Leur mécanisme d’action repose sur la stimulation de la sécrétion d’insuline par le pancréas et la régulation des concentrations de glucose dans le sang.
L’étude, pilotée par une équipe de l’université Ain Shams en Égypte, s’est concentrée sur des adolescents atteints de diabète secondaire à la thalassémie bêta transfusion-dépendante (TDT). Cette maladie génétique perturbe la synthèse de l’hémoglobine ; les formes sévères nécessitent des transfusions sanguines régulières. À force de répétition, ces transfusions entraînent une surcharge en fer, pouvant endommager le pancréas, altérer sa capacité à produire de l’insuline et accroître le risque de développer un diabète.
Elle a inclus 80 adolescents âgés de 10 à 18 ans, tous porteurs d’un diabète lié à la thalassémie et présentant une réponse insuffisante à la metformine. Les participants ont été répartis en deux groupes : l’un a reçu du dolaglutide une fois par semaine, l’autre de l’insuline quotidiennement, pendant une période de 24 semaines.
Les résultats montrent que les patients traités par dolaglutide ont obtenu une amélioration plus marquée du contrôle glycémique. Leur glycémie a présenté moins de variations, leur taux moyen de glucose a diminué, et ils ont passé davantage de temps dans la fourchette cible recommandée.
En outre, aucun gain de poids notable n’a été observé dans le groupe dolaglutide. Des signes préliminaires suggèrent également que ce traitement pourrait contribuer à limiter l’accumulation de fer dans l’organisme.
Les auteurs soulignent que cette efficacité potentielle pourrait s’expliquer par le mode d’action spécifique des agonistes GLP-1 : ils activent la production résiduelle d’insuline par le pancréas, plutôt que de compenser son déficit par une administration exogène.
Toutefois, les chercheurs précisent que ces conclusions restent préliminaires. Ils appellent à des essais cliniques plus vastes, multicentriques et suivis sur des durées plus longues afin de confirmer l’efficacité et la sécurité du dolaglutide dans cette population, ainsi que d’évaluer son impact possible sur la surcharge férrique.
L’étude a été publiée dans la revue Diabetologia.



