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Six moteurs à essayer si Google change

Google s’apprête à modifier profondément Search, et plusieurs moteurs alternatifs mettent en avant l’absence de publicités, la confidentialité ou des options sans IA.

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Six moteurs à essayer si Google change
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Google s’apprête à changer sensiblement, et ceux qui n’apprécient pas la fonction AI Overviews risquent de ne pas aimer la suite. Lors de la keynote Google I/O 2026, cette semaine, l’entreprise a annoncé une refonte de Search fondée sur une approche conversationnelle et pilotée par l’IA.

Elizabeth Reid, responsable de l’organisation Search chez Google, a résumé cette évolution en ces termes : « This is the biggest upgrade to our iconic search box since its debut over 25 years ago ». Désormais, la recherche sur Google propose d’emblée le mode IA, et même sans l’activer, un résultat peut afficher un AI Overview accompagné d’une boîte de dialogue pour poser des questions de suivi.

Une fois cette boîte ouverte, Google prend davantage l’allure de ChatGPT que du moteur de recherche installé dans les usages depuis des décennies. L’annonce n’a pas suscité la réaction espérée par Google, et de nombreux utilisateurs y voient un nouvel exemple d’une entreprise technologique qui insère agents IA et chatbots partout où elle le peut.

Sur la vidéo publiée par Google pour présenter ces évolutions de Search, un commentaire résume ce sentiment : « this is the best advertisement for letting people know it’s time to get a different search engine ». La nouvelle version de Google Search, que Reid décrit comme « AI search through and through », risque d’éloigner des utilisateurs.

Au-delà de l’IA générative, certains se lassent aussi de la domination de Google. En 2024, un tribunal de district américain a jugé que Google avait agi illégalement pour maintenir un monopole dans la recherche en ligne.

Des alternatives sans publicité ni IA

Avant les AI Overviews, ce sont les publicités qui agacaient déjà. Elles restent non négociables pour Google, car c’est ainsi que Google Search gagne de l’argent, mais d’autres moteurs tentent d’exister sans ce modèle.

Kagi veut précisément démontrer qu’un moteur sans publicité peut aussi fonctionner. Pour 5 dollars par mois, ou 10 dollars pour des recherches illimitées, il donne accès à un moteur sans publicité et sans AI overviews.

Kagi ne se limite pas à une version sans publicité de Google. Le service permet aussi de personnaliser la recherche en filtrant certains sites et en affinant les résultats grâce à des « lenses » ; dans un cadre scolaire, par exemple, son filtre académique aide à trouver des articles de revues sur un sujet plutôt que des billets de blog.

Si les résumés d’IA de Google vous semblent parfois utiles, Kagi propose aussi « Quick Answer », une fonction alimentée par l’IA qui résume une réponse et ajoute des liens vers ses sources. Et si vous ne voulez pas de ces synthèses, il n’est pas nécessaire de les générer.

DuckDuckGo offre, lui, un moteur gratuit financé par la publicité, mais sans collecte des données de recherche, de navigation et d’achats. Les annonces sont choisies en fonction du sujet recherché ; une requête sur des billets de concert peut ainsi faire apparaître une publicité SeatGeek.

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Confidentialité, proxy et réglages

DuckDuckGo reprend une interface qui rappelle celle de Google, et peut lui aussi afficher une réponse générée par IA dans les résultats. Si cela gêne l’utilisateur, il est possible de désactiver complètement les fonctions d’IA dans le menu des réglages.

Startpage fonctionne différemment : il s’agit d’un proxy pour Google, alors que DuckDuckGo dispose de son propre index de recherche. Le service agit comme intermédiaire entre l’utilisateur et le géant technologique.

Concrètement, Startpage retire des requêtes des données personnelles comme l’adresse IP, les envoie à Google via le cloud, puis renvoie l’information à l’utilisateur. Le résultat est donc celui de Google, sans que Google sache qui effectue la recherche, même si le moteur reste Google ; Startpage permet au moins de désactiver les fonctions d’IA.

Le moteur &udm=14 pousse la logique plus loin en simplifiant encore l’expérience. Son nom vient de la chaîne de caractères qu’il ajoute à toutes les recherches sur Google.

En ajoutant &udm=14 à une recherche Google, on obtient les mêmes résultats, mais sans AI overview. Le faire manuellement après chaque requête est fastidieux, et c’est précisément pour cela que &udm=14 l’applique automatiquement.

Le développeur a même mis le code sur GitHub, afin que chacun puisse faire tourner sa propre version de &udm=14. Pour ceux qui s’inquiètent de la confidentialité, Startpage reste probablement préférable, mais les deux offrent, en pratique, un Google sans IA.

Brave et Ecosia complètent le tableau

Brave propose à la fois un navigateur et un moteur de recherche. Comme le navigateur repose sur Chromium, la même base open source que Google Chrome, les extensions Chrome peuvent être utilisées dans Brave.

Sur le terrain de la recherche, Brave permet d’appliquer à ses requêtes certains « Goggles » tiers, qui orientent les résultats. Parmi eux figurent « News from the Right », « News from the Left », « Tech Blogs », ainsi que des options plus spécialisées comme « Hacker News/1k short », qui privilégie les domaines fréquemment cités sur le forum Hacker News de Y-Combinator, mais sans les 1 000 domaines les plus populaires, ce qui écarte davantage de sites grand public ; il existe aussi « No Pinterest ».

Brave permet également d’activer ou de désactiver les fonctions d’IA. Ecosia, de son côté, propose lui aussi un navigateur et un moteur de recherche, également bâtis sur Chromium, ce qui signifie que les plug-ins Chrome devraient y fonctionner.

Comme son nom l’indique, Ecosia met en avant une promesse plus écologique que d’autres plateformes de recherche. Le service gagne de l’argent grâce aux publicités, mais reverse environ 80 % de ses revenus à des initiatives de plantation d’arbres dans le monde.

La plantation d’arbres peut parfois être un signal d’alerte en matière de greenwashing, mais Ecosia travaille avec des communautés engagées dans des efforts locaux de reforestation, publie des rapports financiers mensuels pour la transparence et tient un blog sur l’impact réel de ses actions.

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