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Starlink vise la Lune, Musk officialise le projet

SpaceX a confirmé que Starlink étudie des services de communication au-delà de l’atmosphère terrestre, alors qu’Elon Musk a parlé en février 2026 d’une « off-Earth expansion ».

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Starlink vise la Lune, Musk officialise le projet
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SpaceX a désormais confirmé publiquement que Starlink explore des services de communication au-delà de l’atmosphère terrestre. Ce qui relevait jusque-là d’une proposition discrète adressée à la NASA est devenu une ambition officielle de l’entreprise, après la déclaration d’Elon Musk en février 2026 d’une « off-Earth expansion ».

Cette séquence prolonge aussi une présentation faite en novembre 2024 à la NASA pour une constellation Marslink capable de fournir plus de 4 Mbps de bande passante entre la Terre et Mars. Le calendrier intervient alors que le programme Artemis de la NASA vise un alunissage habité dès la fin de 2027.

Une technologie déjà en orbite

Le matériel de base d’un réseau lunaire existe déjà dans l’espace. Starlink exploite actuellement plus de 9 000 liaisons laser inter-satellites, des connexions optiques directes entre satellites qui contournent entièrement les stations au sol.

Ces liaisons transportent plus de 42 petabytes de données chaque jour avec un taux de disponibilité supérieur à 99 %, d’après Basenor, début 2024. Comme les signaux laser se déplacent dans le vide plus vite que la lumière dans la fibre optique, la même technologie peut s’étendre naturellement aux distances cislunaires, et SpaceX teste déjà cette architecture.

« The Starlink team is exploring ways to extend connectivity beyond our planet pic.twitter.com/MJLKNvWdxK »

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Une concurrence déjà installée

La NASA dispose déjà du Deep Space Network, un ensemble de grandes antennes radio gérées par le JPL, mais ce dispositif n’a jamais été conçu pour les besoins soutenus et à haut débit d’une présence lunaire permanente. Dans le cadre d’Artemis, la NASA a déjà retenu Intuitive Machines pour démontrer le premier relais lunaire commercial, tandis que Nokia Bell Labs travaille depuis des années sur un réseau lunaire de surface en 4G/5G.

Starlink arriverait sur ce marché avec une maille laser déjà éprouvée et une capacité de montée en charge rapide, deux atouts que ses concurrents ne peuvent pas encore revendiquer. La physique fixe toutefois des limites réelles : la Lune se trouve à environ 384 000 km, ce qui signifie qu’un signal laser met un peu plus d’une seconde dans chaque sens, soit plus de deux secondes aller-retour.

Ce délai exclut le jeu en temps réel, mais il reste suffisant pour les appels vidéo, la télémétrie des rovers et les transferts massifs de données scientifiques. Aucun calendrier précis n’a été rendu public pour une constellation de relais lunaires, et l’on ignore encore si Starlink bâtirait un réseau lunaire propriétaire ou s’intégrerait au cadre LunaNet prévu par la NASA.

Un relais pour financer l’ambition

Starlink a généré un chiffre d’affaires estimé à 8,2 milliards de dollars en 2024. Les bases lunaires, puis les stations martiennes, représenteraient une future base d’abonnés, modeste au départ mais jugée stratégiquement importante comme moteur de marge plutôt que comme simple dépense de recherche.

Elon Musk a répété à plusieurs reprises que rendre l’humanité « multi-planetary » constitue la raison d’être de SpaceX. Vendre l’infrastructure de connectivité nécessaire à cet objectif est la manière dont l’entreprise finance cette ambition.

Une chose est désormais établie : la course au contrôle de la connectivité hors de la Terre est passée des notes internes à la compétition publique.

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