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Téléscope Roman : première détection de lumière dans l’espace
Le télescope spatial Nancy Grace Roman de la NASA a capté son « premier rayon de lumière » en orbite fin août, marquant le début des tests de son instrument à champ large avant son arrivée à la position L2.

Le télescope spatial Nancy Grace Roman de la NASA, après un lancement long et complexe, a atteint l’espace fin août 2026 et a réalisé, jeudi, sa première détection de lumière venue de l’espace — ce que les astronomes désignent sous le terme technique de « premier rayon de lumière ».
Ce jalon marque la première fois que l’instrument capte effectivement des photons depuis son déploiement. Bien que le télescope soit encore en route vers sa destination finale — une trajectoire de 1,5 million de kilomètres menant au point de Lagrange L2, situé entre le Soleil et la Terre — l’équipe au sol est parvenue à activer avec succès son « instrument à champ large » (Wide Field Instrument), une caméra infrarouge haute résolution de 300 mégapixels destinée à observer le cosmos profond avec une grande étendue et une précision accrue.
Pour célébrer l’événement, l’équipe a publié plusieurs images-tests prises par la caméra. Elles révèlent les premiers photons stellaires détectés par le capteur ultra-sensible de Roman. Les ingénieurs ont également confirmé le bon fonctionnement du système de contrôle thermique. Ce dernier sera surveillé pendant les trente prochains jours. Le message est clair : Roman est opérationnel.
Les premières images montrent un champ d’étoiles floues aux teintes vertes, jaunes et bleues sur fond bleu. Chaque étoile apparaît sous forme d’anneaux ou de halos, plutôt que de points lumineux nets. Ce phénomène n’est pas inquiétant : la caméra est toujours en phase de refroidissement dans son enveloppe et n’a pas encore été focalisée ni calibrée. Une fois ces étapes achevées, ces structures circulaires se transformeront en points lumineux précis. Josh Schlieder, scientifique spécialisé dans les instruments au Centre de vols spatiaux Goddard, a commenté : « Après des années de conception et de tests sur Terre, nous disposons désormais de la preuve qu’elle fonctionne dans l’espace. Beaucoup reste à faire, mais nous sommes sur la voie de la science de pointe. »
Avant l’activation de l’instrument à champ large, l’équipe a dû laisser celui-ci sécher et refroidir pendant dix jours jusqu’à une température précise, afin de préserver ses détecteurs infrarouges, de taille comparable à un ordinateur portable. Cette procédure faisait partie d’une série de vérifications préliminaires menées ces dernières semaines.
Le télescope spatial, dont le coût s’élève à 4 milliards de dollars, est conçu pour résister aux conditions extrêmes du milieu spatial profond. Toutefois, chaque composant fait l’objet de contrôles rigoureux. Une fois sa mission officiellement lancée — prolongée de 10 à 22 ans grâce à une injection orbitale plus précise que prévue — Roman observera le cosmos selon trois axes prioritaires : la matière noire, l’expansion de l’univers et les exoplanètes.





