Tech & Sciences
Un drone abat, ébranche et transporte un arbre seul en forêt
Une startup suédoise a développé un drone capable d’abattre un arbre, d’en enlever les branches en vol, puis de transporter le tronc hors de la forêt de manière autonome.

Une entreprise suédoise affirme avoir réalisé une première mondiale : un drone capable d’abattre un arbre de façon autonome, d’en retirer les branches en plein vol, puis de transporter le tronc hors d’une forêt en exploitation, sans intervention humaine ni engins lourds.
Le système d’AirForestry a accompli l’intégralité du cycle d’exploitation dans une forêt de production active, et non dans un site d’essai contrôlé. Selon la société, cette méthode supprime environ 20 % des dégâts au sol causés par les machines traditionnelles de 20 tonnes.
Le drone mesure 6,2 mètres d’envergure, pèse beaucoup moins qu’un abatteur classique et peut soulever des charges allant jusqu’à 200 kg, ce qui lui permet de manipuler des arbres pesant entre 40 et 140 kg, typiques des opérations d’éclaircie. Il saisit l’arbre par le haut, enlève les branches lors de la descente, scie le tronc près du sol, puis transporte le bois jusqu’à un point de collecte en bordure de route.
Propulsé par énergie électrique, il ne génère aucune émission sur site et peut fonctionner par des températures allant jusqu’à -20°C, sous la pluie, la neige, et par des vents atteignant 13 m/s.
Le déploiement prévu consiste en une flotte de six drones par site. Dronewatch Europe indique que le coût du système avoisine les 450 000 euros, un prix comparable à celui d’un abatteur classique, mais AirForestry avance que cette flotte permet d’obtenir 8 % de bois en plus sur un cycle complet grâce à la préservation de la structure du sol.
Les coûts d’exploitation des abatteurs traditionnels s’élèvent à environ 81 dollars par heure-machine, auxquels s’ajoutent 53 dollars pour les transporteurs. Leur poids compacte le sol et endommage les systèmes racinaires, ce qui réduit la productivité forestière pendant des décennies. Même des alternatives plus légères comme le Malwa 560, pesant 5,5 tonnes, laissent des traces. AirForestry soutient que l’élimination totale des machines au sol rompt ce cercle.
En octobre 2024, la société a levé 10,3 millions d’euros lors d’un tour de financement initial mené par Northzone, le fonds derrière Spotify et Klarna. Parmi les investisseurs figurent le plus grand propriétaire forestier européen, Sveaskog, ainsi que l’Agence suédoise de l’énergie, qui a apporté une subvention de 1,7 million d’euros, selon Silicon Canals.
En janvier 2026, un essai a été réalisé en Norvège avec Statskog, gestionnaire public d’un cinquième des forêts norvégiennes. Le terrain près de Trondheim, plus escarpé et accidenté que les forêts suédoises plates où le système a été développé, constitue un test significatif de sa polyvalence en conditions réelles. Les résultats de cet essai n’ont pas encore été publiés, d’après l’annonce du partenariat AirForestry–Statskog.
Le marché mondial de l’éclaircie est estimé à 14 milliards d’euros par an, et le secteur forestier américain est dominé par des fabricants établis comme Komatsu et John Deere. La voie réglementaire d’AirForestry hors de Suède reste incertaine, car les règles européennes de l’espace aérien, les autorisations post-Brexit au Royaume-Uni et les permis de téléopération de la FAA américaine suivent des cadres différents.
Aucune date de lancement commercial, modèle tarifaire ou disponibilité hors Scandinavie n’a été annoncée. Les gains de rendement de 8 % et la préservation de 23 millions de tonnes de CO₂ pour les forêts suédoises proviennent des communications d’AirForestry ; ces chiffres n’ont pas encore été validés par des recherches forestières indépendantes.
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